SF Mag
     
Directeur : Alain Pelosato
Sommaires des anciens Nos
  
       ABONNEMENT - BOUTIQUE - FAITES UN DON
Sfmag No108
108
2
2
 
j
u
i
l
l
e
t
RETOUR à L'ACCUEIL
BD   CINE   COUV.   DOSSIERS   DVD   E-BOOKS  
HORS SERIES    INTERVIEWS   JEUX   LIVRES  
NOUVELLES   TV   Zbis   PD-AP  
Encyclopédie de l'Imaginaire, plus de 13 000 articles
  Sommaire - Films -  A - F -  Criminal – un espion dans la tête (Criminal)


"Criminal – un espion dans la tête (Criminal) " de Ariel Vromen

 

Scénaristes : Douglas Cook & David Weisberg
Avec : Kevin Costner, Gary Oldman, Tommy Lee Jones, Gal Gadot, Ryan Reynolds, Michael Pitt
Distribué par Metropolitan Filmexport
113 mn - Sortie le 4 Mai 2016 - Note : 4/10

Quel casting ! De tous, on en sauvera deux : tout d’abord, Kevin Costner, parfait – ou presque, il y a quand même une ou deux séquences un peu « gênantes » -, incroyable, émouvant, et où on se rend compte que l’acteur nous manque dans la paysage actuel. Et Gal Gadot, qui vient de sortir de l’anonymat en endossant la panoplie de Wonder Woman dans « Batman vs Superman ». Les autres sont en roue libre, cabotinant à souhait, ou se trainant comme pas possible, ou n’existant pas. Et le film ? Eh bien, comment dire… Vous voyez « Volte/Face » de John Woo. C’est superbe, génial. Et le scénario est pourtant bête à manger du foin. Sauf que derrière, il y a un grand metteur en scène, qui peut transcender le néant, transformer le plombe en or. Ariel Vromen, on l’a découvert avec un excellent polar noir, « The Iceman », où Michael Shannon campait un brave père de famille cachant en fait un redoutable tueur à gages psychopathe, sans conscience. Donc, quelque part, avec un casting pareil, et un précédent bagage aussi éloquent, on y va les yeux fermés pour son petit nouveau. Grave erreur…
En Angleterre, Bill Pope, agent de la CIA, est en pleine opération pour récupérer un programme informatique qui permet de dominer l’ensemble des armes nucléaires du globe. Mais une organisation criminelle dirigée par un milliardaire fou veut aussi mettre la main sur ce pouvoir ultime. Alors qu’il a pu contacter le vendeur, Pope est tué. Sa hiérarchie ne voit plus qu’une solution : mettre à profit les travaux d’un éminent scientifique sur le transfert de la mémoire humaine d’un mort récemment passé de vie à trépas dans celle d’un autre homme bien vivant, et répondant à des critères bien spécifiques. Le cobaye est trouvé, un dangereux criminel victime dans sa jeunesse d’un accident qui lui a ôté toute forme de morale, de sensibilité, voir même d’humanité. Il s’appelle Jerico Stewart, et il ne faut pas l’énerver, sa réaction est deux fois pire…
Et Jericho, c’est Costner. Bon, il grogne pour montrer qu’il est plus proche de l’animal que de l’homme, mais à côté de ça, l’acteur livre les meilleurs moments du film. Lesquels paradoxalement ne sont pas des séquences d’action – dans l’ensemble toutes ratées – mais des moments d’émotion, des moments où une bête découvre ce que c’est qu’être humain, en découvrant les souvenirs de celui dont il possède maintenant la mémoire, avec son enfant, la femme qu’il aime, des notions et autres sensations totalement inconnues pour Jerico. Et là, le film touche sa cible. Pour le reste, c’est de l’action pépère voir limite flemmarde, très cheap sous ses oripeaux de superproduction, où Gary Oldman gesticule et crie, où Tommy Lee Jones est à deux doigts de nous faire une syncope, où le redoutable terroriste fou, milliardaire, s’avère aussi charismatiquement terrifiant que Matthieu Almaric dans « Quantum of Solace » (ah oui, ça fait mal, hein !), et surtout vraiment minable (le gars pourrait se lever une armée, il se la joue génie informaticien et se balade avec son portable !). Tout ça mené sous ses allures d’action-movie non-stop comme un épisode d’une fiction française du jeudi soir question rythme, suspense, tension, etc… Tel est donc ce « Criminal – un espion dans la tête » qu’on aurait tellement voulu géniale petite série B, pour saluer haut et fort le retour de Kevin, et qui au final s’avère d’un ennui assez impressionnant, sauf quand Costner apparait, et ce malgré une ou deux séquences qu’on oubliera vite (la visite dans une pâtisserie française vaut son pesant de cacahuètes !), et qu’il nous rappelle très vite l’excellent acteur qu’il peut être. Pour le reste, ben… N’est pas John Woo qui veut !

Stéphane THIELLEMENT



Retour au sommaire