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  Sommaire - Livres -  M - R -  La Saga Vorkosigan l’intégrale 1



"La Saga Vorkosigan l’intégrale 1 "
de
Lois Mac Master Bujold

Editeur :
J’ai lu
 

"La Saga Vorkosigan l’intégrale 1 "
de Lois Mac Master Bujold



- Aussi vrai que Dieu est mon juge, femme, vous ne me ferez pas passer pour un imbécile.
- Ce serait, en effet, de l’ordre du pléonasme.

La Saga Vorkosigan a rejailli dans les mémoires, les notes diplomatiques de la planète Beta, les analyses perplexes des services renseignements de Cetaganda, les réflexions irritées des services de la Sécurité Impériale de Barrayar et les chroniques des mercenaires Dendariis.
Mais, avant Miles Vorkosigan le perturbateur de choc des plans les mieux établis, il y eut une époque plus ou moins paisible faite de manipulation génétique, d’intérêts économiques, de conflits spatiaux et d’affrontements de protagonistes à la psyché perturbée.

Tout d’abord Chute Libre ; Prix Nebula 1988)

Deux siècles avant que Miles émerge de son duplicateur utérin l’ingénieur Léo Graf débarquait de son vol spatial pour partager son savoir en ingénierie .Ses élèves ? Des monstres.
Explication : les généticiens se sont avisés que les stations spatiales demandaient du personnel qualifié mais qu’en gravité zéro les jambes n’avaient aucun intérêt. Elles constituaient plutôt une gêne. Dès lors pourquoi ne pas remplacer les deux membres inférieurs par deux bras ? La manipulation génétique permet de créer des humains pourvus de quatre bras : les fameux Quaddies (1), les ouvriers idéaux pour évoluer en microgravité dans les stations spatiales (le titre est en fait une allusion à la microgravité).
Très fiers de leur nouveau produit les généticiens n’avaient pas prévu le succès d’autres recherches scientifiques. Bref, pendant qu’eux manipulaient l’ADN humain d’autres se concentraient sur les lois de la physique afin de rendre possible la gravité artificielle.
Dès lors que faire de leurs spécimens obsolètes ? Mais s’en débarrasser évidemment N’ayant aucun droit et étant considéré comme du matériel ils peuvent être mis au rebut.

L’honneur de Cordelia

Cordélia Naismith, capitaine du service d’exploration astronomique de la planète Béta, effectuait une mission au sol sur une planète nouvellement découverte (la recherche scientifique est une tradition sur Béta) lorsqu’elle subit une attaque de militaire obtus, brutaux, meurtriers et destructeurs : en un mot des Barrayans.
Emergeant des débris de son campement carbonisé au lance-plasma Cordelia a la surprise de tomber sur un officier barrayan laissé évanoui suite à un tir de son propre camp (les attentats politiques sont une tradition sur la planète Barrayar). Après une prise de contact houleuse les voici parti pour un périple de 200 kilomètres à pied où les deux naufragés de l’espace apprennent à se connaître. C’est ainsi que Cordelia réalise que son compagnon d’aventure est Aral Vorkosigan, alias « le Boucher de Komarr ». Aral proteste de son innocence. Certes il a bien capturé deux-cent dignitaires de la planète Komarr mais leur exécution n’est pas de son fait. Le responsable est un officier politique qu’il a lui-même éliminé à main-nues.
C’est ainsi que se crée une histoire d’amour avec les aléas de la vie : guerre interstellaire, délire médiatique, obsession des psychiatres, paranoïa des services de sécurité.

Barrayar (Prix Locus et Hugo 1992)

Cordelia Vorkosigan découvre les charmes de la planète Barrayar. En dehors des sols vitrifiés par les explosions nucléaires et du massacre des bébés mutants suite aux radiations laissées par la lointaine invasion des Cetagandais cette planète possède un certain charme comme son climat infiniment plus humide que la planète désertique Béta dont Cordelia est originaire.
Laissée longtemps en dehors de la communauté galactique la société barrayanne est demeurée quelque peu « rustique ». Néanmoins la modernité (en particulier l’armement) l’a rattrapé. Cela permet aux épouses adultères de se suicider au lance-plasma. La condition féminine évolue peu à peu ce qui permet à une jeune épouse lors de la cérémonie de ses noces de comparer les différentes vertus des armes de poing
Suite aux tentatives d’assassinat est affecté à Cordelia un garde du corps aussi compétent que schizophrène. Mais la situation politique se dégrade rapidement en guerre civile.

