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  Sommaire - DVD -  A - F -  Conan le barbare (Conan the barbarian) & Conan le destructeur (Conan the destroyer) - Edition Blu-ray (France)
"Conan le barbare (Conan the barbarian) & Conan le destructeur (Conan the destroyer) - Edition Blu-ray (France) "
de John Milius & Richard Fleisher
 

Avec Arnold Schwarzenegger, Sandahl Bergman, James Earl Jones, William Smith, Mako, Grace Jones.
Fox Vidéo

En 1982 sortait au cinéma « Conan le barbare », premier vrai film d’Heroic-Fantasy, un genre complètement inventé par le romancier Robert E. Howard avec des époques qui seraient un mélange de Moyen-Age avant l’heure, en des temps bien plus anciens peuplés de sorcières et de guerriers colossaux, de monstres et de royaumes complètement fantasques, un univers que le 7ème Art n’osait trop s’approprier tant il était difficilement concevable à recréer visuellement. Mais le producteur Edward J. Pressman y crût, s’associant avec un des nababs de la profession, Dino De Laurentiis (capable du pire comme du meilleur...), trouvant en John Milius le cinéaste adéquat pour restituer la fureur d’une époque totalement fictive, et en Oliver stone le scénariste capable de donner de la crédibilité à une telle histoire. Le culturiste Arnold Schwarzenegger devint le Conan tel que l’imagina Howard et le dessina Frank Frazetta, ce génial artiste qui donna le premier le visuel de ce qu’était l’Heroic-Fantasy, et Basil Poledouris composa une des plus belles musiques de films de l’histoire du cinéma, achevant par sa force la concrétisation de cet univers. Trente ans plus tard, un nouveau « Conan » sortait au cinéma : sa seule qualité fut de relancer la renommée du film de John Milius.
Après avoir vu ses parents massacrés par les hommes du cruel Tulsa Doom, le jeune Conan sera condamné pendant de longues années à pousser une énorme roue de moulin. Devenu un véritable colosse, il est alors formé par les plus grands maitres à tous les arts de la guerre. Quand il est enfin libre, Conan va parcourir le vaste monde, rencontrer l’amitié et l’amour pour parvenir enfin à assouvir une vengeance qui trainait depuis son enfance. Plus tard, Conan vivra d’autres aventures dont une où il lui faudra délivrer une princesse des griffes d’un cruel sorcier et affronter une antique créature parmi les plus démoniaques qui soient.
La seconde partie de ce résumé concerne « Conan le destructeur », blu-ray « bonus » de « Conan le barbare ». Pour cinq Euros de plus, ça le fait, surtout que c’est toujours mieux que l’immonde remake signé Marcus Nispel. Mais revenons d’abord au film de John Milius : comme on l’apprend dans les bonus, le projet marinait depuis quelques temps en production, le choix de Schwarzenegger décidé également depuis quelques années, mais seul John Milius arriva bien plus tard. Le scénario, entre temps, avait été confié au jeune Oliver Stone qui avait manifesté son intérêt pour le genre, surtout via les œuvres révélatrices de Frazetta. Milius, connu à l’époque pour certains scénarios qui donnaient une idée du bonhomme (« Jeremiah Johnson », « Magnum Force », « Apocalypse now »), donna au projet la matérialisation adéquate. Le cinéaste, qui n’a jamais caché sa fascination pour les mythes guerriers (surfer accompli, on le surnommait « le Viking » !), accomplit avec « Conan le barbare » son chef-d’œuvre car aujourd’hui, c’est définitivement évident : même si le kitsch nimbe certains passages (la procession vers le temple de Tulsa Doom, surtout...), il n’en demeure pas moins d’une extraordinaire force quand Milius met en scène la naissance de Conan (enfant innocent meurtri par la mort violente de ses parents, surtout celle de sa mère, qui deviendra une machine à tuer avant d’être façonné pour devenir le guerrier qu’il sera : l’homme est plus fort que l’acier, c’est Nietzsche confirmé par Milius !) et filme les attaques, les combats et Schwarzenegger, impérial, le tout accompagné par la musique de Basil Poledouris, personnage à elle toute seule qui permet, par sa créativité et son originalité et sa puissance, à plonger en plein cœur d’un monde totalement inconnu : l’Héroic-Fantasy. Elément totalement absent