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  Sommaire - Films -  M - R -  No Escape (Id.)


"No Escape (Id.) " de John Erick Dowdle

 

Réal. & scénariste : John Erick Dowdle
Co-scénariste : Drew Dowdle
Avec : Owen Wilson, Pierce Brosnan, Lake Bell.
Distribué par SND
103 mn - Sortie le 2 Septembre 2015 - Note : 9/10
LA bonne surprise de cet été 2015 – même si le film ne sort qu’en ce tout début Septembre. La petite série B qui ne payait pas de mine à son annonce, à son casting, à son scénario, et qui au bout du compte, vous tient en haleine, se révèle ultra-efficace, violente et réaliste, tendue comme une corde d’arc, menée de main de maître du début à la fin par un inconnu, du moins de prime abord. Car après recherche, les frères Doodle – scénaristes ici – ont écrit aussi le remake de « Rec » - aïe ! -, « Catacombes » à la réputation peu flatteuse, le mystérieux « Ploughkeepsie tapes ». Et en solo, John Rick Dowdle a réalisé ceux cités précédemment, et le sympathique « Devil » produit par M. Night Shyamalan. Et là, on découvre qu’en fait, il y avait un film qui leur tenait à cœur, au vu de l’écriture, de la réalisation, de la mise en scène, et on ne peut qu’être admiratifs du résultat : « No escape » est une petite bombe !
Jack Dwyer (Owen Wilson, acteur souvent insupportable, ici simplement remarquable !) arrive dans un pays d’Asie pour y prendre un poste important d’une filiale de sa société. Accompagné de sa femme et de ses deux petites filles, il profite de l’installation de tous dans un grand hotel pour faire un tour de ville. Et au détour d’une rue, le cauchemar surgit : un mur de policiers affronte un mur de manifestants, et le carnage commence. Jack repart vers l’hôtel, pour y découvrir que pour les locaux, tout étranger doit mourir. Aidé par un mystérieux businessman aux airs d’agent secret britannique, Jack et sa famille vont devoir en quelques heures quitter la ville, autrement ils mourront.
Oubliez les à-priori, n’écoutez pas les avis primaires négatifs, découvrez un film d’action certes, mais réaliste, crédible, intense, aux réactions de chacun totalement logiques, où on voit un quidam oublier ses codes de conduite et moraux pour sauver à tout prix les siens car cela ne fait aucun doute : homme, femme, enfant, qu’importe, ils sont étrangers, américains, et ils doivent mourir, selon les colères d’une population brime par un joug capitaliste qui ne les remerciera jamais. Et aussi incroyable que cela puisse paraitre, c’est Owen Wilson qui mène cette course contre à la mort à un rythme d’enfer, de plus en plus conscient du danger qu’ils courent, n’hésitant pas à lancer depuis le toit d’un immeuble vers un autre immeuble ses enfants pour les sauver. Certains trouveront ça ridicule, voir débile. Alors que la scène est d’une force incroyable, car elle prouve la détermination de chacun, tant des assaillants meurtriers que des victimes, qui savent que la parole n’a plus court, que seul les actes de survie auront un résultat, quel qu’en soit le prix à payer, même si on doit tuer pour la première fois, chose qu’on ne penserait jamais faire. De tout ça, de ce scénario sans temps morts, hystérique, angoissant, oppressant, fou, servi par une réalisation au cordon, les frères Dowdle peuvent être fiers d’avoir signer un thriller survival qui vous vrille au fauteuil, qui ne laisse aucun répit, même pas les moments de cabotinage parfois outranciers d’un Pierce Brosnan qui trouve pourtant ici un rôle enfin à son niveau, ne serait-ce que par une ultime scène d’une force là-encore peu commune. « No escape » est certainement un des films les plus justes sur ce qui peut arriver en quelques heures dans un tel climat de chaos total. Pas de pitié, pas d’écoute, juste la haine et la colère, et face à ça, des innocents qui parfois peuvent se transformer pour survivre et dépasser leurs limites. Comme Dustin Hoffmann dans « Les chiens de paille »…
Stéphane THIELLEMENT



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