Le « Vorkosiverse » se déroule dans un univers de colonisation spatiale dépourvu de vie extraterrestre intelligente. À la propulsion spatiale s’ajoute l’existence de « points de saut » (« trous de ver ») permettant le transfert rapide d’un système stellaire à un autre. Rares, ils deviennent des enjeux stratégiques du point de vue militaire et commercial.
La fermeture du point de saut en orbite de Barrayar a contraint les premiers colons à un isolement. Selon un classique de la science-fiction la civilisation high-tech a alors régressé à un niveau moyenâgeux, du point de vue technologique et social.
Lorsque le point de saut s’est rouvert l’empire expansionniste de Cetaganda a saisi l’occasion estimant vite contrôler ce monde barbare. Et justement...l’agressivité des Barrayans a conduit les Cetagandais à un repli précipité. Ils auraient du lire leurs classiques de la SF en particulier « Les Croisés du Cosmos » de Poul Anderson
Bref après cinq millions de morts les Barrayans sont devenus quelque peu xénophobes et ont récupéré la technologie galactique. Ceci leur a permis de se lancer à leur tour dans une entreprise de conquête. Elle a concerné la planète Komarr qui contrôlait un point de saut menant à Barrayar. Les dirigeants de Komarr ayant (moyennant finance) permis le passage de la flotte d’invasion de Cetaganda à travers leur point de saut ont découvert la vindicte de Barrayar.
Ensuite : eh bien pourquoi ne pas continuer ?

Des ouvrages présents dans ce recueil « Chute libre » contraste avec le pittoresque des deux suivants. La démesure outrancière des personnages nés sur Barrayar constitue un apport non négligeable à la narration. Néanmoins le premier ouvrage du recueil est intéressant du point de vue technologique. Il présente une constante que l’on retrouvera dans l’œuvre d’anticipation de Lois Mc Master Bujold. Fille d‘un ingénieur (qui d’ailleurs inspira Léo Graff) l’auteur était parfaitement consciente de la rapide obsolescence des technologies. Ainsi dans « L’Apprentissage du guerrier » un pilote spatial ne peut suivre l’évolution technologique. De même dans « Ekaterin » nous apprenons que la découverte scientifique responsable de l’intrigue dans « Komarr » pourra être révélée dans quelques années.
Le personnage de Léo Graff révèle le rôle déterminant des « techs » dans cet univers. Les militaires doivent souvent y coopérer avec les « techs » bien plus compétent qu’eux.

La publication sous forme de recueil de la saga Vorkosigan est une bonne idée du fait de la publication antérieure, l’auteur elle-même ne respectant pas l’ordre chronologique lors de l’écriture. Ainsi « Cordelia Vorkosigan » la suite de « Barrayar » est parue un an avant ce dernier.
Ces recueils devraient théoriquement nous permettre de découvrir des nouvelles inconnues du lecteur francophone. Seulement voilà, si l’ordre chronologique était respecté cet ouvrage aurait du logiquement inclure la nouvelle « Dreamweaver’s Dilemna » dont le héros se nomme Naismith, ce qui fait de lui un ancêtre de Cordelia et de Miles Vorkosigan.
Il est à craindre que cette édition « intégrale » (ne pas oublier les guillemets) fasse l’impasse sur les nouvelles se déroulant dans le Vorkosiverse.
En ce qui concerne la couverture on peut regretter l’absence des superbes dessins réalisés par Caza à l’occasion de la première édition. À la place nous avons droit à une image classique de space-opéra avec une station spatiale et...c’est curieux : : ce vaisseau spatial...On dirait bien le « Battlestar Galactica ».

(1) que l’on retrouvera dans « lmmunité diplomatique »

Damien Dhondt

Lois Mac Master Bujold _ La Saga Vorkosigan l’intégrale 1 _ « Falling Free », « shards of Honor » « Barrayarr » Traduction : Geneviève Blattman, Michel Deutsch, Sandy Julien & Alfred Ramani _ Edition J’ai lu, collection : Nouveaux millénaires _ novembre 2011 _ Réédition, moyen format, 1054 pages _ 20, 90 €






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