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  Sommaire - Livres -  A - F -  Ferrailleurs des mers




"Ferrailleurs des mers "
de
Paolo Bacigalupi

Editeur :
Le livre de poche
 

"Ferrailleurs des mers "
de Paolo Bacigalupi



Dans une Amérique défigurée, quelque part dans un no man’s land côtier de la Louisiane, une bande d’adolescents désœuvrés farfouille dans un cimetière de vieux pétroliers à la recherche de pièces bonnes à revendre. Un seul but : survivre. Parmi eux, Nailer, audacieux et débrouillard. Mais ce jour-ci n’est pas comme les autres puisque Nailer fait la découverte de sa vie. Un voilier de la dernière technologie vient de s’échouer. A son bord, des richesses à profusion, la gloire pour lui. Mais aussi une magnifique et belle jeune fille en grand danger. Nailer est face à un dilemme implacable. Soit il l’abandonne à son sort et la sacrifie pour satisfaire son envie de richesse, soit il la sauve pour réaliser son rêve le plus cher : devenir marin au long court et voir le monde vaste qui l’attend par-delà les mers.
On connaissait déjà Bacigalupi pour « La fille automate » qui avait raflé tous les prix dans le monde, voilà donc qu’il nous revient, avec ce récit plus « meanstream ». Paru en 2013, cette œuvre destinée à la jeunesse a une fois de plus marqué par sa différence. Sorte d’après Ballard alimenté d’un pathos quant à la condition des enfants qui rappelle Dickens par certains aspect, ce premier tome permet de découvrir un univers par le truchement de ses personnages ; Nailer, tout d’abord, gosse maltraité par un père violent et bossant pour une boîte de recyclage de matériel maritime. Tool, ensuite, ce génétiquement modifié, mais un personnage malheureusement pas assez approfondi par la plume de l’auteur. D’autres sont plus insignifiants, comme Pima et Sadna, ce qui est ici une faiblesse d’écriture ; tout comme cette histoire d’amour sur arrière fond d’aventures maritimes que l’auteur élude un peu trop facilement. Nita, la gosse de riche, est intéressante, et il aurait alors été plus louable de confronter un peu plus ces deux mondes, celui de Nailer basé sur la survie, celui de Nita regorgeant de richesses. Mais le récit est là, brut et parfois cynique, quoiqu’un peu nostalgique parfois ; Mais on y sent poindre cette insouciance avec laquelle l’histoire s’envole, à la toute dernière ligne, comme un récit à la Fellini. Pour un récit adolescent, « Ferrailleurs des mers » s’inscrit donc dans un romanesque plus exigeant, bien que limité, peut-être parce qu’on pense qu’on ne peut pas tout dire à des adolescents. Et c’est cette retenue, mais qui est aussi une qualité, qui pêche un peu par excès dans le rendu final. Un premier volume brillant, donc, mais qui parfois s’autocensure quant aux belles échappées qu’il aurait pu permettre. A lire, sur une plage déserte.

Emmanuel Collot

Ferrailleurs des mers, Paolo Bacigalupi, Le Livre de Poche, traduit de l’américain par Sara Doke, couverture par Laurent Weyl, 309 pages, 7.10 Euros.






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