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  Sommaire - Films -  A - F -  3 DAYS TO KILL (Id.)


"3 DAYS TO KILL (Id.) " de McG

 

Scénariste : Luc Besson & Adi Hasak
Avec : Kevin Costner, Amber Heard, Connie Nielsen, Hailee Steinfeld, Thomas Lemarquis, Richard Sammel
Distribué par EuropaCorp Distribution
114 mn - Sortie le 19 Mars 2014 - Note : 3/10

« Taken » fut une énorme surprise. Bon, à force de revoir le film, on se rend de plus en plus compte de ses énormes faiblesses, mais qui passaient si inaperçues avant, tant le film était un pur plaisir coupable, un pur moment de fun jouissif... Le plus ahurissant dans la carrière de ce film fut son énorme succès américain, un an après la sortie française. Et on vient encore parler de copies pirates & Co... Un carton monumental, le tout à la surprise générale, et sa suite - là par contre, très mauvaise - réitéra ce succès. Bon. Sur cette lancée incroyable, Luc Besson croit tenir un filon : mettre une star US sur le déclin en star d’un action-movie situé à Paris, et hop, emballé c’est expédié ! Sauf que non : si « Taken » marcha, c’est grâce à un acteur pris à contre-emploi, et à un scénario qui titille nos plus bas instincts. Il n’y avait rien de tout ça dans le mauvais « From Paris with love » avec Travolta, et encore moins dans ce pathétique « 3 days to kill », qu’on veut à tout prix nous faire passer pour le « Taken » 2014, avec des accroches référentielles et une affiche qui joue une carte similaire de père et fille pris dans une tourmente infernale au point de faire parler la poudre au pater...
Ethan Renner (Kevin Costner, relativement charismatique, mais qui semble aussi concerné que si on lui demandait de devenir surveillant dans une maternelle !) est un redoutable agent secret qui veut prendre sa retraite. Pourtant, il accepte une dernière mission qui lui permettra de mettre à l’abri du besoin sa fille vivant à Paris et en même temps, de peut-être pouvoir guérir d’une maladie fatale. Pour Ethan, en parallèle à sa mission, le plus important de tout sera de renouer un lien avec cette adolescente qu’il a si peu vu, et qui le traite comme un pur étranger...
Car c’est surtout ça le principal sujet d’un film qui ne revient à son pitch initial que le temps de mettre un peu d’action logique dans cette histoire avant de revenir aux crises d’existentialisme d’Ethan vis-à-vis de sa fille. Et le tout en visitant Paris en long et en large, au point de sombrer dans le ridicule - aaaahhhh, cette mémorable scène de leçon de vélo dans les escaliers de Montmartre, cette Tour Eiffel qui s’éclaire dans son dos, ... et d’en oublier les principaux canevas de l’histoire. Laquelle est signée Besson et Adi Hasak (« From Paris with love », hé oui...), qui se repose sur une recette qui a fait ses preuves avec « Taken » mais qu’ici... Ici, et une bonne fois pour toutes, ce n’est pas « Taken » ! C’est mou du genou, mal écrit - la relation de Costner avec sa fille, la vie de sa fille, etc... Rien ne tient, ne suscite quoi que ce soit ! -, McG - réalisateur quand même de « Drôles de dames » et « Terminator salvation » - semble être en mode abonné absent, et de ces faits, « 3 days to kill » s’avère être un nanar excessivement cher, dépourvu d’histoire, que même le charisme tranquille de Costner ne parvient pas à racheter. Bref, la recette ne prend pas, ni plus, et ce « 3 days to kill » fait un peu honte à un Costner qui pourtant, mériterait bien mieux au lieu de cachetonner dans des reboots oubliables - « The Ryan initiative » - ou des pseudos films d’action à la française avec une « american touch », dont le point d’orgue fut donc « Taken », et restera « Taken ». Et Luc Besson devrait un peu se réactualiser question scénarios d’action « made in Europa », avant de mordre définitivement la poussière.

Stéphane THIELLEMENT



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