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  Sommaire - DVD -  A - F -  Cobra (Id.) - Edition Blu-ray (France)
"Cobra (Id.) - Edition Blu-ray (France) "
de George Pan Cosmatos
 


Avec Sylvester Stallone, Reni Santoni, Brigitte Nielsen, Andrew Robinson.
Warner Home Vidéo

Le plaisir coupable par excellence. Un film d’une époque, à un moment précis de la carrière du meilleur acteur dans le genre qui soit (et par ailleurs excellent acteur tout court, « Rocky » et « Copland » l’ont plus que prouvé), qui atteint des sommets dans ses excès, mais en même temps, le film qu’on peut revoir sans problème dès qu’on peut. Et donc, après l’avoir vu en salles, en VHS, en DVD soit déjà au moins une bonne demi-douzaine de fois, v’là t’y pas que « Cobra » déboule en haute-définition via le Blu-ray et là, forcément, il faut le regarder une fois de plus dans l’ultime support vidéo qui soit. Et le plaisir coupable a encore gagné !
Responsable de la « Brigade des zombies » (!!), laquelle est composée du détective Gonzales et de lui-même, le lieutenant Marion Cobretti, surnommé Cobra (comme l’atteste le dessin sur la crosse nacrée de son automatique qu’il porte bien en évidence dans sa ceinture, en plein milieu du ventre en plus !) est l’ultime recours, celui qu’on appelle quand il n’y a plus de solutions dans une prise d’otages par exemples. Comme il l’annonce à ses « proies », « vous êtes le virus, je suis le remède » (ou quelque chose dans ce goût-là...), avant de les décaniller manu militari. Cobra est froid, implacable, possédant un look parmi les plus machistes qui soient (jeans & T-shirt moulants, Ray-ban miroirs, et petite allumette coincée au coin de la bouche : ahurissant !), avare en paroles sauf quand il s’agit de défendre les victimes. Il possède aussi un sens de l’humour des plus incisifs. En compagnie de son partenaire, il écume les coins sombres et désespérés de Los Angeles à la recherche de maniaques semant terreur et mort au nom d’un ordre nouveau. La belle Ingrid (Brigitte Nielsen... On va y revenir) vient d’assister à un des meurtres et se retrouve alors poursuivi par le pire de tous, celui qu’on surnomme (en français, ça vaut son pesant de cacahuètes !) l’Equarisseur. Démunie, la police accepte que Cobra et Gonzales emmènent Ingrid loin de la ville pour la protéger. Mais l’ordre nouveau les a retrouvés et ses membres sont bien décidés à tailler en pièces ces trois témoins gênants. Sauf que parmi eux se trouve bien entendu le Cobra...
Tourné juste après « Rocky IV », en pleine période de monstrueuse gloire (« Rambo 2 » a explosé le box-office mondial, « Rocky 4 » également...) mégalomane de Stallone (il le reconnait lui-même aujourd’hui), « Cobra » est aussi le film par lequel l’acteur, qui est aussi scénariste du film, confirme définitivement son statut du moment, et sa passion amoureuse pour la belle danoise (à l’époque, hein, aujourd’hui elle fait peur !) Brigitte Nielsen. Celle qui se « révéla » dans « Red Sonja » alias « Kalidor » en France, incommensurable nanar dans lequel elle tenta de mettre le grappin sur Arnold Schwarzenegger, réussit son coup avec l’étalon italien dans « Rocky 4 ». La suite, on la connait, conjuguée donc en plus avec le monumental succès de Stallone à cette époque. En soi, le film n’est qu’une version outrancière d’un « Dirty Harry ». Le film est court (80 minutes sans le générique final), on ne fait pas de chichis, la violence est graphique et tellement extrême (encore à l’époque, faut resituer les choses dans leur contexte !) qu’elle fut même taxée de pornographique ! Bon, au-delà de ces attributs divers et variés, « Cobra » titille avec plaisir nos instincts les plus primaux : les bad guys sont de pures ordures, Cobra est le flingueur par excellence, rien ne lui fait peur, un véritable plaisir de gosse ce film ! Lequel fonctionne aussi grâce à l’expérience chevronnée de feu George Pan Cosmatos, qui signa une petite merveille dans sa carrière, le suspense psychologique qui vire au cauchemar entre un homme et un rat dans l’excellent « Of unknow origin » (« Terreur à domicile », disponible en DVD chez Warner Home Vidéo, en cherchant très bien quand même...) avant de passer à l’action pure et dure avec des bonnes séries B telles que « Bons baisers d’Athènes » (avec Roger Moore en colonel allemand !), et surtout « Le pont de Cassandra » avec Richard Harris. La suite, ce sera surtout « Rambo 2 » puis « Cobra » et pour finir « Tombstone », dernier film avant sa disparition. Ah, ne pas oublier aussi celui qui fut concurrent un temps de James Cameron pour « Abyss » avec « Leviathan », pur film de monstre belliqueux tourné non pas au fond de l’eau mais bien en surface, avec du coton volant pour imiter le plancton du fond des océans !!! Bref, Pan Cosmatos concourt pour beaucoup quand même à la « réussite » de « Cobra ». Lequel donc ressort aujourd’hui en Blu-ray, et juste en France pour l’instant, dans une copie très moyenne pour un tel support. Du même âge, le transfert des « Sorcières d’Eastwick » s’avéra être une excellente surprise. Ici, on est loin d’un résultat similaire : si par moments, le Blu-ray apparait dans toute sa « splendeur », souvent, il a plus un look de DVD haut de gamme (et encore...). Les arrières plans fourmillent, seuls les détails des visages rappellent le nouveau support. Certes, le rouge se fixe enfin bien mieux qu’avant (c’était un des gros problèmes des copies « d’antan »...) mais bon, là c’est du fond de catalogue sur lequel aucun frais supplémentaire n’a été rajouté pour sortir une galette Blu-ray digne de ce nom. En bonus, un commentaire audio en vo non sous-titré du réalisateur pour les plus courageux, ou sinon, à écouter sur certaines scènes-clefs du film (et où on découvre que Pan Cosmatos respectait vraiment le travail et l’implication de son acteur), un making-of d’époque où Stallone « n’apparait » qu’ne voix off ( !) et la bande-annonce (toute moche visuellement) d’époque constituent l’ensemble. C’est maigre, dans l’absolu, on aurait aimé avoir une petite interview de Stallone aujourd’hui revenant sur ce film. Mais pour lui, c’est définitivement une autre époque, la page est tournée. Pas grave, pour nous, fans du film, « Cobra » est limite intouchable, comme tout plaisir coupable qui se respecte et s’assume.

Note film : 8/10
Blu-ray : copie moyenne, format d’origine 1.85, image 16/9ème - Bonus : 3/10 : commentaire audio (non sous-titré) de George Pan Cosmatos - making-of - bande-annonce.

St. THIELLEMENT



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