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  Sommaire - Films -  M - R -  Randonneurs Amateurs (A Walk In The Woods)


"Randonneurs Amateurs (A Walk In The Woods) " de Ken Kwapis

 

Scénaristes : Rick Kerb & Bill Holderman, d’après le livre de Bill Bryson
Avec : Robert Redford, Nick Nolte, Emma Thompson, Mary Steenburgen
Distribué par Metropolitan Filmexport
105 mn - Sortie le 13 Janvier 2016 - Note : 2/10

Les acteurs de légende du 7ème Art encore vivant se comptent sur les doigts d’une main aujourd’hui. En patriarche, Kirk Douglas. Puis on trouvera Clint Eastwood – et lui, quand il passera de l’autre côté, le vide sera immense… -, Jack Nicholson, Robert Redford. Et il est toujours dangereux de voir ces monstres sacrés se lancer dans des projets où ils jouent de leur âge, ne veulent plus mentir, veulent prouver qu’ils sont comme tout le monde. Sauf qu’on ne leur a jamais demandé ça ! Parfois, il faut l’avouer, ça marche, comme dans « Space cow-boys » de et avec Clint Eastwood, ou même encore dans le sympathique « Last Vegas » qui réunissait Michael Douglas, Robert de Niro, Morgan Freeman et Kevin Kline. Parfois non, comme c’est le cas ici, où on baisse souvent les yeux, où on a presque honte…
Bill Bryson est un écrivain de récits d’aventures à la retraite qui s’ennuie, et voit tranquillement le temps passer pour se diriger inexorablement vers une ultime dernière demeure. C’est alors qu’il a l’idée d’un projet fou : faire un trek sur l’Appalachian Trail, circuit de plus de trois mille kilomètres, à pieds, mais avec un binôme. A son âge, personne ne veut l’accompagner, ni de plus jeune, ni d’âge égal. Sauf un, Stephen Katz, une vieille connaissance avec qui Bill s’était accroché plusieurs décennies avant, et qui a entendu parler de ce pari un peu fou. Et c’est ensemble que les deux hommes vont finalement partir pour un long périple, fait de mésaventures dues à leur âge, de souvenirs de leur vie passée, de fantasmes de vieux hommes à l’humour décati…
Et si encore il y avait un scénario écrit par une pointure, le tout réalisé par une autre pointure, mais non, on a pris un tocard – Ken Kwapis, on lui doit des œuvres impérissables telles que « Ce que pensent les hommes », « Miracle en Alaska », « Dunston panique au palace »…, et quand au scénario, il est dû à un partenaire fréquent de Redford – Holderman – qui s’est pourtant associé à une bonne plume – on doit à Michael Arndt les scénarios de « Little Liss Sunshine » ou encore « Toy story 3 », et sous un autre nom, celui de « Oblivion », et ici, il s’est encore trouvé une autre identité – et les deux ont donc abouti à ça. Ca, c’est une comédie plus que mollassonne, inspiré d’une histoire vraie – Redford joue le rôle de l’écrivain auteur du livre d’origine - où on doit supporter la voix caverneuse vieille de Nick Nolte (plus pathétique que jamais), de l’humour digne du plus mauvais sitcom de l’histoire de la télévision américaine, de la nostalgie de bazar sur le grand âge des papis, des effets spéciaux misérabilistes pour simuler les aléas de la nature, où on doit s’émerveiller de paysages tellement mal filmés qu’ils ne recèlent strictement rien d’époustouflant, où on doit sourire à des private jokes digne de trainer dans les blagues Carambar – ah, cette vue d’une falaise sur un torrent pour nos deux héros coincés, rappelant quoi déjà… Allez, allez, avec Paul Newman, auquel Redford avait d’ailleurs pensé en choix initial de binôme pour ce film… -, où au final, on sort gêner d’avoir assisté jusqu’au bout à un spectacle aussi navrant. C’en est indigne d’un Redford, et quand à Nolte, faut simplement qu’il arrête. Personne n’a réussi à tirer vers le haut cette histoire, encore moins le film, alors simplement ceci, avant de reposer en paix, qu’ils vivent donc en paix sans chercher à tout prix à nous montrer qu’ils assument leur grand âge. Le cinéma, c’est aussi du rêve, on veut continuer de se souvenir d’eux au travers de souvenirs glorifiants, de « Trois jours du Condor », de « L’arnaque », des « Grands Fonds », de « L’adieu au roi », et non pas d’œuvres au final tellement indignes d’eux.

Stéphane THIELLEMENT



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