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  Sommaire - Dossiers -  Clive Barker au cinéma

"Clive Barker au cinéma "

Alain Pelosato

(Cette étude est également disponible en ebook Kindle pour 0,89 euros : http://www.amazon.fr/dp/B0092GTD38 )

Tout le monde connaît Clive Barker . Cet auteur anglais s’est fait connaître par sa série « Les Livres de sang » (1984), dont plusieurs histoires ont été adaptées au cinéma...
Il a poursuivi son œuvre littéraire originale et authentique avec d’autres histoires d’horreur et aussi de somptueuses œuvres de fantasy.
Son premier film fut Hellraiser Le Pacte.
Voici ce que j’en ai écrit dans mon livre « Un siècle de cinéma fantastique et de SF » :

Hellraiser de Clive Barker (1987), très puritain, Clive Barker impose d’atroces punitions aux pécheurs. Seuls les vrais puritains savent être aussi pervers. Boucherie sado-maso et scénario copié sur Stoker et Masterton. Il faut du sang pour reconstituer le corps de Frank, jadis dépecé par les Cénobites (quel drôle de nom, pourquoi pas...) Julia attirera beaucoup de victimes dans le grenier. Il faudra la peau du frère de Frank pour redonner à ce dernier apparence humaine. Mais sa nièce Kristy veille... Elle le reconnaîtra sous la peau de son père, et grâce à la boîte-puzzle, elle renverra les Cénobites en enfer. Entre temps, ces derniers auront infligé une nouvelle torture immonde à Frank-Larry qui déclare, la peau tendue, prête à l’écorchement : « Jésus a pleuré, lui... » et il se lèche les lèvres de plaisir.

Malgré tout, cette histoire de cube maudit qui, si vous en trouvez la bonne combinaison, vous mène droit en enfer, a inspiré ensuite de nombreuses variations qui sont toutes intéressantes :

La série des Hellraiser :
Le Pacte - Hellraiser de Clive Barker (1987)
Hellraiser II, les écorchés (Tony Randel) 1988 - Hellraiser III, enfer sur la terre (Anthony Hickox) 1993 - Hellraiser IV, bloodline (Alan Smithee, c’est le pseudonyme « officiel » d’Hollywood pour les réalisateurs qui ne veulent pas afficher leur nom au générique, en réalité, le réalisateur est Kevin Yagher) 1997 - Hellraiser inferno de Scott Derrickson (2000)
Ces films, contrairement aux apparences, sont très puritains : les Cénobites tels les grands inquisiteurs, infligent d’atroces souffrances aux pécheurs...
Il y a également des films sortie vidéo : Hellraiser : Seeker de Rick Bota (2001), Hellraiser : Deader de Rick Bota (2003), Hellraiser : Hellworld de Rick Bota (2003) de Rick Bota et Hellraiser Revelations de Victor Garcia (2010)... à suivre peut-être ?

