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  Sommaire - Dossiers -  La Compagnie des Glaces par Serge Perraud -  La compagnie des Glaces


"La compagnie des Glaces"


Une nouvelle ère glaciaire ravage notre planète. La lune, transformée en décharge sauvage pour déchets nucléaires, a explosé. L’immense quantité de poussières produite a rapidement enveloppé la Terre, empêchant les rayons du soleil de réchauffer l’atmosphère. Le froid s’installe et amène le gel rapide de la croûte terrestre.

Les populations fuient devant l’avancée le la vague de glace ou meurent sur place. C’est la période qui reste dans la mémoire collective sous le nom de La Grande Panique. Les installations humaines disparaissent sous les couches glaciaires et la civilisation disparaît. La Terre n’est plus qu’une boule de glace, celle-ci pouvant atteindre plus de 300 mètres d’épaisseur. Les survivants, après une période de survie primaire s’adaptent et peu à peu réorganisent une structure sociale à partir du train. La surface gelée se couvre d’un réseau ferré qui se densifie au fil des années. Les humains se réfugient sous des dômes, des coupoles. Ils vivent dans des trains. Tout est mobile.

Une seule exception est tolérée pour la nouvelle basilique construite à l’aplomb de Saint-Pierre de Rome, par les Néo-Catholiques. Des compagnies se créent pour gérer ces réseaux et, à cinq, se partagent l’essentiel de la planète. Elles se comportent comme de véritables états. Elles légifèrent et dans un accord signé à New York Station, en Panaméricaine, proclament que le seul mode de déplacement est le rail. Tout autre mode est interdit et sévèrement réprimé. La devise martelée sans cesse par les représentants des compagnies devient : « Hors du rail, point de salut. L’immobilisme, c’est la mort, le rail c’est la vie ».

Chacune instaure, à l’intérieur de sa concession, un régime politique différent mais qui aboutit à un mode de gouvernement dictatorial. Une société de caste s’impose, où seuls quelques nantis vivent luxueusement pendant que le reste de la population survit péniblement avec la règle des 15/15 : 15 degrés de température et 1500 calories par jour.
L’énergie, quelque soit sa forme, devient l’objet de toutes les convoitises. Tout est bon pour produire de la chaleur. Les baleines et les phoques, n’ayant plus été chassés, ni massacrés pendant des siècles forment d’immenses troupeaux. Leur graisse donne une huile excellente comme carburant. Les cadavres humains congelés deviendront également des combustibles recherchés.

Alors que les hommes du chaud survivent avec nombre de contraintes, apparaissent des êtres parfaitement adaptés aux rigueurs climatiques : les Roux. Ceux-ci, au caractère placide et pacifique, sont couverts de fourrures. Ils vivent nus sur la banquise, indifférents aux biens matériels. Ces Roux sont considérés, par beaucoup, comme des animaux, au mieux comme des sauvages. Les hommes du chaud les réduisent en esclavage, leur imposant contre une maigre pitance, de gratter la glace qui envahi les coupoles sous lesquelles s’abritent les stations. Mais leur présence dérange et suscite nombre de fantasmes ou de psychoses à les voir ainsi, évoluer au dessus des têtes, le sexe exposé.

Ils semblent être apparus avec l’arrivée des glaces mais leur origine reste un mystère. Cependant, la Grande Panique a relativisée le temps, moins de trois siècles affirme la doctrine officielle, plus de deux millénaires répond, sous le manteau, une rumeur persistante.
Lien Rag, un modeste glaciologue s’insurge contre la déportation et le massacre de populations et se mobilise pour retrouver une explication sur l’origine des Roux. Cela constituera l’essentiel de la quête de cet éternel révolté, contestataire de sociétés totalitaires.

Voici le cadre du démarrage de la formidable aventure de la Compagnie des glaces. Bien sûr, les événements vont se précipiter, les situations évoluer, les certitudes vaciller, les vérités se contredire pour, au fil des pages, des volumes, prendre des directions encore inconnues, aborder des sujets, des thèmes encore ignorés. (Même de l’auteur).

G.-J. Arnaud va, tout au long des 12 000 pages qui constituent le premier volet, aborder presque tous les thèmes qui fondent la littérature populaire. Il va aussi faire œuvre de sociologue, d’anthropologue, de politologue, mêlant à l’action mille occasions d’évoquer et d’illustrer les maux et les remèdes de chaque type de société, les carences et les insuffisances de tel ou tel choix politiques, stratégiques. Avec cette saga, c’est le bilan de l’histoire du 20e siècle qui est présenté sous nos yeux. Il devient zoologue, concevant au fur et à mesure de la construction de son univers nombre d’animaux, adaptant des races d’aujourd’hui aux contraintes du froid. Il se fait ethnologue, suivant avec intérêt l’évolution de ses groupements humains, scrutant avec passion leurs réactions aux contraintes qu’il invente.

La leçon que l’on peut également tirer de cette saga, est la démonstration de la capacité d’adaptation de l’homme, de l’humanité toute entière. G.-J. Arnaud, donne, en grand humaniste qu’il est, une illustration de ce que peut faire l’homo sapiens sapiens dans les plus belles, mais aussi dans les pires de ses œuvres.


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