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  Sommaire - Films -  A - F -  Danish Girl (The Danish Girl)


"Danish Girl (The Danish Girl) " de Tom Hooper

 

Scénariste : Lucinda Coxon, d’après le livre de David Ebershoff
Avec : Eddie Redmayne, Alicia Vikander, Ben Whishaw, Sebastian Koch, Amber Heard, Matthias Schoenaerts
Distribué par Universal Pictures International France
120 mn - Sortie le 20 Janvier 2016 - Note : 10/10
Tom Hooper, le réalisateur de « Danish Girl », est devenu mondialement célèbre avec son « Discours du roi », film britannique par excellence, qui aurait pu être académiquement pesant à souhait, et qui s’est révélé simplement passionnant. Hooper vient de la télévision, où il a plutôt fait du très bon boulot, passe au grand écran avec deux films dont on retiendra surtout le second, « The Damned United », biographie d’un célèbre entraineur de football, et donc se voit consacré avec cette page d’histoire britannique. Sauf qu’ensuite, il a signé « Les misérables », la comédie musicale avec Russell Crowe et Hugh Jackman, et là, c’est insupportable. De toutes façons, il n’y a jamais eu de bonne adaptation de l’œuvre d’Hugo, alors… mais bon, quand même, celle-ci est gratinée. Donc, pour son nouveau film, on peut légitimement être partagé. Après l’avoir vu, une conclusion s’impose : avec « Danish Girl », Tom Hooper signe certainement son plus beau et grand film…
Einar et Gerda Wegener forment un couple de peintres certes doués mais à qui il manque quelque chose pour accéder à un statut plus élevé en art. Vivant à Copenhague, au milieu des années 20, une époque riche pour les artistes, le couple cherche encore une véritable inspiration. Un jour, son modèle ne pouvant venir, Gerda demande à Einar de s’habiller en femme afin qu’elle puisse terminer une commande. Pour Einar, le choc est terrible. Il se sent plus proche du féminin que du masculin quant à son identité. Et en cachette de Gerda, il va pousser encore plus loin en prenant corps dans celle que le couple a baptisé Lili, au point de déambuler dans les rues de la capitale, non plus en tant qu’Einar, mais en assumant complètement Lili. Pour Gerda, cela va paradoxalement décupler son inspiration artistique, mais le prix à payer est l’éloignement amoureux d’Einar. Et quand elle se rendra compte du vœu le plus cher d’Einer, par amour pour lui, elle acceptera l’ultime sacrifice.
Sublime, magnifique, touchant, émouvant, sensible, intelligent, raffiné, élégant, beau, tels sont les adjectifs qui viennent au fur et à mesure que se déroule cette histoire vraie, celle d’Einar Wegener, premier homme à vouloir devenir vraiment femme car en lui, il se sent ainsi. Pour incarner un tel personnage, il fallait un acteur qui endosse à la perfection l’identité d’Einar avec tout ce que cela impliquait, à savoir cette découverte de l’attrait d’être femme, de se sentir femme, d’assumer certains choix, de vivre en danger perpétuel, d’être malheureux, d’être amoureux… Et c’est Eddie Redmayne, oscarisé en 2015 pour sa magnifique interprétation du savant Stephen Hawking, qui a relevé le défi, et qui de nouveau, époustoufle par la justesse et la subtilité à fleur de peau de son jeu. Découverte dans « Ex-machina », Alicia Vikander ne reste pas dans l’ombre du géant, au contraire, elle est son égal, celle qui aime et souffre, et qui accepte par amour un choix définitif. Entouré par une superbe musique d’Alexandre Desplats – non, non, ce n’est pas du superlatif gratuit, c’est la réalité, sa musique est en parfaite osmose avec l’histoire, comme souvent chez Desplats… -, toute cette histoire est donc mise en scène avec une sensibilité et un soin – une photographie magnifique, qui cherche à se rapprocher de l’univers de la peinture, donnant certains plans somptueux ! - qui achève de faire de ce « Danish Girl », une des plus belles et magnifiques histoires d’amour vues depuis longtemps, et qui arrive même à tirer une belle larme avec une simple phrase prononcée par Einar à Gerda : « Qu’ai-je fait pour mériter un si grand amour ?... ». Et tout le film est au diapason de ces mots...

Stéphane THIELLEMENT



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