Cette terrifiante saga nous emmène du 17e siècle au futur d’une station spatiale, dans des enquêtes de détectives privés dépressifs, dans des maisons hantées et toujours l’horreur nous attend car les protagonistes paient cher, dans chaque film, leurs ignobles péchés...
Un remake de Hellraiser est en préparation. Pascal Laugier a été sollicité, mais n’a pas donné suite. Voici ce qu’il en dit dans une interview publié dans sfmag N° 78 réalisée par Marc Sessego à l’occasion de la sortie du film The Secret du réalisateur :
PL : « (...) un metteur en scène c’est comme un acteur, vous avez dix conférence call, vous avez dix réunions, voilà... j’ai donc essayé deux développements là-bas (à Hollywood NDLR), un pour « Hellraiser », un autre pour un film de « Paramount » et j’ai vite compris que nous n’avions pas du tout la même idée en tête concernant le film que l’on voulait développer et... je suis parti.
SFMAG : Je crois que « Bustillo » et « Maury » se sont aussi « cassé la figure » sur Hellraiser ?
PL : Oui, juste avant moi. Il y avait déjà, pour eux, le studio sur « Hellraiser » et un problème de droits. Je crois qu’ils voulaient faire un « slasher » avec « Pinhead » qui tue les adolescents en balançant des punch lines. Ce n’est pas du tout « Hellraiser ». Dans mon draft ils ont enlevé toutes les allusions à l’homosexualité, à la sexualité « SM » qui est le fondement même d’Hellraiser. Hellraiser parle de la sexualité « cuir » de Clive Barker, ça ne parle que de ça et si vous enlevez cela ce n’est plus « Hellraiser ». C’est juste un mauvais slasher pour adolescents, donc pour moi ils ne voulaient pas faire Hellraiser. J’ai même reçu un email du manager de Clive Barker me disant que Clive avait adoré mon traitement mais que jamais Hollywood ne me laisserait faire ce film-là. (...) »
Intéressant...
Ce remake est annoncé avec Patrick Lussier comme réalisateur...

Pour terminer, et avant une petite liste de films adaptés de l’œuvre de Clive Barker, voici la chronique du 9e film de la série : Revelations.

Hellraiser : revelations de Victor Garcia (2010)
Ça commence mal avec des prises de vues en vidéo amateur. On ne va pas au cinéma pour voir des mauvais films d’amateur...
Ah ! on est sauvé : en fait c’est un film amateur que regarde une fille sur une caméra qu’elle a trouvée dans les affaires de son frère. Dans ce film, Nico, le fiancé de cette fille trouve le « cube » maudit qui ouvre la porte aux enfers des Cénobites.
Les deux garçons sont saouls, Nico, le fiancé est un salaud.
Ce jeune et son ami ont disparu. Pinhead, lui, espionne toute la famille. Dans le sac que fouille la jeune fille, il y a aussi le « cube ». Elle est fascinée par cet objet.
Elle trouve à faire fonctionner le mécanisme et libère ainsi son frère (Steven le copain de Nico) des Cénobites... Enfin, c’est ce que veut faire croire le scénariste au spectateur...
La jeune fille et ses parents, les parents de Nico qui dînaient ensemble, se retrouvent coupés du monde dans leur maison isolée.
Pinhead enfonce des clous dans la tête de Steven écorché...
Le sang ramène à la vie, comme dans le premier film... Nico a besoin de sang pour reconstituer son corps et, pour se terminer, de la peau d’un humain...
Le sado-masochisme homosexuel esthétique et baroque de Barker est ici un peu grand-guignol. Il y a aussi de l’inceste.
L’heure des révélations viendra et chacun devra payer cher ses péchés.
Malgré tout, on frissonne quand même.
Tous ces films « Hellraiser » laissent des traces. On est fasciné malgré la banalité de la réalisation et du jeu des acteurs. C’est l’effet Barker !

Clive Barker,

né en 1952, Grand poète de l’horreur sadomasochiste, il a réalisé quelques perles noires parfois éprouvantes.
Le Pacte - Hellraiser (1987) Attention quand vous trouvez un cube bizarre il pourrait vous arriver de sales histoires si vous le tripotez...
Transmutations (1988).
Cabale (1990) La vie et la mort, ce sont si peu de choses à comparaison des monstres qui vivent sous le cimetière.
Le Prince des illusions (1995) Un type à ne pas fréquenter ce « prince »...
Il a produit la plupart des films qui ont adapté ses œuvres et réalisés par d’autres que lui.

Films d’autres réalisateurs adaptés des œuvres de Barker ou simplement influencés par ces oeuvres :

La Secte de Michele Soavi (1991). Terreur des insectes, puits de l’enfer, sadisme barkérien, lente évolution vers l’horreur. Pas mal du tout. Une influence de Lovecraft avec l’immense puits ? Et Masterton et Barker ?

