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  Sommaire - Films -  S - Z -  Skyfall (Id.)


"Skyfall (Id.) " de Sam Mendes

 

Scénario : Neal purvis & Robert Wade & John Logan
Avec : Daniel Craig, Javier Bardem, RalphFiennes, Naomie Harris, Berenice Marlohe, Ben Whishaw.
Distribué par Sony Pictures Releasing France.
143 mn.
Sortie le 26 Octobre 2012.

Note : 9/10.

Il est de retour. « Il », c’est l’espion le plus célèbre de la planète, celui qui au cinéma fête cette année ses 50 ans, « il », c’est James Bond 007. Et pour cet anniversaire, on retrouve donc Daniel Craig, qui a magnifiquement su ressusciter le mythe avec « Casino Royale ». Et après une telle réussite, Bond revint avec le juste bon « Quantum of solace », pas le pire des Bond - enfin le plus mauvais des Bond (il n’y a aucun « pire »...) -, mais un des plus courts - 102 minutes ! - , une intrigue assez faiblarde, et surtout un des plus pathétiques méchants qui soient, campé par Mathieu Amalric, hé oui, ça, c’est vraiment le pire... Mais aujourd’hui, conscient qu’en poursuivant sur cette voie, le personnage risquait de nouveau de s’enfermer dans les logiques similaires des films « simplement » attendus suite à un succès comme ce fut le cas pour Roger Moore après « L’espion qui m’aimait », ou Sean Connery après « Opération Tonnerre », les producteurs héritiers d’Albert R. Broccoli demandèrent un scénario ambitieux, digne de ce nom, revisitant six ans seulement après « Casino Royale » le personnage et son univers, quitte à bousculer des codes, à remonter loin dans le passé, à faire du neuf avec du vieux, pour mieux ressusciter une nouvelle fois James Bond.
Lors d’une mission en Turquie, James Bond est laissé pour mort suite à un ordre de M pour empêcher la fuite d’une liste d’agents secrets. Vivant, mais jouant de plus en plus avec la mort, Bond découvre alors que Londres et le siège du contre-espionnage sont la cible de terroristes. Revenant au pays, reprenant contact avec M, Bond va alors découvrir que tout cela est une gigantesque attaque qui a pour but de tout détruire ce qui touche au MI6, une guerre menée par un génie criminel psychopathe, certainement le plus dangereux de tous les adversaires de l’espion 007.
Justement commençons par ça : la maxime « plus le méchant est bon, meilleur sera le film » trouve ici toute sa puissance. Si dans les bandes-annonce Javier Bardem fait ridicule avec sa moumoute blonde, c’est pour mieux ménager la surprise de la découverte de son personnage, un pur monstre de mort, à qui l’acteur donne une puissance ahurissante. C’est autre chose qu’Amalric, c’est certain. Ensuite, il y a ce scénario, complètement fou, où Bond meurt puis revient d’entre les morts. L’occasion de donner un (petit) coup de balai, de bien enfoncer le clou lors d’une séance de tests où au jeu de questions et réponses, quand on lui dit « « Espion », il répond « Resurrection », où il y a cette volonté de redonner à 007 via Daniel Craig, un « lifting » lui qui n’a que six ans d’existence, quitte à dévoiler de sa vie passée, de sa biographie dont le point culminant se situera lors d’un affrontement final dantesque dans les landes torturées et sauvages d’Ecosse. Et puis, ces symboles de la série, qui sont tour à tour soit évoqués (l’Aston Martin d’origine) soit dépoussiérés, voir éliminés... Pour mieux renaitre eux aussi... Enfin, il y a Daniel Craig, celui qui fit hurler tant de fans lors de la mise en chantier de « Casino Royale » passe aujourd’hui pour être limite le meilleur Bond qui soit, un pur assassin d’état, un surhomme, la machine à tuer au charme vénéneux. Jusqu’ici, rien à dire, tout va bien. Pourtant il y a encore mieux. Là où on pouvait craindre derrière la caméra du travail de Sam Mendes dont la meilleure œuvre à ce jour restait « Les sentiers de la perdition » du moins dans l’action (autrement, « American Beauty » est quand même très bien, mais « Jarhead » ne cassait rien, et « Les noces rebelles »... Passons !), on découvre un cinéaste qui donne réellement une « classe » au film, des plans vraiment chiadés, simplement beaux, une attention aux acteurs plus soutenue, un soin recherché, et quelques superbes séquences, dont ce superbe final, ou encore mieux, l’arrivée sur le site repaire de Javier Bardem. Même la poursuite à moto s’avère autrement plus réussie que celle du dernier Jason Bourne ! Et à la fin, l’imagerie Bond a repris sa place, sous un nouveau jour, on revient aux sources (comme 007 avec sa vie...), mais tout en se modernisant, tout en ressuscitant une franchise qui ne s’est jamais aussi bien portée, et surtout qui trouve en « Skyfall » un des cinq meilleurs Bond depuis sa naissance au cinéma il y a cinquante ans. Après, quel est son échelon sur les cinq, ça, c’est une autre histoire...

St. THIELLEMENT



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