SF Mag
     
Directeur : Alain Pelosato
Sommaires des anciens Nos
  
       ABONNEMENT - BOUTIQUE - FAITES UN DON
Sfmag No111
110
2
3
 
a
v
r
i
l
RETOUR à L'ACCUEIL
BD   CINE   COUV.   DOSSIERS   DVD   E-BOOKS  
HORS SERIES    INTERVIEWS   JEUX   LIVRES  
NOUVELLES   TV   Zbis   P. Dagon-A. Pelosato  
Encyclopédie de l'Imaginaire, plus de 13 000 articles
  Sommaire - Films -  S - Z -  Tout est perdu / All is Lost


"Tout est perdu / All is Lost " de J.C. Chandor

Avec Robert Redford

8/10

Pour son deuxième long métrage (après l’excellent « Margin Call »), J.C. Chandor relève ici un défi qui paraissait impossible : nous montrer le combat d’un homme seul sur une mer déchaînée tentant de sauver sa vie et cela sans explication et surtout sans dialogue et cela fonctionne merveilleusement bien.

L’histoire : : Au cours d’une croisière en solitaire sur l’océan Indien, un homme découvre à son réveil qu’il est entré en collision avec un container flottant à la dérive. La coque de son voilier de douze mètres a été déchirée et l’eau s’est engouffrée par la brèche le laissant privé de sa radio et de son matériel de navigation. Pris dans une violente tempête il se réfugie alors sur un radeau de sauvetage où, avec un sextant et des cartes marines, il tente de rejoindre une voie de navigation mais le soleil implacable, la menace des requins et l’épuisement de ses maigres réserves forcent ce marin forcené à regarder la mort en face.

Le film ne comporte aucun flash-back et il commence immédiatement par l’accident. Rien n’est dit du personnage et celui-ci reste pratiquement muet du début à la fin mais pourtant l’intensité est là... Nul besoin de dialogue pour voir un homme dans un combat permanent contre l’adversité se battre avec courage et obstination contre une mort qui le guette et joue avec lui de manière insensée et, comme lui, on s’accroche alors au radeau.

Un immense acteur et les quelques mots prononcés parviennent ainsi à nous faire ressentir la solitude du naufragé face au déluge d’eau qui noie tous ses espoirs de sortir vivant de cette aventure et l’on peut dire qu’ici Robert Redford tient haut la barre... Il nous montre comment ce septuagénaire, faisant table rase de toute séduction, affronte le désastre et avec acharnement et ingéniosité tente de trouver des solutions pour se sortir de cette catastrophe (tel le fait d’imaginer de faire évaporer et condenser l’eau de mer pour obtenir de l’eau potable...)

La présence et la forme physique de cet acteur de légende sont époustouflantes car n’oublions pas que Robert Redford malgré ses 77 printemps a tenu à faire lui-même ses cascades et il le fait avec brio... la tension monte crescendo dans cette épopée marine (et sous-marine) jusqu’à une scène finale d’un impact émotionnel prodigieux où toutes spéculations est possible laissant ainsi au spectateur la liberté d’interpréter ce qu’il voit à l’écran, en fonction de son vécu, de sa réceptivité ou de ses croyances. Ce final prend alors des proportions qui surpassent même le film.

Quant à la réalisation, elle utilise très judicieusement l’écran large pour mieux nous montrer l’immensité de l’océan et le radeau sur lequel a pris place notre marin semble soudain bien minuscule. Les scène de tempête sont impressionnantes et le dispositif employé par Chandor fonctionne à merveille. N’oublions pas les scènes sous-marines qui à elles seules valent le détour.
Mon avis : Film à ne pas rater car maîtrisé jusqu’au bout et à tous les niveau par un directeur talentueux confirmé qui invite les spectateurs à vivre un magnifique moment cinématographique avec un acteur splendide auquel je dis : « Chapeau bas Monsieur Redford ! »

Ce film est nommé aux Golden Globes dans la catégorie « Meilleur Acteur dans un drame » pour Robert Redford et aussi « Meilleure Musique »

Andrée Cormier

Voir également la chronique de ce film par Stéphane Thiellement dans la même rubrique



Retour au sommaire