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  Sommaire - Films -  A - F -  Exodus : Gods and Kings


"Exodus : Gods and Kings " de Ridley Scott

 

Avec Christian Bale, Joel Edgerton, Aaron Paul, Sigourney Weaver, Ben Kingsley, Maria Valverde, John Turturro, Indira Varma...
Sortie en salles le 24 décembre 2014

8/10

Maître incontesté du “grand cinéma”, après « Gladiator », « Robin des bois », « Kingdom of Heaven »... Ridley Scott nous offre pour Noël une grande fresque historique et biblique : l’histoire de Moise et de son combat pour libérer les hébreux du joug pharaonique.

L’histoire : Nous sommes en 1300 BC et les hébreux, devenus les esclaves des Egyptiens, sont forcés de construire leurs monuments, leurs palaces et leurs fausses idoles. Moise (Christian Bale), général des armées du pharaon Seti (John Turturro) osera braver la puissance de Ramsès (Joel Edgerton) avec qui il a été élevé comme un frère, afin de libérer et entraîner dans une terrible fuite les 400.000 esclaves israélites...

Le film débute au moment où la santé du Pharaon Seti est déclinante et, lorsque la prophétie d’un nouveau leader apparaît semant le doute dans les esprits, il devient difficile alors pour les deux frères de taire cet antagonisme qui les anime, bien qu’au demeurant ils aient de l’affection l’un pour l’autre.. Ramsès est arrogant, jaloux de Moise dont Seti apprécie les conseils... mais il est également un bon mari et un père attentionné.

Lors de la fameuse bataille de Kadesh contre les Hittites Moise sauve la vie de Ramsès et la prophétie prend alors tout son sens (celui qui sauvera la vie de Ramsès sera une menace au cours de son règne a révélé la prophétie). Découvrant que Moise est bel et bien un hébreux, Ramsès le condamne à l’exil tablant sur une mort certaine aux confins du désert et... La suite nous la connaissons : sa « rencontre » avec Dieu (on est bien loin de la voix du Dieu autoritaire des Dix Commandements et c’est un peu surprenant)... son retour et son affrontement avec Pharaon... les dix plaies... la fuite des esclaves dans le désert... le buisson ardent... les tablettes des Dix Commandements et la traversée de la mer rouge !

Pour incarner cette fresque religieuse, le directeur a fait appel à des acteurs solides et de qualité : Christian Bale joue ici un excellent Moise auquel il ajoute charisme et profondeur... Joel Edgerton est parfaitement convaincant en Ramsès et je me suis sentie parfois désolée pour lui lors de séquences émouvantes (la perte de son enfant), Aaron Paul (Josué qui deviendra le successeur de Moise), Sigourney Weaver (La reine Tuya mère de Ramsès), Ben Kingsley (Nun ou Noun, père de Josué) sont hélas sous-utilisés puisque leurs apparitions sont rares et ils ne prononcent que peu de mots...

Ridley Scott nous offre donc ici sa version de cette histoire biblique et bien qu’il y ait quelques petites différences avec l’histoire originelle, elle n’en diffère pas de beaucoup et ne gêne nullement. Nous sommes embarqués dans cette aventure où nous découvrons un Moise à la recherche de sa propre spiritualité.

La bataille excitante de Kadesh est un petit bijou à elle seule et on regrette presque qu’elle soit si courte et lorsque Ramsès refuse de libérer les Hébreux, les dix plaies qui s’abattent sur l’Egypte valent largement le détour : c’est de manière extrêmement logique que Ridley Scott démontre la montée de chacun des fléaux : Rien à voir avec le Moise des « Dix Commandements » de 1956 effleurant de son bâton les eaux du Nil pour qu’elles soient rouge de sang mais, ici, des centaines de crocodiles se dévorant entre eux et attaquant les pêcheurs et, conséquence naturelle, la mort de tous les poissons et l’invasion des grenouilles qui n’ont plus rien a manger et qui meurent ensuite laissant la place aux insectes et aux vers qui pullulent sur leurs cadavres et attaquent les humains : effets visuels et saisissements garantis !

La scène la plus attendue est sans aucun doute la traversée de la mer rouge... Tout le monde se souvient des eaux se séparant en deux sous la houlette de Charlton Heston pour laisser un passage aux fuyards. Bien que nous sachions parfaitement ce qui va se passer nous sommes tout de même surpris tant la scène est spectaculairement revisitée par le directeur. Les effets spéciaux sont vraiment à couper le souffle mais je n’en dit pas plus : à vous de le découvrir.

Pourtant, allez savoir pourquoi, je n’ai pu m’empêcher d’avoir un petit pincement de regret en repensant à la scène de 1956... Nostalgie quand tu nous tiens !

Au final : On en prend plein la vue. Aucun instant de répit et les 2h30 que dure le film passent à une vitesse dingue. Le spectacle est prodigieux, stupéfiant, les décors impressionnants et les effets spéciaux époustouflants. Quant à la 3D elle donne un sentiment de profondeur hallucinant et l’on a l’impression d’être complètement propulsé dans l’Egypte ancienne

Aucun doute, Ridley Scott une fois de plus signe une œuvre monumentale et... en cinémascope quel joli cadeau de Noël à ne pas manquer !

Andrée Cormier



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