Candyman de Bernard Rose (1992), d’après Clive Barker, c’est tout dire. Un Noir autrefois injustement exécuté de manière atroce par des racistes revient hanter une banlieue déshéritée. À la place de la main, il a un crochet particulièrement cruel... Ne prononcez jamais cinq fois son nom devant un miroir. Avez-vous essayé ? Moi, je n’ai pas osé... Ce film, en produisant de la terreur à partir de la rumeur publique, allie le gothique sudiste au fantastique urbain. « Je suis les graffitis qui recouvrent les murs... » Sussure Candyman, et aussi : « Je suis une rumeur ».
Suites : Candyman 2 de Bill Condon (1995) : attention à vos ventres, le fantôme au crochet est de retour ! - Candyman 3 de Turi Meyer (1999).

Cronos de Guillermo del Toro (1992). Le Cronos du vieil alchimiste du XVIe siècle est retrouvé dans une statue. Une petite machine d’horlogerie en or que n’aurait pas reniée Clive Barker... Il lèche la tache de sang par terre. Il s’appelle Jesus Gris (!) Il ne veut pas l’éternité car il ne veut pas tuer. Le prologue est formidable ! Anne Rice n’avait rien inventé...

Event Horizon, le vaisseau de l’au-delà de Paul Anderson (1997). Clive Barker a fait des adeptes. C’est l’atmosphère terrifiante de l’écrivain anglais de l’horreur que l’on retrouve dans ce film : du gothique à l’état pur, avec son architecture, ses grosses ferrailles, et ses instruments de torture. Cette ambiance est mêlée à de très belles images de science-fiction : planètes, vaisseaux spatiaux qui défilent. Ils ne sont pas si modernes que cela d’ailleurs car les images transmises restent à deux dimensions. On retrouve l’atmosphère gothique partout : l’Event Horizon est un immense vaisseau en forme de croix, les décors sont sombres (« Cet endroit est une tombe » déclare le capitaine).
L’Event Horizon n’était pas revenu après être passé « de l’autre côté ». Il a réapparu quelques années plus tard. Tout l’équipage est mort. Il ne reste d’eux que des débris affreux, témoignant d’une horreur sans nom (me voilà influencé par Lovecraft, c’est l’ambiance...) Le bloc médical ressemble à une crypte. On retrouve le même thème que dans Solaris (1972) d’Andreï Tarkovski, car, dans le vaisseau, les êtres humains développent leurs angoisses à partir de leur psyché et des névroses qu’ils ont contractées. Mais ici on a affaire à un film d’horreur. L’entité maléfique n’est jamais connue, donc jamais nommée, jamais vue. Seul l’homme qui avait construit le vaisseau la représente par son visage aux yeux crevés et à la peau découpée. Sam Neill est toujours aussi bon dans ce genre de rôle. Il y a les classiques débats entre le rationnel et l’irrationnel. C’est toujours ce dernier qui a raison car les faits sont têtus, et même le rationnel ne peut pas les contourner. Nous sommes donc vraiment dans une sombre histoire du gothique le plus classique, les combinaisons spatiales remplaçant les armures. Voyons ce que dit Maurice Lévy, spécialiste du Roman Gothique : « Roman médiéval et art gothique relèvent au même titre, en effet, de cette faculté tant décriée pendant l’âge classique : l’imagination. » Et encore : « Selon Blair (ne pas confondre avec le premier ministre anglais, il s’agit ici d’un critique littéraire du dix-huitième siècle NDLA) à mesure que le monde progresse, l’entendement gagne du terrain sur l’imagination ; l’homme s’applique à mieux connaître la cause des choses, et s’en émerveille de moins en moins, [...] Ce vieillissement de l’imagination explique qu’il faille se tourner vers les premiers âges des civilisations pour trouver une poésie authentique, toute poésie étant “fille de l’imagination“ ». Et enfin : « La nuit accroît nos craintes par l’incertitude où elle nous plonge. C’est parce qu’elle est terrible en soi qu’on l’associe aux fantômes et non pas, comme le prétendait Locke, parce qu’elle est associée aux fantômes qu’elle est terrible. »
Ces citations montrent parfaitement la démarche du film, car là où s’est rendu l’Event Horizon est « une dimension de pur chaos ».

