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  Sommaire - Films -  A - F -  Flight (Id.)


"Flight (Id.) " de Robert Zemeckis

 

Scén. : John Gatins
Avec : Denzel Washington, John Goodman, Kelly Reilly, Bruce Greenwood.
Distribué par Paramount Pictures France
138 mn
Sortie le 13 Février 2013

8/10

Après trois films d’animation plus que novateurs (« Beowulf » reste une claque magistrale !), Robert Zemeckis revient au film « live », ce qu’il n’a pas touché depuis douze ans, depuis « Seul au monde ». Et avec une histoire pas évidente du tout à porter à l’écran sans tomber dans le pensum moralisateur lourdingue, un scénario qui sous ses airs banals, s’avère plus complexe et riche qu’il n’y parait, le tout porté par une star qui livre ici une de ses meilleures compositions. Ce film, c’est « Flight ».
Whip Whitaker (Denzel Washington, simplement parfait...) est un pilote de ligne émérite. Ce matin-là, en plein ciel, son avion soudainement pique vers la terre et tout semble montrer que le crash est inévitable. Pourtant, Whip va alors prendre une décision ahurissante et folle, ce qui va permettre de sauver quasiment l’ensemble des personnes présentes sur ce vol. Blessé, c’est de son lit d’hôpital qu’il découvre qu’il est devenu le plus grand héros du moment, le seul pilote à avoir réussi l’inconcevable, à avoir transformé l’impossible en possible. Mais l’enquête interne de l’aviation civile découvre que les tests sanguins de Whip recèlent des traces de stupéfiants et d’alcools. Le héros devient alors un possible criminel qui depuis des années aurait mis en danger la vie de centaines de passagers. Pour Whip, l’heure des comptes et de la remise en question a peut-être sonné...
Ça commence comme un film catastrophe aérien à la « Airport » avec une séquence d’une puissance extraordinaire qui vous fait vous accrocher à votre fauteuil - et vous donne envie d’annuler tout vol prévu prochainement ! - avant de bifurquer vers le drame voire le film « à procès ». Comment tenir alors sur plus de deux heures avec une telle histoire ? Simplement en confiant à un acteur ayant déjà prouvé ses extraordinaires qualités le rôle d’un type qui se doit d’être irréprochable et qui en fait se suicide à petit feu au détriment des règles basiques de sécurité dues à son métier, un type qui n’a pas su enterrer les fantômes de son passé, un type devenu immoral, et qui ne cherche quasiment pas à s’en cacher. Denzel Washington est ce type, et l’acteur force le respect, tout en retenue et sobriété (!), au diapason de son personnage, l’ayant parfaitement compris et intégré. Ensuite, trouver le metteur en scène qui saura le mieux capter la richesses des qualités et des défauts de l’être humain, et là, c’est Robert Zemeckis, le Zemeckis de « Forrest Gump » et surtout de « Seul au monde ». Après, il ne reste plus qu’à suivre ce parcours d’un combattant pas si combatif, découvrir qui est vraiment ce héros, le comprendre ou non, jusqu’à un procès qui verra s’affronter les faces opposées de l’être humain, du plus honnête au plus hypocrite. Et c’est dans son final que « Flight » faiblira peut-être mais, et seulement mais, en fonction de sa propre personnalité. Comprenez par-là que l’être humain préfère les happy-ends, la sauvegarde de la morale, et tout ce qui va avec. En choisissant cette voie, « Flight » perd un peu de sa puissance. S’il avait opté pour une fin plus... Immorale, « Flight » aurait été plus courageux - pour rester poli - et donc plus humain aussi, et donc plus puissant. Mais ceci ne pouvait pas arriver. Ou en fin alternative en bonus de l’édition vidéo. En l’état actuel, il n’en demeure pas moins un film étonnant, au pari pas du tout gagné d’avance. C’est déjà ça, et quelque part, c’est assez énorme.

St. THIELLEMENT



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