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  Sommaire - DVD -  G - L -  Le Chaperon rouge (Red Riding Hood) - Edition Blu-ray (France)
"Le Chaperon rouge (Red Riding Hood) - Edition Blu-ray (France) "
de Catherine Hardwickle
 


Avec Amanda Seyfried, Gary Oldman, Billy Burke, Max Irons, Julie Christie, Virginia Madsen.
Warner Home Vidéo

Catherine Hardwicke a débuté sa carrière de réalisatrice avec un excellent film,
Son meilleur aussi, « Thirteen », qui plongeait dans le quotidien d’une adolescente qui découvrait un quotidien bien éloigné de celui tranquille et calme auquel elle était habituée. Certainement une des meilleures chroniques « sérieuses » sur l’adolescence qui soit. Après, sa chronique des jeunes fondus de skateboard, « Les seigneurs de Dogtown » s’avéra trop immergé dans le sujet pour intéresser au-delà des simples afficionados de ce sport. Puis vint « Twilight » et là, Catherine Hardwickle se découvrit une nouvelle sensibilité, une nouvelle approche sur les jeunes, leurs amours, leurs passions, leurs peurs, au travers de regards à la fois tendres et mauvais, voire violents (c’est de l’humour, de l’humour, je dis ça pour celles et ceux qui ne l’ont pas vu...). Faut aimer, hein... Et le comble, le pompon, le fond est atteint aujourd’hui avec ce « Chaperon rouge » qui va encore plus loin que le pire qu’on pouvait craindre. Perrault doit en faire des bonds dans sa tombe...
Depuis des années, le village de Daggerhorn vit avec la menace d’un loup-garou qu’il faut satisfaire pour entretenir une trève. Mais un jour, une jeune fille est retrouvée abominablement mutilée par la bête (note : elle a une grosse griffure sur sa chemise, et c’est tout. Abominable donc...). Sa sœur, Valérie, se meurt d’amour pour son ami d’enfance mais elle doit en épouser un autre, et elle découvre qu’un lien télépathique l’unit au loup-garou, faisant d’elle aux yeux du village une sorte de complice malfaisante. Alors que les morts, abominables (chemises déchirées...) continuent, un cruel chasseur de loups-garous et ses soldats est appelé à la rescousse. Lui qui vit sa femme périr par la faute d’un lycanthrope, n’a de cesse d’exterminer tous ses semblables. Mais celui-ci semble définitivement plus malin et bien plus dangereux...
Sérieusement, les toutes premières minutes commençaient bien : survol d’un forêt enneigée, musique médiévale et moderne, on se dit pourquoi pas, la surprise risque d’être bonne. Mais à la vision d’un souvenir d’enfance avec un pauvre lapin blanc sauvage (domestique, en vrai) capturé par Valérie et son mièvre de copain dans un décor embrumé de carton pâte (on se croirait chez les Schtroumpfs !) et qui précède la découverte du cadavre sauvagement mutilé (voir la chemise plus haut...) de la sœur de Valérie, on a tout compris : « Twilight », à côté, c’est « Massacre à la tronçonneuse » ! Et tout sera du même acabit, en plus d’amourettes-bluettes sirupeuses jusqu’au dégoût, le tout en plein faux hiver (de la neige partout, de la glace, ils se baladent en chemisette et ne font jamais de buée : c’est magique comme pays !). Mais il y a le loup-garou : c’est simple, on dirait une version plus aboutie du loup dans la publicité des produits laitiers qui foutent la rouste au loup ! Bon, n’allons pas plus loin... Si, la fin : après une torride scène d’amour (épaules dénudées, un bout de sein, l’amour sur la neige : Perrault va vraiment sortir de sa tombe, là !) tout cela s’chèvre de façon bucolique, la maisonnette dans les bois, Valérie, habillée en chaperon rouge, voit sortir le loup des bois et un regard plein de sous-entendus les lie à jamais. Mais attention, si vous regardez la version « director’s cut », avec la fin alternative, c’est pire : sans trop rentrer dans les détails afin de ne rien révéler et de ménager une certaine surprise (soupir...), on y voit la lignée se perpétuer via la cape rouge... Mais qui a eu la folie, ou plutôt l’inconscience de produire un tel nanar, mais mauvais en plus car même pas drôle, prétentieux, édulcoré, niais, terne, sans aucune saveur, et destiné aux moins de dix ans ! Même eux en plus risquent de s’y ennuyer ferme, surtout si ils se relisent le conte de Perrault. Précisons aussi qu’on n’échappe pas au couplet « Oh, Mère-Grand, que vous avez de grandes oreilles, de grandes dents, etc... », amené dans l’intrigue avec une finesse digne d’un gag de « Camping » ! Là-dessus, que reste t’il à sauver : pour le film, la musique ; pour l’édition Blu-ray, une photo superbe qui donne toute ses qualités visuelles au support. Un making-of version « Picture-In-Picture » dont on se fout rapidement (faut se retaper le film alors on teste au début et on arrête vite !), et des scènes coupées sans intérêt, des interviews où on apprend que le bellâtre de service à failli jouer dans « Twilight » avant d’être mis de côté mais pas oublier par Hardwickle qui repensa à lui pour ce film, bref rien à sauver, et un « Chaperon rouge » à oublier. Quant à Catherine Hardwicle, souvenons-nous juste de son magnifique « Thirteen » et c’est tout.

Note film : 1/10
Blu-ray : copie magnifique, format d’origine 2.41, image 16/9ème - Bonus (vostf) : 2/10 : fin alternative - scènes coupées - module « Picture-In-Picture » - bêtisier - clips-vidéo - auditions des acteurs.

St. THIELLEMENT



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