Dark City de Alex Proyas (1998). Le réalisateur de The Crow (1993) nous offre de nouveau de très belles images. Cette fois, le scénario est à la hauteur de son art. C’est vraiment du cinéma du troisième millénaire. Les effets spéciaux sont entièrement au service de l’histoire et font de la ville le personnage principal du film, comme personne ne l’avait réalisé auparavant. Dark City : une ville dont les composantes semblent dater d’époques différentes, une New York mélangée avec Gotham City. Personne n’y voit jamais le jour. La nuit est sans étoiles et la mémoire des hommes est vide bien qu’ils croient en avoir une. Mais questionnez-les précisément : ils seront incapables de vous raconter quelque chose de précis. Dans La Cité des enfants perdus (1994) de Caro et Jeunet c’étaient les rêves qui manquaient. Ici, les Étrangers, êtres carapacés de cuir ressemblant à des fourmis ne savent pas ce que c’est qu’être un individu. Alors, avec leur pensée collective, ils étudient les hommes et, chaque nuit (mais n’oublions pas qu’il n’y a pas de jour) ils changent la ville par « Synthonisation » (je ne sais pas si c’est la bonne orthographe). En faisant cela, ils construisent eux-mêmes la route qui les conduira à leur perte en expérimentant la recherche de « Shell Beach » au travers du héros de l’histoire. Ils vont contribuer à lui donner le même pouvoir qu’eux, et en plus, ils n’aiment pas l’eau (allez savoir pourquoi...) John donc, est un petit surdoué qui possède les mêmes pouvoirs que les « Étrangers ». Il résistera au suicide contrairement à ce pauvre inspecteur Walinski qui ne supporte plus cette folie, car il est un de ceux qui ont assisté aux transformations de la ville. Dark City est un grand centre spatial d’expérimentation. La réalité y est devenue insaisis¬sable. Le grand écrivain américain P. K. Dick se serait certainement volontiers reconnu dans cette histoire, car le réel n’y est que le fruit de la pensée collective des Étrangers. Là aussi, Clive Barker a laissé son influence avec ses tenues de cuir, ses grandes machineries médiévales. Ainsi que les décors sombres de Gotham City du Batman (1989) de Tim Burton. À la fin, Dark City est remodelée par John Murdock en un monde plat que les êtres humains du Moyen Age croyaient comme le réel... Et au-delà de la mer ?...
Nous avons affaire à une science-fiction hautement philosophique qui pose la question de la réalité. Existe-t-elle vraiment en dehors de notre conscience ? La réponse est non en ce qui concerne Dark City. La ville n’est que le fruit de la pensée des « Étrangers », pensée mutée en énergie de transformation par leurs machines “souterraines“. Mais, alors, ces machines sont-elle également réelles ? À partir de quelle pensée sont-elles créées ? Voilà qui est bien hégélien (de la pensée de Hegel, grand philosophe allemand) : la matière n’est que la négation de l’Idée, qui est elle-même la négation de la matière... Pour toutes ces raisons, ce très beau film méritait une fin plus ouverte, plus philosophique justement, à la manière de 2001 L’odyssée de l’espace (1968) de Stanley Kubrick, par exemple.
En salle j’ai eu une expérience étonnante en regardant ce film : à la moitié de la séance, soudain, les paroles devinrent incompréhensibles et les personnages se tenaient tous la tête en bas !!! Le mystère jusque-là assez épais devenait alors incroyable ! Finalement le film s’arrêta, les lumières s’allumèrent et on nous annonça que la deuxième bobine avait été raccordée à l’envers... Ouf...

