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  Sommaire - Livres -  A - F -  Elle est les ténèbres (deux volumes)




"Elle est les ténèbres (deux volumes)"
de
Glen Cook

Editeur :
l’Atalante
 

"Elle est les ténèbres (deux volumes)"
de Glen Cook



10/10

Après un siège sanglant, des querelles internes de pouvoirs et quelques mésaventures dans les couloirs du temps, Murgen le porte-étendard poursuit ses Chroniques de La Compagnie noire. Si Saisons funestes avait été quelque peu déconcertant pour le lecteur néophyte, Elle est les ténèbres semble rééquilibrer une narration qui s’était par trop complexifiée. Rescapée du siège de Dejagore La Compagnie noire rentre en Khatovar après quatre siècles d’exil. Or nul ne sait où se trouve la ville et Murgen dans ses explorations spectrales ne semble pas résoudre cette quadrature du cercle, cette absence de route précise ni même ce qu’est Khatovar. Et puis celle qui se fait appeler Elle est les ténèbres surgit comme cette image d’Epinal de la grande faucheuse avec ses maléfices et sa nuisance. La Compagnie noire est menacée et devra combattre contre cette deuxième inconnue. Ombrelongue resurgit aussi et La Compagnie noire reprend son sempiternel combat contre l’ombre. Le Toubib est vivant et Sarie, l’amour perdu de Murgen semble avoir survécu. Même si les intrigues se succèdent de nouveau elles sont parfaitement diluées par ces deux volumes qui nous ouvrent une fois de plus la porte usée et croulante de ce monde sans réel référant géographique. Cook nous dépeint depuis le début de son cycle un monde aux contours mal définis où bien et mal, blanc et noir, rien n’est vraiment certain ni établi. La mort même est relative tout comme la vie d’ailleurs. La prose elliptique de Cook nous ensorcelle et nous entraîne dans les replis d’un monde sans bornes. Les personnages sont à peine ébauchés, pas de portraits, rien que de pâles esquisses sans caractères définitifs. Et c’est cette hésitation qui parvient à rendre ces personnages poignants, accrochés qu’ils sont aux aspérités d’un monde à la dérive mais dont les racines regorgent de ces ténébreuses histoires qui constituent le corpus de cette Compagnie noire. Lire Cook c’est boire un verre d’hydromel fort et sucré, adossé contre un antique mur de pierre, à l’écoute des murmures anciens du monde. On pense au cycle des Soldats de la mer de Yves et Ada Remy pour ce monde en déliquescence, mais dont les fruits noirs et empoisonnés donnent d’étranges visions proches de l’illumination. A signaler les remarquables couvertures de Didier Graffet qui dépeignent admirablement le monde de Cook, entre rouille, poussière, ténèbres et sang. Chef d’oeuvre !

Emmanuel Collot

Elle est les ténèbres, Glen Cook, traduit de l’américain par Frank Reichert, Couverture de Didier Graffet, L’Atalante, 315 & 375 pages, 15,20 Euros par volume






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