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  Sommaire - Films -  A - F -  Die Hard : belle journée pour mourir (A Good Day To Die Hard)


"Die Hard : belle journée pour mourir (A Good Day To Die Hard)" de John Moore

 

Scénario : Skip Woods
Avec : Bruce Willis, Jai Courtney, Sebastian Koch, Yulia Snigir, Cole Hauser.
Distribué par Twentieth Century Fox
96 mn
Sortie le 20 Février 2013

Note : 6/10

Le retour des stars d’action des années 80 fonctionne bien avec « The expendables »... Mais c’est tout. Schwarzenegger se plante au box-office avec son (pourtant très bon) « Dernier rempart », Stallone se ramasse avec son « Plomb dans la tête », et Willis... Ben Willis n’est plus que l’ombre de lui-même depuis une bonne paye, mais pourtant il continue d’aligner des séquelles à un des maîtres-étalons du film d’action, à savoir « Die hard » (« Piège de cristal » en vf, ben oui... Et encore, ça va, c’est pas pourri comme titre « made in France » !) lequel ne trouva d’équivalent, voire se laissant presque dépasser par... « Die hard with a vengeance » (« Une journée en enfer », pareil, pas trop pourri... Vous connaissez la suite !), les deux étant signés du regretté John McTiernan, esthète et orfèvre du genre, « tué » par ces minis-scandales d’écoute interdite, mais surtout parce qu’il avait simplement menti au FBI et ça, ça pardonne pas là-bas... ‘Sont très cons parfois, chez l’oncle Sam. Bref,
Aujourd’hui, six ans plus tard, c’est chose faite. Bruce Willis retrouve de temps en temps grâce au cinéma avec un « Otage » par exemple, mais grâce au box-office toujours avec une aventure de John McClane. Même quand elle est complètement dénaturée par rapport au concept initial, mais quand cela sombre dans le grand n’importe quoi comme cette immonde bouse que fut « Die hard or live free », titre superbe pour film miteux, tout comme son titre français, tiens, pour une fois « Die hard 4, retour en enfer ». Sauf que commercialement, tout moche qu’il était, le film fut un succès. Bon, le temps de retrouver un scénariste capable de relancer la machine sur de nouvelles bases, et le cinquième opus serait mis sur rails. Aujourd’hui, six ans plus tard, c’est chose faite. C’est Skip Woods, réalisateur d’un seul -excellent - polar, « C’est pas mon jour » en 1998 (et qui gagna le Prix du Jury l’année suivante au défunt festival de Cognac), et devenu depuis uniquement scénariste pour le pire (« Hitman », « Wolverine » - que perso je ne déteste pas...) et le meilleur (« Opération Espadon », « L’agence tous risques ») qui décrocha la timbale. Le résultat est là : film d’action pas désagréable en soi, mais l’esprit « Die hard » n’est définitivement plus de mise...
Ayant appris que son fils avait des ennuis à Moscou, au point d’être emprisonné, John McClane s’y rend. Mais à peine débarqué devant le palais de justice, il tombe en pleine fusillade, et sur son fils, en pleine évasion, en même temps qu’un prisonnier très convoité par le pouvoir en place, le milliardaire Komarov. Ce dernier possède un dossier embarrassant sur un des plus hauts ministres russes. Et McClane de découvrir que son rejeton est en fait un espion de la CIA chargé de récupérer Kamarov, et de se retrouver du coup poursuivi par des espions mercenaires sans scrupules, des tueurs en puissance que seul l’appât du gain obsède. Pour les McClane, la journée va être très longue...
Oubliez le postulat du quidam qui se retrouve à jouer les casse-cous pour sauver ses fesses, ici McClane est un super-héros. Il est au centre d’une monumentale course-poursuite sur le périphérique local sans que cela inquiète plus que cela les autorités moscovites, il fait exploser des immeubles sans que cela n’émeuve qui que ce soit dans la capitale, il dégomme des bad guys avec une nonchalance d’adolescent jouant sur sa PS3, il se retrouve à Tchernobyl avec une aisance étourdissante, c’est une catastrophe ambulante, une bombe à retardement... Mais certainement plus le John McClane des opus 1 et 3. Et Bruce Willis ne cherche pas à nous convaincre du contraire, c’est dire, fini la subtilité, la peur de mourir (et la rapport avec le titre original, les gars, hein ?), là il assume son rôle de bourrin destructeur yankee. Alors, une fois la déception - annoncée quand même, on ne s’attend plus à grand-chose d’époustouflant depuis la maestria du troisième, depuis le départ de McT... - assumée et digérée, « Die hard : belle journée pour mourir » se suit comme un gros film d’action de base, mieux qu’un « Taken 2 », meilleur en scènes d’action parfois - il faut le reconnaitre - assez spectaculaires (les explosions dans l’hôtel désaffecté, par exemple), John Moore étant plutôt meilleur que d’autres dans ce type de produits, et il se rachète de son exécrable remake de « La malédiction » et du mauvais « Max Payne ». Mais ça ne va pas plus loin : le héros malgré lui n’est plus, c’est devenu un pro dans le genre, le scénario sombre dans le grotesque parfois, les personnages frôlent la caricature, et McClane Junior n’a aucun charisme. Alors, d’accord, c’est moins pire que le quatrième, mais ça ne ressuscitera pas la franchise, clôt en beauté par John McTiernan par ce « Die hard with a vengeance ».

St. THIELLEMENT



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