Jeepers Creepers le chant du diable de Victor Salva (2002). Excellent ! Cela commence comme dans La Nuit des morts-vivants ou Evil dead par un voyage en voiture avec des jeunes gens à l’intérieur (et aussi dans Promenons-nous dans les bois) ça continue comme dans Duel. Autrement dit : il est aujourd’hui TRES dangereux de vivre dans les lieux publics comme les routes par exemple. Le monstre me semble inspiré de Clive Barker, de même que la “chapelle Sixtine“ avec des cadavres à la place des peintures de Leonardo... Victor Salva expose son homosexualité comme un manifeste. La lutte des jeunes adolescents contre le monstre est, bien sûr, une lutte inégale. Et ces jeunes ont vraiment peur. Ils sont même paralysés par la peur. Un film très pessimiste : mais au fond, la vie est très pessimiste car la Mort nous attend au bout. Et la Mort est invincible comme dans Jeepers Creepers... On avait vu Victor Salva avec un film à l’eau de rose (Powder) mais ici, vous êtes prévenus : ce n’est pas à l’eau de rose. Pas du tout !

Le Peuple des ténèbres de Robert Harmon (2003). Tout le film se place dans le registre de la suggestion. La scène de la piscine est d’ailleurs un hommage au film de Jacques Tourneur La Féline (1942). C’est un peu longuet mais assez correct. La scène dans le métro me fait penser à la nouvelle de Clive Barker Le Train de l’abattoir. D’ailleurs les créatures semblent tout droit sorties de l’imagination de l’écrivain maître de l’horreur. Enfin, le psy est comme d’habitude à côté de la plaque. Les schizophrènes ne sont pas malades : ils voient seulement ce que nous ne voyons pas...

Les Amants d’outre-tombe de John Mac Maughton, ”présenté” par George A. Romero.
Ce film est tiré d’une nouvelle de Clive Barker. A entendre le nom du célèbre écrivain et cinéaste anglais d’horreur les cheveux risquent de se dresser sur notre tête. Mais ce ne sera pas vraiment le cas en regardant ce film dont le prologue est si long qu’on se demande ce qu’il va se passer dans le si peu de temps qui reste à regarder. Quelques scènes finales de nécrophilie (pas vraiment érotiques, on a vu mieux notamment dans Dellamore Dellamorte...) nous font oublier qu’on a failli regretter de regarder ce film...

Creep de Christopher Smith (2004). Oui, les britanniques sont en train de sauver le film d’horreur ! Ce film est terrifiant. Il semble vaguement inspiré de la nouvelle de Clive Barker "Le Train". Un monstre sanguinaire qui sévit dans le métro londonien traque une belle jeune fille.
Ces films d’horreurs trouvées dans les profondeurs, et particulièrement celui-ci, sont une allégorie assez claire : plus vous allez au fond de l’âme humaine et plus vous y trouverez de l’horreur.
Le générique est plein de couleurs jaune et rouge sang !
Le film commence d’ailleurs par une scène saisissante dans les tripes de la ville : les égouts. Puis on passe sans transition à une réception chic de l’élite londonienne. Et là les yeux du spectateur sont irrémédiablement attirés par une belle blonde habillée d’une jolie robe jaune.... Le « giallo » des films d’horreur italiens...
Les plans rapprochés alternent avec des plans éloigné et des scènes d’action (en général de fuite dans les couloirs), les travellings avant pèsent lourd de signification. Les escaliers roulants qui permettent d’atteindre les profondeurs des entrailles de la ville sont somptueusement filmés. La scène de l’ongle cassé est très suggestive : elle permet au spectateur d’atteindre la conscience de la douleur des victimes.
Quelques images et une scène montrant le monstre regardant des fœtus dans un bocal permettent d’envisager une explication rationnelle mais laquelle ?
La fin est à contre-courant de toutes les fins de films d’horreur...
Un petit chef-d’œuvre. Peut-être même un grand ?

