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  Sommaire - DVD -  G - L -  L’agence tous risques (The A-Team) - Edition Blu-ray (France)
"L’agence tous risques (The A-Team) - Edition Blu-ray (France) "
de Joe Carnahan
 

Avec Liam Neeson, Bradley Cooper, Jessica Biel, Quinton “Rampage” Jackson, Sharlto Copley, Patrick Wilson, Gerald McRaney
20th Century Fox Home Vidéo

Petit bond dans le temps, en Avril 2002, durant le (défunt) Festival du Film Policier de Cognac : Joe Carnahan, alors quasi inconnu (il n’avait signé qu’un petit polar indépendant, « Blood and bullets », uniquement sorti en vidéo chez nous, et pas génial du tout...), vrillait tout le monde sur son siège avec son remarquable « Narc », où Ray Liotta y trouvait un de ses meilleurs rôles, celui d’un flic hard-boiled enquêtant sur la mort de son co-équipier en parallèle avec un flic des stups infiltré dans le milieu des dealers. Rendez-vous était pris pour une interview et le lendemain matin, aux premières heures du jour (soit dix heures, normal quoi !), l’attaché de presse prévient que Carnahan a fait la foire la veille, que c’est sa première interview du jour, et qu’il risque de n’être pas très frais. Et donc, assis tranquillement à une table, je vois arriver une armoire à glace, chauve (à l’époque), le haut d’un grand tatouage sur sa poitrine dépassant de son T-shirt. Une tronche de pas réveillé du tout, style ours des montagnes de l’Oural reculé, et qui dit juste : « Hi, I’m Joe. I need a black coffee ! ». L’interview fut excellente, elle le réveilla bien, et cinq ans plus tard, Joe Carnahan revint, plus chauve du tout, pour « Mise à prix », ce polar déjanté mis en place pour compenser son éviction de « Mission : impossible 3 » en lequel il croyait, beaucoup plus noir que le film qui finit par être signé de J.J. Abrams. Carnahan écrit aussi sans réaliser comme cet autre excellent polar qu’est « Le prix de la loyauté » sur certains membres ripoux de la police de Boston. Et il a toujours beaucoup de projets, qui n’aboutissent parfois jamais comme son « Killing Pablo » qui semble cette fois définitivement mort (les derniers jours de pablo Escobar quand sa forteresse fut prise d’assaut par le FBI), ou comme celui qui semble bien parti, « The grey » avec Liam Neeson en leader d’un groupe de foreurs de pétrole perdus au cœur de l’Alaska suite au crash de leur avion et qui se voient traqués par des loups. Si ce projet voit le jour, c’est grâce à deux choses : la présence de Liam Neeson et le succès de leur précédente collaboration, à savoir cette excellente adaptation cinéma d’une série populaire mais assez ringarde aujourd’hui (comme beaucoup de productions télévisuelles estampillées feu Stephen J. Cannell...), « L’agence tous risques ». Le film, on en a dit tout le bien qu’on pensait dans sa chronique disponible sur ce même site, section cinéma. Parlons donc de l’édition Blu-ray qui a le mérite de proposer aussi la version longue d’un blockbuster de studio doublé d’un film vraiment « estampillé » Joe Carnahan. Déjà, mais film récent et produit par une major oblige (si, si, les moyens sont là, ça compte !), l’image est parfaite. Quand, comme le confirme Carnahan, on sait que tout a été tourné en Colombie Britannique, aux abords de Vancouver, arriver à recréer la chaleur d’un sombre coin du Mexique et à nous le faire croire, est déjà en soi un exploit. Lequel en Blu-ray est consolidé via des gros plans sur des visages burinés par soleil local et trempés de sueur ! Même les effets spéciaux ne souffrent pas du passage en haute-définition comme cela est déjà arrivé par le passé sur d’autres titres, ici, il n’en est rien, ils restent parfaitement intégrés au film. Tout cela on l’apprend via une sorte de « Picture-In-Picture » où Carnahan, tranquillement assis dans son fauteuil, nous dissèque son film (mais version cinéma) en lançant au passage une petite pique sur les piratages de films. Pas langue de bois, il reconnait aisément l’implication du studio dans la conception de son film, certaines concessions (l’emploi de mots orduriers est surveillé, mais il se lâche et se rattrape dans son commentaire !), et nous révèle que ce projet lui tint suffisamment à cœur pour qu’il retravaille chaque personnage et l’unité de l’équipe. En soi, un des meilleurs commentaires audios « vus » sur un film, bourré d’explications, d’humour, etc... Ensuite, les scènes coupées qu’on peut aussi voir réintégrées au métrage, ce qui donne la « version longue », se révèlent pas si inintéressantes que ça : dialogues plus corsés, attitudes plus radicales (Patrick Wilson et la poupée en dit long sur son personnage...). On a droit à quelques minutes sur les effets spéciaux visuels, simplement renversant (et en même temps, faut que le réalisateur ait une forte personnalité pour conserver un peu de son identité dans des longs-métrage d’action de plus en plus « reconstruits » par derrière...). L’étude de chaque personnage permet de bien comprendre le point de vue de Carnahan partagé par ses acteurs : prendre la base, avec de nouveaux éléments pour en faire une version revue, corrigée et améliorée du concept de la série TV : Hannibal Smith devient donc une figure plus paternelle avec son équipe, modelé selon un Lee Marvin, et qui fait que chacun de ses hommes ne veut le décevoir. L’entrainement de Bradley Cooper aux armes était indispensable pour faire exister son personnage, il fallait qu’il soit au top, toujours selon Carnahan : pari plus que réussi. Enfin, une sorte de petit making-of d’une demi-heure permet, entre autres, de voir Stephen J. Cannell en interview sur le tournage, de constater l’excellente bonne ambiance du tournage (ce que confirme le bêtisier au passage) et en même temps, de mesurer que malgré certains compromis, Joe Carnahan n’a jamais lâché prise sur son film : comme il le dit, « le but n’était pas de refaire la série, ni d’imposer à tout prix ma vision, mais simplement de réactualiser un concept, le remettre à notre époque pour le public tant d’aujourd’hui que de la série TV » : que dire de plus, sinon qu’à la seconde vision, « L’agence tous risques » se révèle, en tant que blockbuster d’action, encore meilleur que la première fois (malgré des scènes d’action parfois un peu « bordéliques » comme l’assaut final) et surtout, on y retrouve la « patte » de son réalisateur et ça, quand c’est de Joe Carnahan qu’on parle, c’est une très grande qualité.

Film : 9/10
Blu-ray : 2 versions : cinéma & longue : copies magnifiques, format d’origine 2.35, image 16/9ème comp. 4/3 - Bonus (vostf) : 10/10 : « Au cœur de l’action avec Joe Carnahan » : commentaire audio-vidéo uniquement sur version cinéma - documentaires sur les personnages, les plans d’action, les effets spéciaux - scènes coupées - bêtisier - bande-annonce.

St. THIELLEMENT



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