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  Sommaire - Films -  S - Z -  The Visit (Id.)


"The Visit (Id.) " de M. Night Shyamalan

Un dossier complet sur ce film dans Sfmag No 89 : interview par Marc Sessego de M Night Shyamalan et du producteur Jason Blum, autre chronique du film. Le sommaire complet sur notre site ici : http://www.sfmag.net/Sommaire89.php

 

Scénariste & réalisateur : M. Night Shyamalan
Avec : Olivia Dejonge, Ed Oxenbould, Peter McRobbie, Deana Dunagan, Kathryn Hahn
Distribué par Universal Pictures International France
94 mn - Sortie le 6 Août 2014 - Note : 9/10
Souvenez-vous, en 1999, la peur que vous avez ressenti dans un cinéma comme vous n’en aviez pas éprouvé depuis longtemps en étant specteur de « Sixième sens », qui révélà au public un jeune cinéaste américain d’origine indienne, M. Night Shyamalan. Ce dernier n’en était pas à son premier film, « Sixième sens » était le troisième mais les précédents étaient d’un tout autre genre, passés inaperçus sauf aux yeux de producteurs avisés et connaisseurs en talents cinématographiques qui lui firent donc confiance. Pendant cinq - six ans, Shyamalan domina le box-office, moyennement avec son second film, son chef-d’œuvre absolu, « Incassable », mais plus avec les suivants : « Signes », puis « Le village » avant de se prendre une tôle avec « La jeune fille de l’eau »… Car au bout d’un moment, la recette Shyamalan sentait le réchauffé, on se sentait en pays de connaissances avec le mystère, la révcélation finale, etc… Seule qualité commune : un grand talent, beaucoup de soin, dans sa réalisation, un style séduisant, beau, en osmose avec ses histoires. Puis vint le pourtant pas mal « Phénomènes », qui précéda son seul véritable échec en tout, l’épouvantable « Dernier maitre de l’air », grosse boursouflure cinématographique honteuse. Shymalan s’esaya ensuite à la pure SF avec le très bon « After earth », avant de faire plus discret, produisant d’autres films (comme la série B « Devil »), se lançant dans la TV avec l’excellente série « Wayward Pines ». Et de revenir enfin aujourd’hui au cinéma, avec un grand retour, produit pour pas cher pour Jason Blum (spécialiste des budgets de misère qui cartonnent monstrueusement comme « Insidious », les « Paranormal Activity », etc… Du pire comme du meilleur – Blum a aussi produit du hors horreur comme « Whiplash » -, et qui aujourd’hui se hisse vers le haut avec « The visit », le nouveau film de M. Night Shyamalan, produit pour cinq millions de dollars par ce dernier, constituant ainsi son plus gros succès financier aujourd’hui en terme de retour sur investissement. Et c’est mérité.
Becca et son frère Tyler sont deux adolescents qui vivent seuls avec leur mère depuis que leur père abandonné le foyer familial. Pour la première fois de leur vie, ils vont rencontrer leurs grands-parents maternels, en froid avec leur fille. Pour eux, l’occasion d’un échange privilégié avec ces membres de leur famille qui gâtent souvent les petits-enfants. Sauf que très vite, dès que la nuit tombe, les deux vieillards ont des comportements étranges, qui amusent au départ les enfants avant de finir par vraiment les inquiéter. Jusqu’à les terrifier…
N’en disons pas plus. En soi, on pense très vite à un conte de fées, une sorte de « Hansel et Gretel » moderne, sauf que « The visit » s’avère bien plus ambitieux. Et réussi. Car en plus d’une histoire qui mélange avec brio l’humour, la peur, voir même l’horreur, tout cela est en plus filmé par le biais de la caméra vidéo de Becca qui nous fait du coup une sorte de found-footage, sauf qu’ici, la recette marche du feu de Dieu. Shyamalan est d’abord et avant tout un cinéaste, pas un tâcheron mercenaire qui filme n’importe comment, une histoire sans intérêt (vous avez dit « Paranormal Activity » ?... Moi je n’ai rien dit !). Et qui dit cinéaste dit l’intérêt porté à ce « genre », mais à condition aussi de justifier chaque plan, pour mieux servir une histoire digne de ce nom. Pour l’instant, seul Jaume Balaguero avait réussi avec « Rec ». Ou la comédie française « Babysitting », ben oui, faut le dire quand c’est vrai ! Ainsi, chaque image a son importance, chaque réaction est logique, chaque peur est réellement partagée. Et pour cimenter le tout, Shyamalan ne fait qu’appliquer ses propres talents à l’ensemble, un soin particulier à la photographie, aux cadrages, au scénario, à un style qui lui est propre et qui a dans ces moments de réussite, beaucoup de classe. Et de ces faits, « The visit » se révèle donc une excellente surprise à plusieurs niveaux, en tant que tel d’abord, mais aussi en marquant ainsi le grand retour d’un des maîtres du genre. On sent le bonhomme passionné par ce petit budget qui lui laissa les coudées franches, ce qui pour une fois sert admirablement le film, le bonhomme étant talentueux et non un capricieux comme tant d’autres. Et avec « The visit », M. Night Shyamalan signe donc ce qui n’est ni plus, ni moins que son quatrième meilleur film.

Stéphane THIELLEMENT



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