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  Sommaire - Films -  S - Z -  ZULU (Id.)


"ZULU (Id.) " de Jerome Salle

 

Scénario : Julien Rappeneau & Jérôme Salle, d’après le roman « Zulu » de Caryl Férey
Avec : Forest Whitaker, Orlando Bloom, Tanya Van Graan, Patrick Lyster, Conrad Kemp.
Distribué par Pathé Distribution
110 mn - Sortie le 4 Décembre 2013 - Note : 8/10
Clôture du Festival de Cannes 2013, « Zulu » fut loin de constituer l’évènement qu’il fallait pour une telle manifestation. Se trainant depuis une réputation pas des plus flatteuses, mais constituant le nouveau film du duo auteur des deux « Largo Winch » - ben oui, on peut aimer, surtout le premier, le deuxième c’est vrai, laisse sur sa faim... - , « Zulu » constituait le film qui allait soit confirmer le pire, soit aller justement à l’encontre de ces négatives rumeurs. Alors pour une fois, commençons par la fin : « Zulu » est le meilleur film de Jérôme Salle, et de Jérôme Salle et Julien Rappeneau.
Cape Town, Afrique du Sud. Une adolescente est retrouvée morte, rouée de coups. Dépêché sur place, l’inspecteur Ali Sokhela ne va pas s’arrêter aux simples apparences. Pour lui, ce meurtre va plus loin qu’un crime crapuleux. Avec son partenaire, l’inspecteur Brian Epkeen, les deux flics vont découvrir l’existence d’une nouvelle drogue, violente au point de transformer n’importe qui même un enfant en bête sauvage. Et en remontant la filière, ils mettront à jour un complot encore plus immonde fomenté par des hommes n’ayant plus aucune conscience si ce n’est celle de l’homme blanc. Et en même temps, cette enquête sera celle qui les révélera à eux-mêmes, et qui ne les laissera pas indemnes.
On le sait aujourd’hui, depuis le départ de Mandela, le pouvoir sud-Africain est aux mains de la pire des corruptions, des pires affaires, le pays s’engorge dans des scandales énormes, le président en place vit en souverain, bref on est loin de l’Afrique du Sud idyllique tant rêvée. Sauf question paysages, parmi les plus beaux du monde. Au milieu de ce monde au bord de l’explosion, deux flics, un noir issu de l’apartheid qui vit avec les sévices infligés dans son enfance mais qui a réussi à monter les échelons de la police, et un blanc, alcoolique notoire et excellent flic. Le noir, c’est Forrest Whitaker, plus que parfait, tout en retenue, tout en haine endormie, qui refuse d’aller contre certains préceptes par respect pour ces blancs qui l’ont nommé à son poste actuel - un peu comme Danny Glover dans « Bopha ! » de Morgan Freeman, à redécouvrir. Sans se douter aussi peut-être que c’est pour montrer une intégration moins sincère qu’hypocrite mais qui calmera l’opinion publique. Le blanc, c’est Orlando Bloom dans son meilleur rôle, lui qui a plus souvent le charisme d’une huitre malade. Autour d’eux, au milieu, l’Afrique du Sud, pays livré à lui-même, pays aux mains de caïds qui ne voient pas qu’ils ne sont que les pions de surpuissants évoluant dans les hautes sphères pour couler cette intégration. Salle et Rappeneau se concentrent sur leurs deux personnages, leur rendant leur passé, leur en dévoilant des zones cachées, et les plongent dans des abimes de violence qui ne peut que les affecter à un moment donné. La violence du film n’est qu’un des reflets de la réalité, et Jérôme Salle l’utilise pour mieux nous plonger dans cette enquête qui commençait normalement avant de se transformer en vaste enquête aux conséquences désastreuses. Mené tambour battant, sur un rythme soutenu et intense, servi par des acteurs formidables, et réalisé par un cinéaste inspiré, au même titre que le scénario emballa le duo, « Zulu » est tout sauf la catastrophe tant annoncée. C’est un polar âpre et sec, violent, passionnant et terrifiant.

Stéphane THIELLEMENT

Interview de Jérôme Salle dans le sfmag No 82 en vente en kiosquies en décembre 2013 et janvier 2014.



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