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  Sommaire - Films -  S - Z -  Savages (Id.)


"Savages (Id.) " de Oliver Stone

 

Réal. & co-scénariste : Oliver Stone
Scénaristes : Shane Salerno et Don Winslow, d’après son roman
Avec : Taylor Kitsch, Blake Lively, Aaron Taylor-Johnson, John Travolta, Benicio Del Toro, Salma Hayek.
Distribué par Pathé Distribution
130 mn
Sortie le 26 Septembre 2012

Note : 9/10.

Dans les grands noms du cinéma US des années 80, certains ne laissent plus aucun espoir quant à leurs films à venir, comme Brian DePalma par exemple. D’autres continuent de tourner mais avec une sorte de discrétion qui dit bien ce que cela veut dire quant à leur pouvoir actuel, comme William Friedkin. Et au milieu de tout ça, on trouve quelqu’un comme Oliver Stone. Stone à qui on doit des scénarios remarquables comme ceux de « Midnight Express » (Oscar pour son travail, après on peut ne pas aimer le film, hein...), « Conan le barbare », « L’année du dragon » et « Scarface », Stone à qui on doit des œuvres phares comme « Salvador » (un chef-d’œuvre, son meilleur...), « Platoon » (la consécration), « Wall Street », « Né un 4 Juillet », « JFK » et « L’enfer du dimanche », qui peut être considéré comme son dernier vrai bon film. Après, un peu poussive l’inspiration : « Nixon », « Alexandre », « W. », « Wall Street : l’argent ne dort jamais »... Certes, on retrouve ses points d’orgue, ses obsessions, mais il y manque indéniablement la niaque d’avant. Et arrive aujourd’hui ce « Savages » et avant d’aller plus loin, histoire de bien mettre l’eau à la bouche : c’est un grand retour, de l’excellent cinéma sur tous les plans, un vrai bonheur, limite un chef-d’œuvre du genre. Si, m’sieur !
Laguna Beach, Californie, aujourd’hui : deux amis, Ben, jeune diplômé bien propre, et Chon, ancien Navy Seal, se découvrent un don pour la culture d’une herbe pure ramenée par Chon lors de ses missions en Afghanistan. L’exploitant pour ses vertus naturelles, ils commercialisent également leur cannabis pour tout autre consommateur, les rendant riches en deux temps trois mouvements. Pour partager leur vie, la belle O constitue la dernière pierre angulaire à leur bonheur à trois. Mais leur succès dépasse les frontières et un cartel mexicain s’intéresse alors de très près à leur petite entreprise. Chon veut résister par le conflit, Ben veut tout larguer. Pour les faire plier, le cartel kidnappe O. Et ce qui ne devait être qu’une sale affaire criminelle va se transformer en guerre totale car Ben et Chon vont se révéler être plus impitoyables que certains des pires criminels dans ce business... Et personne n’en sortira vraiment indemne.
Tiré d’un roman à la réputation des plus flatteuses, « Savages » permet donc de retrouver un Oliver Stone en très grande forme, inspiré par son sujet, et qui semble lui redonner le goût de faire du cinéma. Osé, violent, irrévérencieux, immoral (ça c’est paradoxal car Stone reconnait ne pas souscrire à certains choix de l’histoire comme cette « vraie fausse fin » qui pour lui n’est qu’utopie...), drôle, tout ça se retrouve dans « Savages », servi en plus par une mise en scène et une réalisation en parfaite osmose avec le scénario, utilisant des gimmicks à la mode (comme le found footage) sans en abuser, utilisant son style, le mariant avec d’autres plus actuels et inédits pour lui. On est loin du statisme de ses derniers films, on est loin de s’ennuyer, Stone trouvant dans cette romance à trois un alibi pour en même temps traiter d’un sujet qui le passionné - et on le ressent très bien - à savoir le business plus que lucratif du trafic de drogue et de ceux qui gravitent autour. Mené par une distribution au diapason (même John Travolta y gagne une certaine renaissance, c’est dire !), une bande originale des plus riches, « Savages » finit par constituer une œuvre maitresse par ses excès, ses ambitions, ses folies, qui forment un ensemble quasi parfait, un thriller noir d’action aux effluves romantiques, un vrai film de cinéma, une des œuvres maitresses dans la carrière d’Oliver Stone, enfin un qui peut encore surprendre !

St. THIELLEMENT



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