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  Sommaire - Films -  A - F -  Django Unchained (Id.)


"Django Unchained (Id.) " de Quentin Tarantino

 

Réal. & scénario : Quentin Tarantino
Avec : Jamie Foxx, Christoph Waltz, Don Johnson, Leonardo Di caprio, Kerry Washington, Samuel L. Jackson, James Remar, Franco Nero.
Distribué par Sony Pictures Releasing (France).
144 mn.
Sortie le 16 Janvier 2013.

Note : 10/10.

Tenez-vous le pour dit dès le départ : ce film est une bombe, peut-être le meilleur de Tarantino, un pur rollercoaster de cinoche populaire magnifié par un amoureux des genres, ce qu’il a fait de mieux depuis « Kill Bill », et avec « Kill Bill ». Et non, ce n’est pas un remake du film de Sergio Corbucci, il s’agit d’abord et avant tout d’un hommage au western-spaghetti, plongé dans un pan de l’histoire américaine, celle liée à l’esclavage. Et non ce n’est pas dans la mouvance d’un « Autant en emporte le vent », ni même d’un « Racines », mais plutôt dans celle de « Mandingo », le célèbre et très maudit excellent film de Richard Fleisher (qui donna naissance à un sous-genre assez racoleur par la suite...) qui pour la première fois au cinéma traitait du Vieux Sud et de l’esclavagisme sous un regard plus réaliste, où les grandes propriétés des plantations étaient sales, les esclaves soumis à tous les désirs pervers et lubriques des riches propriétaires blancs. « Django unchained », c’est la réunion de ces deux « inspirations », sous la plume et l’œil du maestro - et là, il mérite ce titre ! - Quentin Tarantino.
Deux ans avant la guerre de Sécession, l’esclave Django est libéré par un chasseur de primes allemand, le Dr King Schultz. En échange, ce dernier demande à Django de l’aider à identifier un trio d’ordures dont les têtes sont mises à prix. En double échange, il lui propose de l’aider à retrouver sa femme, Broomhilda, séparée de Django par leur propriétaire et revendue à un autre. Peu à peu, Schultz va transformer Django en redoutable tueur, d’une rare dextérité au revolver, et de leur association de chasseurs de primes, un respect va s’instaurer jusqu’à l’amitié avant que ne se déchaîne l’enfer quand ils arrivent sur les terres du puissant Calvin Candle...
Deux heures quarante-cinq de film qui débutent avec la célèbre chanson du film de Sergio Corbucci. Deux heures quarante-cinq de pur plaisir verbal, de purs délires de toutes sortes, de nostalgie d’un genre du septième Art initialisé et immortalisé par Sergio Leone suivis parfois de très près par Sergio Corbucci et Sergio Sollima. Deux heures quarante-cinq où chaque minute recèle un intérêt, où les flingues explosent les chairs (ce ne sont pas de petits Colt 45 mais bel et bien ces vieux Remington, dont chaque balle est un mini obus en puissance pour toute cible humaine placée en face !), où la vengeance est une délivrance et une jouissance (même plaisir que celle de Monte-Cristo !), où la bêtise atteint des sommets dans le pire de l’être humain (toute la séquence du Ku Klux Klan est devenue culte !), où l’amour trouve sa place dans un romanesque chevaleresque westernien du plus bel effet, où Quentin Tarantino s’en donne à cœur joie à jouer et s’amuser avec les codes des genres pour mieux les remettre à jour afin de servir les propos de son film. Western-spaghetti, certes ; mais aussi retour sur cette page d’histoire américaine assez honteuse, et traitée ici peut-être à la truelle et avec la délicatesse d’un Marine en pleines manœuvres, mais qui a le mérite au bout du compte de donner aussi - n’en déplaise à certains... - un rendu bien plus juste et proche de la réalité que d’autres films sur le sujet, exception faite de « Mandingo », auquel il pourrait être rendu hommage via certaines activités de Calvin Candle ?... A l’occasion, la question sera à poser si cela se présente à Tarantino himself. Et dans ce somptueux ballet de sang, de sueur, de poussière et de poudre, Jamie Foxx endosse son personnage avec la même aisance que le fit Franco Nero en son temps (lequel fait un petit caméo d’ailleurs...), Christoph Waltz est impérial, Di Caprio grandiose et Samuel L. Jackson remarquable. Sans oublier ces guest-stars si connues tout en étant aujourd’hui parfois méconnaissables comme Lee Horsley (« Matt Houston »), Don Stroud, James Remar, et le plus mémorable de tous, Don Johnson qui signe ici un grand petit retour. Et pour cimenter tout l’édifice, une bande originale donnant la part belle à des thèmes connus du genre mais aussi à d’autres qui trouvent ici un nouvel écho sonore comme un des meilleurs morceaux de la bande originale de « Under Fire ». Que dire de plus ? Rien, tout est là, d’une richesse excessive mais tellement jouissive, plaisante, limite un plaisir inédit de tranche de cinéma. A ce niveau, du très grand Art.

St. THIELLEMENT



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