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  Sommaire - Cinéma bis et culte -  Fahrenheit 451

"Fahrenheit 451" de François Truffaut



Montag est pompier, un pompier d’un genre particulier puisque son travail ne consiste pas à éteindre les incendies mais à en allumer. La matière première de ses missions purificatrices est constituée par les livres (qui s’enflamment, comme on le sait sans doute, à 451 degrés fahrenheit). Car dans la société futuriste où ces autodafés quotidiens sont perpétrés, les livres et la lecture sont proscrits, jugés pernicieux pour l’équilibre et le bonheur des individus. Mais il en va de cet interdit comme de tous les interdits : il n’existe que pour être transgressé. Et Montag, en partie sous le charme de Clarisse (Julie Christie), va se mettre, lui aussi, à lire en cachette. Jusqu’à se mettre à dos sa femme - la même Julie Christie, mais plus glamour - et Beatty (Cyril Cusack), son supérieur contre lequel il finira par retourner son lance-flamme. Ne lui restera plus, dès lors, que la fuite et le parti de la résistance organisée par les hommes-livres, eux qui se sont donné pour tâche de mémoriser chacun un ouvrage entier.
Premier film en couleur de François Truffaut, « Fahrenheit 451 » est aussi sa première et sa dernière incursion dans le genre de la science-fiction (si l’on excepte son apparition, en tant qu’acteur, dans « Rencontres du troisième type », de Steven Spielberg). Truffaut, en effet, avait adoré le roman de Ray Bradbury et s’était mis en tête de le porter à l’écran coute que coute. Après bien des tractations, il obtint l’accord des studios Universal et le tournage put commencer en Angleterre, en 1965 (le film devait sortir l’année suivante). Mais si, assurément, l’ouvrage de Bradbury est un chef-d’œuvre qui compte parmi les grands textes de la littérature d’anticipation, on ne peut pas en dire autant de l’adaptation de Truffaut. Tous les développements théoriques qui font comprendre au lecteur les tenants et aboutissants de cette société « bibliophobe » sont, bien sûr, absents du film - ce qui tient aussi à une différence de nature entre ces deux arts. A cette première lacune génératrice de perplexité s’ajoute une suppression encore plus importante : la relation - capitale - entre Montag et le vieux Faber, lecteur rebelle entre tous, sorte d’agent secret du parti de la résistance. Et il en va de même pour le Limier, sorte de monstre artificiel qui tue ses proies par des piqures de procaïne.
Ce parti-pris de sobriété aboutit à un film certes captivant mais néanmoins terne au regard de la richesse intellectuelle du livre. Et c’est sans même parler de l’esthétique des décors et autres artefacts qui, quarante-cinq ans après, semblent extrêmement datés. Quel contraste avec le charme et la fraicheur inaltérés des « Quatre-Cents Coups » ou de « Jules et Jim » ! Reste le message humaniste, consubstantiel à notre civilisation du livre, face à une nouvelle barbarie décervelante qui assoit son pouvoir sur des loisirs sportifs et sensationnels. C’est dire qu’il est toujours d’une actualité brûlante...

Jacques LUCCHESI

Titre original
Fahrenheit 451
Réalisation
François Truffaut
Scénario
François Truffaut
Jean-Louis Richard
adapté du roman éponyme de Ray Bradbury
Acteurs principaux
Oskar Werner
Julie Christie
Cyril Cusack
Pays d’origine
Royaume-Uni
Genre
Science-fiction

Sortie
1966

Durée : 112 minutes (1h52)

Distribution

Oskar Werner : Guy Montag
Julie Christie : Clarisse/Linda Montag
Cyril Cusack : le capitaine
Anton Diffring : Fabian/la supérieure
Jeremy Spenser : l’homme à la pomme
Bee Duffell : une femme-livre
Noel Davis : Cousin Midge à la TV
Gillian Aldam : la judoka (non créditée)
Ann Bell : Doris (non créditée)
Arthur Cox : infirmier (non crédité)
Kevin Elder : premier écolier (non crédité)
Joan Francis : la standardiste (non crédité)
Caroline Hunt : Helen (non crédité)
Edward Kaye : le judoka (non crédité)
Mark Lester : second écolier (non crédité)
Gillian Lewis : un présentateur TV (non crédité)
Eric Mason : infirmier (non crédité)
Roma Milne : la voisine de Clarisse (non crédité)
Michael Mindell : stagiaire (non crédité)
Anna Palk : Jackie (non crédité)
Donald Pickering : un présentateur TV (non crédité)
Tom Watson : le sergent-instructeur (non crédité)
Chris William : stagiaire noir (non crédité)

Musique : Bernard Hermann



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