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  Sommaire - Films -  S - Z -  Spotlight (Id.)


"Spotlight (Id.) " de Tom McCarthy

 

Scénario : Josh Singer & Tom Mc Carthy
Avec : Michael Keaton, Mark Ruffalo, Liev Schreiber, Rachel McAdams, Stanley Tucci, Billy Crudup
Distribué par Warner Bros. France
128 mn - Sortie le 27 Janvier 2016 - Note : 8/10

Au début des années 70, un prêtre fut reconnu d’actes pédophiles, mais continua d’exercer dans différentes paroisses avant qu’enfin, il soit mis définitivement hors d’état de nuire par la justice américaine. Le père O’Grady fut expulsé vers sa terre natale, l’Irlande, après avoir purgé sept ans de prison sur quatorze. Son histoire fut racontée dans le film-documentaire « Délivrez-nous du mal » où lui-même confesse ses pulsions et même ses méthodes de « chasse ». Trente ans plus tard, à Boston, une équipe de journalistes met à jour une des affaires les plus sordides du pays, suite à une plainte pour pédophilie déposée près d’un an auparavant contre un prêtre du diocèse de Boston. Fraichement nommé à la tête du Boston Globe, Marty Baron veut relancer le lectorat du journal en se focalisant sur de vraies affaires aux conséquences lourdes pour celles et ceux qui seraient dans le collimateur de l’article. Au cœur du journal, une petite équipe dédiée à ces « dossiers », la Spotlight, dirigée par Walter « Robby » Robinson, qui va prendre à cœur cette affaire, emmenant son équipe sur des terrains de plus en plus minés, remuant de plus en plus les silences, pour mieux faire apparaitre la finalité de cette affaire : cela concernerait plus d’une soixantaine de prêtres, et tous « blanchis » par des avocats payés par l’archevêché pour dédommager les plaignants financièrement, rapidement, et en fermant les yeux sur toutes les autres implications de ces crimes purement abjects.
Ce genre d’histoire, le cinéma américain en est friand, et souvent, il en ressort des films importants, parfois des chefs-d’œuvre, tant leur qualité de restitution de l’enquête et de ses conclusions, de la construction de l’intrigue, avec tout ce que cela suppose du réalisme nécessaire pour faire tenir l’ensemble sans oublier aussi qu’il s’agit de cinéma, à savoir pas un documentaire, une histoire prenante, passionnante, bien mise en scène, servie par une musique adéquate, crédibilisée par des acteurs parfaits. Et les américains n’hésitent pas à assumer leurs pires travers. La Watergate a donné « Les hommes du président », le Viet-Nâm « Platoon », et ce scandale sordide, « Spotlight ». L’histoire est fort bien documentée, elle se suit à deux cents à l’heure, pas de temps morts, les acteurs sont au diapason de leurs rôles respectifs – mention pour Michael Keaton et Liev Schreiber -, tout cela évite le pensum documentaire pour rester dans le domaine cinéma bien carré, parfaitement efficace, presque parfait. Presque parce qu’il y a un peu de sur-jeu de la part de Mark Ruffalo, il y a une ou deux petites scènes qui sont de trop – prévenir ses propres enfants par un mot sur le frigo de ne pas approcher d’une certaine maison, ça sonne faux… - et que malgré tout son talent, Tom McCarthy n’est ni Alan J. Pakula, ou plus récemment, et surtout, David Fincher. C’est du très bon boulot, mais il manque ce petit quelque chose pour sortir une fois les lumières rallumées encore plus choqué et dégoûté au vu du résultat final, où l’Eglise protège toujours ses employés, pour faire simple. Ce genre d’affaire n’est pas un cas unique, que ce soit Mc Grady, le diocèse de Boston, le scandale des faux-orphelins britanniques déportés en Australie et tombant dans les rêts d’un monastère les utilisant comme jeux de plaisirs, ou encore l’affaire de l’île de Jersey, la colère et le dégoût et pire encore nous assaillent. « Spotlight », malgré ses indéniables qualités, rate un peu son final.
Stéphane THIELLEMENT



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