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  Sommaire - DVD -  M - R -  Primale (Id.) - Edition Blu-ray (France) - Inédit
"Primale (Id.) - Edition Blu-ray (France) - Inédit "
de Josh Reed
 

Avec Krew Boylan, Lindsay Farris, Rebekah Foord
Universal Vidéo

A ne surtout pas confondre avec un autre « Primal » sorti il ya quelques mois où des touristes se faisaient étriper par une tribu oubliée en pleine jungle de ne je ne sais plus quel endroit paumé de la planète, bref un sacré nanar quoi. Non, ce « Primale » signé John Reed vient d’Australie, jamais sorti en salles, passé dans quelques festivals (non, non, pas Gerardmer, pensez donc, c’est trop fantastique...) et il déboule aujourd’hui directement donc en vidéo mais en même temps en DVD et en Blu-ray. Certains n’ont pas eu un tel traitement malgré leurs qualités (« Insane » de Jamie Blanks...). Mais pour « Primale », hé bien c’est une excellente chose car de nouveau, après la baffe « Red Hill », l’Australie nous prouve une nouvelle fois la qualité de leur cinéma, qui plus est dans le genre du Fantastique, avec un budget de misère pour un résultat certes pas extraordinaire mais qui s’avère être une très bonne petite surprise...
Un groupe d’étudiants accompagnent l’un d’eux, futur anthropologue, en plein cœur de l’Australie sauvage, pour étudier des peintures murales sur le flanc d’une petite colline. Sur place, l’une des filles, Mel, profite de la proximité d’un petit lac pour un bain nocturne. Mais en plein milieu de la nuit, elle est brûlante de fièvre. Avant que quelqu’un ne décide de l’emmener à l’hôpital, Mel se détériore physiquement, perdant ses dents, se griffant jusqu’au sang, avant de perdre complètement l’esprit : elle semble être devenue une bête sauvage qui va attaquer ses amis. Au fil des heures, la contamination gagne celles et ceux qu’elle a mordu. Pour les derniers rescapés, coincés sur place, il n’y a guère d’alternative : il faut soit tuer des amis qui ont régressé au stade le plus primal qui soit, soit être tué. Seule Anja semble réceptive au passé de l’endroit et en découvrant une grotte sous la colline, elle va réveiller de vieux souvenirs et mettre à jour le pire des cauchemars qu’elle n’ait jamais eu.
Si « Primale » devait rappeler un autre film, ce serait l’excellent « Les ruines » : le postulat est assez similaire, à savoir que la nature cache au plus profond d’elle-même la plus ancienne des menaces. Dans « Primale », tout remonte à un âge où les dinosaures venaient à peine de disparaitre, tués peut-être aussi par ce qui vit encore dans la grotte. Très gore, « Primale » joue la carte de l’horreur qui fait peur par le retour à la sauvagerie d’être humains, mais sans véritable transformation physique. Des sortes d’hommes préhistoriques cannibales. Limité par son budget, le film s’en sort haut la main avec ce postulat, servi par une réalisation qui aurait pu, comme certains passages peuvent le laisser craindre, sombrer dans la mode actuelle de la caméra à l’épaule version Parkinson, mais qui justement limite ces effets à quelques plans, avant de coller au plus près des « contaminés » doués d’une force peu commune et d’un appétit pour la chair fraiche démesuré. Le scénario est plus travaillé que ce qu’on pouvait craindre, avec les réactions tour à tour perdues, violentes voir aussi carrément stupides des uns et des autres. La révélation finale s’avère très lovecraftienne, plutôt réussie en plus malgré des moyens financiers plus que limités, mais elle ne dévalue pas l’ensemble du film qui s’avère donc très intense, hystérique, et parfois effrayant. Servi par un casting d’inconnus talentueux, réalisé par un autre inconnu qui donne toutes ses tripes dans son film et qui s’avère relativement bon dans son domaine, « Primale » se suit avec intérêt, arrivant même à ménager son mystère jusqu’à la fin. Dans la production actuelle, c’est déjà beaucoup, et il ne lui manquait qu’un peu plus de tout ça pour passer au degré supérieur, niveau « Les ruines » par exemple. L’édition Blu-ray permet de profiter au maximum de ses qualités visuelles, et sonores, largement mises à l’épreuve lors des attaques de Mel toutes griffes et hurlements dehors ! Question bonus, pour une fois, ils sont là (ça change de ces éditions françaises qui ne rachètent pas les bonus des éditions anglo-saxonnes, comme dans « Donkey punch », « Paradise lost », « Que justice soit faite », « Harry Brown », etc...), et si on excepte la genèse du film narrée par le réalisateur qui s’appuie sur de simples souvenirs de balade ayant mal tournée, les documentaire sur les cascades et les effets spéciaux s’avèrent plus qu’intéressants : une fois encore, malgré un budget étriqué, un film est sauvé par le talent et la niaque de celles et ceux qui y participent, et qui en plus, sont doués ! Et donc, au final, même si le titre est assez banal, même si la jaquette peut rebuter, pour une fois, vous pouvez y aller, « Primale » est un sympathique petit shocker survivaliste horrifique australien qui mérite sa petite notoriété.

Note film : 7/10
Blu-ray : copie excellente, format d’origine 2.35, image 16/9ème - Bonus (vostf) : 7/10 : making-of sur les cascades - making-of sur les effets spéciaux - retour sur la genèse de « Primale ».

St. THIELLEMENT



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