Livre de sang (Book of Blood) de John Harrison (2008)
Adapté des oeuvres de Clive Barker : The Book of Blood et On Jerusalem Street.
Le livre de sang est écrit sur la peau d’un zombie qu’un tueur à gages s’apprête à écorcher car son commanditaire lui a commandé la peau de ce type « en un seul morceau ». Le corps écorché est une obsession dans l’œuvre de Clive Barker.
Le tueur à gages est fasciné et demande à sa victime de raconter avant de le tuer...
Un meurtre ignoble avec écorchage du visage est commis dans une maison, et ceci en punition des péchés de cette pauvre jeune fille.
Une prof de paranormal qui boit veut faire une enquête dans cette maison. Un de ses élèves a des dons de prémonition. Elle lui demande de l’aider. Elle a aussi un assistant technique qui est un ami très proche.
Une histoire de hantise mais à la Barker !
Il est question d’une fontaine de sang, d’un pédophile assassin, de culpabilité... Il y a aussi des libellules !
Une très belle histoire. Un excellent film.
La réalisation et le jeu des acteurs mettent beaucoup de profondeur dans l’univers de Clive Barker.

The Midnight Meat Train de Ryunei Kitamura (2009)
C’est une adaptation de la nouvelle de Clive Barker Le Train de l’abattoir du recueil Le Livre de sang (1984).
Clive Barker, écrivain anglais, a donné à l’horreur une esthétique particulièrement fascinante. Il a également réalisé quatre films, dont l’un a donné lieu à de nombreuses suites (voir ci-dessous).
Un tueur massacre les gens dans le dernier métro de New York. Un photographe va être amené à le rencontrer. Il l’a repéré grâce à une photo. Avec sa sacoche contenant ses instruments de mort, le tueur fait penser à Jack l’éventreur. Ce tueur travaille dans un abattoir dans lequel plusieurs scène se déroulent.
Il y a New York aussi : dans la nouvelle c’est le premier personnage dont parle Clive Barker.
Le métro est filmé de manière hallucinatoire. Les meurtres sont traités avec une horreur fidèle au style de l’écrivain qui est un des producteurs du film.
Quand on est mort on n’est plus que de la viande !

Terreur (Dread) d’Anthony DiBlasi (2009)
Basé sur la nouvelle Dread de Clive Barker.
Ils jouent bien ces deux petits jeunes (Stephen et Quaid)
« Vivre la terreur d’un autre par procuration » c’est le sujet de thèse de cinéma proposé par Quaid, qui a vu, enfant, ses parents assassinés à coups de hache... Le thésard c’est Stephen. Il aurait mieux fait de ne pas le rencontrer ce Quaid.
« Dévoiler le côté sombre qui est en nous ? » Questionne l’amie de Stephen en riant.
Elle finit par témoigner elle aussi (après plein de témoignages barbants) qu’elle a été agressée sexuellement par son père quand elle était petite. Son père travaillait dans un abattoir, lieu de prédilection de Clive Barker.
A chacun son traumatisme, comme cette amie de Stephen qui est affublée d’une énorme tache de vin sur tout le corps.
« Etre sexy, c’est un truc unique ! » S’exclame Quaid pour la consoler...
Quaid a d’autres motivations que la thèse...
Ce film est très oppressant. Il est très bien réalisé...
On s’attend à ce qu’il arrive quelque chose d’atroce à tout moment...
Et ça arrive ! et pas qu’une fois ! Il suffit d’un révélateur de l’horreur...
Très tiré par les cheveux, mais insoutenable, écœurant, révoltant, exaspérant...
Un film très dérangeant...

Alain Pelosato

La plupart des chroniques de cette étude sont extraites de mon livre « Un siècle de cinéma fantastique et de SF » et des publications qui l’ont complété ensuite jusqu’en 2009.


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