SF Mag
     
Directeur : Alain Pelosato
Sommaires des anciens Nos
  
       ABONNEMENT - BOUTIQUE - FAITES UN DON
Sfmag No109
109
2
 
n
o
v
e
m
b
r
e
RETOUR à L'ACCUEIL
BD   CINE   COUV.   DOSSIERS   DVD   E-BOOKS  
HORS SERIES    INTERVIEWS   JEUX   LIVRES  
NOUVELLES   TV   Zbis   P. Dagon-A. Pelosato  
Encyclopédie de l'Imaginaire, plus de 13 000 articles
  Sommaire - Films -  M - R -  Mama (Id.)


"Mama (Id.) " de Andy Muschietti

 

Scénaristes : Neal Cross & Andy Muschietti & Barbara Muschietti, d’après une idée de Andy Muschietti & Barbara Muschietti
Avec : Jessica Chastain, Nikolaï Coster-Waldau, Megan Charpentier, Isabelle Nelisse, Daniel Kash.
Distribué par Universal Pictures International France
100 mn
Sortie le 15 Mai 2013
Prix du Jury Jeunes, Prix du Public & Grand Prix du Festival du Film Fantastique de Gerardmer 2013

Note : 8/10.

Le film qui fit un carton outre-Atlantique. Co-produit par Guillermo Del Toro. Grand Prix du vingtième Festival du Film Fantastique de Gerardmer - officieusement, officiellement, la dernière édition... Une bande-annonce ultra-efficace. Voici donc enfin ce « Mama » dont on parle tant.
Suite à un scandale financier, Victoria et sa petite sœur Lily furent emmenées dans une cabane au fond des bois par leur père qui préférait tuer toute sa famille plutôt que de les laisser vivre dans une certaine honte. Mais il ne put jamais passer à l’acte, lui-même étant éliminé par une présence maléfique ayant trouvé refuge en cet endroit et surtout, ayant trouvé en ces deux enfants une raison d’être encore plus forte. Pendant cinq ans, Lucas, l’oncle de Victoria et Lily, continua intensément les recherches. Jusqu’à ce jour ou deux chasseurs tombèrent sur la cabane, et ramenèrent les deux enfants à la civilisation. Deux petites filles devenues enfants sauvages et qui du jour au lendemain, se retrouvent dans une maison cossue, celle de Lucas et Annabel sa compagne. Cette dernière, malgré un avis très opposé à celui de Lucas, va tenter de renouer un contact, un dialogue avec les fillettes. Et si progressivement, Annabel semble revenir à la civilisation, Annabel ressent de plus en plus une présence en plus dans cette maison, une présence qui veut récupérer les deux enfants, une présence maléfique, une présence qui n’hésitera pas à tuer pour parvenir à ses fins.
On comprend très vite pourquoi Del Toro s’est impliqué dans cette histoire, tirée d’un court-métrage du jeune réalisateur qui du coup passe ici pour sa première fois derrière la caméra pour un long : il y est question de fantômes et d’enfants, deux thèmes chers au cinéaste, qu’on retrouve souvent chez lui, concentrés dans le magnifique « L’échine du Diable ». Et le point de départ est en soi déjà une gageure de qualité, deux enfants abandonnés et recueillis pas un fantôme. Puis un retour à « notre monde », plus facile pour l’ainée, moins pour la cadette qui elle n’a connu que cette « Mama » dont elle parle si souvent. A partir de là, avant de mettre vraiment le doigt sur les tenants et les aboutissants, bien des éléments vont s’incruster dans l’histoire au point parfois de lui nuire, ou de désamorcer son impact et sa force. Car en effet, Andy Muschietti & Barbara Muschietti surchargent parfois inutilement leur histoire par des éléments qui n’apportent rien à la narration, et qui sont même limites de parasiter l’ensemble. Comme le dit le dicton, « Qui trop embrasse mal étreint », et c’est exactement ce qui survient dans « Mama » : à force d’être trop ambitieux, le scénario se remplit d’éléments mineurs qui cassent le rythme, l’intrigue, portant presque plus préjudice à l’ensemble de l’œuvre pourtant déjà relativement riche et aboutie. Laquelle s’avère être - malgré ces menus défauts - un des meilleurs films d’épouvante vus depuis longtemps, une nouvelle référence dans le genre, qui a le mérite de brasser plusieurs thèmes, plus généralistes, dont le plus important étant celui du monde des enfants imbriqué, lié à celui des fantômes, au point de donner un final superbe, émouvant, poétique, dur, implacable, réussi. Les scènes-chocs arrivent à faire du neuf dans le vieux - le film revisitant pas mal de clichés du genre -, donnant de vraies terreurs parfois même inédites, conjuguées à de purs moments d’émotions trouvant donc un paroxysme dans cette fin magnifique et affreuse, où la mort danse une dernière fois avec le rire d’un enfant heureux.

St. THIELLEMENT



Retour au sommaire