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  Sommaire - DVD -  A - F -  Au-delà (Hereafter) - Edition Blu-ray (France)
"Au-delà (Hereafter) - Edition Blu-ray (France) "
de Clint Eastwood
 

Avec Matt Damon, Cécile De France, Bryce Dallas Howard, Jay Mohr, Marthe Keller.
Warner Home Vidéo

Dernier film en date signé du grand Clint Eastwood, « Au-delà » ne réitéra pas la puissance de ses dernières œuvres telles que « Gran Torino », « L’échange » voir même « Invictus » (à voir pour largement plus que son match de rugby final, ceci pour les esprits chagrins qui le critiquent au travers de cet ultime moment...). Et, soyons honnêtes, signé de tout autre cinéaste, « Au-delà » aurait été largement plus vite oublié, si, si. En même temps, d’un script somme toute assez faible, voir très sur certains points, Clint Eastwood arrive cependant à tirer vers le haut ce qui est facilement propice à sombrer dans le ridicule voir un certain ennui. L’avantage de cette édition Blu-ray, c’est de revoir tranquillement, une fois un certain scepticisme dubitatif passé, ce film étrange, se conforter sur sa première impression ou le réévaluer (mais par contre, en bien, pas en mal, c’est déjà ça), et d’avoir des bonus dignes de ce nom dont le grand documentaire consacré à Eastwood, narré par Morgan Freeman, sorti en DVD supplémentaire dans un coffret spécial il y a quelques mois, et qui ici est disponible dans une version longue et en HD : ‘vont être contents ceux qui l’avaient sous sa première forme !!!
En vacances en Indonésie, Marie sera prise dans le colossal tsunami qui ravagea le pays, mais en ressortira vivante après avoir été un court laps de temps privée de vie ; chez lui, à San Francisco, George donne de temps en temps des séances où son don de médium aide les autres ; à Londres, le jeune Marcus perd son jumeau et se met à la recherche de questions sur une éventuelle présence venue de l’au-delà. Ces trois destins, touchés par la mort, vont finir par se rejoindre à force de se poser des questions communes sur ce qui se passe une fois qu’on est partis, qu’un être cher n’est plus, que la mort remplace la vie.
Trois destins différents, trois histoires, un final commun. De ces trois récits, le plus intéressant demeure sans doute celui avec Matt Damon en médium, sorte de Johnny Smith (le héros de « Dead zone » de Stephen King), qui a du mal à vivre avec son don, plus malédiction qu’autre chose pour lui. Le récit avec Marie (Cécile De France) s’avère naïf et caricatural (limite la baguette et le fromage pour représenter la France, déjà qu’il y a l’accordéon...), et quant au jeune Marcus, franchement, on ne croit pas un seul instant à ses investigations. Pourtant, contre toute attente, le film se suit. Certainement grâce à la maitrise de Clint Eastwood sur l’art et la manière de doser l’émotion qui dans le cas présent, peut très vite sombrer dans le comique involontaire, et aussi parce qu’il a, comme il le dit, l’âge de s’intéresser à ce genre d’histoire, donc de la traiter avec respect et surtout en essayant d’être sincère le plus possible dans son traitement. Mais malgré tout, le sujet en soi est déjà très « casse-gueule », il est difficile d’accorder un quelconque crédit à telle ou telle hypothèse, et ce n’est pas « Au-delà » qui y changera quelque chose. Reste alors quelques séquences réellement prenantes ou incroyables, telles le tsunami du début, un Matt Damon parfait dans son rôle de médium malgré lui, et un final qui plonge cette histoire de mort dans un romanesque optimiste, car après tout, c’est surtout et toujours la vie qui prime sur la mort.
Le Blu-ray propose sans surprises une image magnifique, respectant à merveille la photographie souhaitée par Eastwood pour son film, ni trop glacée, ni trop feutrée, mais possédant quand même une « aura » un peu spéciale. Quant au son, il explose littéralement lors de la scène du tsunami, point d’orgue sonore de l’ensemble du film. Et donc en bonus, on a deux gros morceaux. Le premier est une sorte de making-of en plusieurs modules, pouvant être intégrés ou non au film, où chacun revient sur le film, sur son rôle, sur ses relations avec Eastwood, et laissant aussi la parole à des personnalités très au fait de ce genre d’histoires. Le plus marrant étant les réponses de chacun quand on leur demande s’il ou elle croit en quelque chose « après » : pour certains, c’est un « non » ferme (le producteur Robert Lorenz), d’autres sont mitigées, d’autres croient en ce qu’ils ne savent pas ce que c’est ( !!!) et enfin, Eastwood répond qu’il y croit là, à l’instant de la question, mais qu’après, il pensera autre chose ! Et donc, l’autre gros morceau, c’est « The Eastwood Factor », grand portrait de la dernière grande légende vivante du 7ème Art. Oui, car à cette échelle, il n’y a plus que lui. Avant d’aller plus loi, la fin du documentaire montre une image étrange, un peu décalée, pour je ne sais quelle raison. Autrement, ça commence lors du tournage de « Invictus » avec Morgan Freeman en voix off. Tout y passe quasiment, le documentaire est signé Richard Shickel (son biographe), sa carrière est survolée, la parole est donnée à ses plus proches collaborateurs comme aux autres, on y parle de sa relation avec la Warner, laquelle lui a même concédé un studio d’enregistrement qui allait être détruit et qu’Eastwood à réussi à sauver, donnant ainsi son nom à ce studio dans lequel il a enregistré toutes les musiques de ses derniers films (mais ils n’ont pas voulu changer le nom de Warner Bros. au profit de Eastwood Bros. : Clint a de l’humour !), et cela se termine à Carmel où il vit depuis près de quarante ans, dans un endroit où il aime vivre et où le grand Clint Eastwood dit simplement en conclusion que tant que les gens aimeront le suivre sur ce qu’il propose et qu’il continuera de s’intéresser à toute histoire qui l’interpelle, il continuera de faire des films. Dieu, le jour où il disparaitra lui, il manquera un grand chapitre de l’histoire du cinéma.
Note film : 6/10
Blu-ray : copie magnifique, format d’origine 2.41, image 16/9ème - Bonus (vostf) : 10/10 : making-of - documentaire « The Eastwood factor », version longue en HD.
St. THIELLEMENT



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