de la nouvelle version qui n’a rien compris. L’édition Blu-ray constitue un nouveau plaisir, celui de voir le film dans une copie souvent somptueuse (l’attaque du village, avec son prologue dans la forêt : visuellement, on ne l’a jamais vue ainsi !) sauf sur certains petits points (le ciel lors de la course à pied de Conan laisse à désirer), mais qui dans l’ensemble, redonne au film une nouvelle vie, laquelle efface encore plus celle du nouveau « Conan » (non, ce n’est pas un remake : ce n’est pas tiré du film mais de romans donc c’est une nouvelle version) Les bonus reprennent en majorité ceux de l’édition spéciale sortie il ya quelques années mais qui restent passionnants : le making-of révèle bien des secrets, un documentaire comme la fabrication des épées par son originalité et la passion qu’il dégage, s’avère fascinant, le commentaire audio, sous-titré de Milius et Schwarzenegger, se suit avec plaisir, certes grâce au rire tonitruant de l’acteur autrichien, mais aussi parce qu’il permet de constater l’implication des deux hommes dans le projet, lesquels n’arrêtent pas de revenir à la mise en chantier d’un troisième. Ouais, ben entre temps, il est devenu gouverneur, a fait quelques bourdes qui ont terni son image et surtout, il a bien vieilli, le Schwarzy alors pour les cascades faites par lui-même, aujourd’hui c’est râpé ! Enfin, on découvrira un tout nouveau documentaire, une relique, à savoir des interviews d’époque retrouvées où l’acteur montre son engouement, sa détermination pour le projet et sa carrière. Ce qui achève de faire de cette édition un Collector à ne rater sous aucun prétexte, déjà pour conserver bien précieusement le premier vrai chef-d’œuvre (si peu imparfait) cinématographique d’Heroic-Fantasy.
A la suite de son succès, un second film vit le jour, « Conan le destructeur » qui fut réalisé par un glorieux vétéran, Richard Fleisher (à qui on doit le superbe « Les vikings » avec Kirk Douglas). Alors autant sur le premier, De Laurentiis allongea le fric, autant ici il le restreint : fini la puissance guerrière à la Milius, on a droit à un relativement bon film d’aventures qui a l’avantage de rappeler certains tableaux de Frazetta (le combat final contre Dagoth), de découvrir Grace Jones en guerrière (et selon Schwarzy dans un des modules de « Conan le barbare », elle fracassa pas mal de cascadeurs !), mais aussi de conforter le vieil âge d’effets spéciaux médiocres (le château de cristal, une horreur, et surtout Dagoth, création fascinante en dessin, mais immonde quand elle est matérialisée par Carlo Rambaldi, un tâcheron plutôt qu’un artiste, celui-là !). C’est d’autant plus surprenant que ceux du Milius par moments, conservent leur excellence (les maquettes des villes traversées, des temples, etc...). Richard Fleisher donne cependant tout son talent au film qui aujourd’hui, se révèle bien plus vivant et respectueux de personnages que la version déjà oubliée de Marcus Nispel. L’édition Blu-ray se montre plutôt réussie, le film connaissant ici également sa meilleure copie, où les couleurs sont ravivées pour mettre en avant la magnifique photo du très grand Jack Cardiff. En bonus, un retour sur le film, un commentaire audio, mais tout ça est complètement dépourvu de sous-titres, pourquoi donc ? Mystère... Et voilà, tout est dit sur cette double édition Blu-ray des Conan interprétés par Arnold Schwarzenegger, aujourd’hui demeurant toujours le seul vrai Conan au cinéma. Inutile de dire qu’après avoir revu le Milius, et dans une bien moindre mesure le Fleisher, le « Conan » version 2011 n’existe plus. A un point tel qu’on va se revoir « Kalidor », mais ceci est une autre histoire...

Notes film :
« Conan le barbare » : 10/10 - « Conan le destructeur » : 6/10
Blu-ray : copies excellentes, format d’origine 2.40, image 16/9ème - Bonus (vostf) : « Conan le barbare » : 10/10 : commentaire audio sous titré de John Milius et Arnold Schwarzenegger - making-of - les archives - documentaire sur l’art de l’épée - bande-annonce. « Conan le destructeur » : 4/10 (aucun sous-titre) : commentaire audio de Richard Fleisher - documentaire.

St. THIELLEMENT



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