SF Mag
     
Directeur : Alain Pelosato
Sommaires des anciens Nos
  
       ABONNEMENT - BOUTIQUE - FAITES UN DON
Sfmag No104
103
E
n
 
K
i
o
s
q
u
e
s
RETOUR à L'ACCUEIL
BD   CINE   COUV.   DOSSIERS   DVD   E-BOOKS  
HORS SERIES    INTERVIEWS   JEUX   LIVRES  
NOUVELLES   TV   Zbis  
Encyclopédie de l'Imaginaire, plus de 13 000 articles
  Sommaire - DVD -  A - F -  Freddy les griffes de la nuit (A nightmare on Elm Street) - Edition Blu-ray (France)
"Freddy les griffes de la nuit (A nightmare on Elm Street) - Edition Blu-ray (France) "
de Samuel Bayer
 


Avec Jackie Earle Haley, Katie Cassidy, Rooney Mara, Thomas Dekker, Clancy Brown
Warner Home Vidéo

Parfois, il arrive qu’un film ayant laissé une (très) mauvaise impression lors de son passage sur les grands écrans, gagne en vidéo une seconde chance qui permette de réévaluer son potentiel. Et puisqu’on parle ici de remake, on trouvera dans ces cas « Vendredi 13 » de Marcus Nispel et... C’est tout. Parce qu’autrement, cette vague de remake de grands classiques, voir chefs-d’œuvre, s’est souvent soldée par des fours monumentaux : remember « Hitcher », « Prom night » (un classique, mauvais certes, mais un classique du slaher), « April fool’s day », et « The stepfather ». Même quand ils sont signés des scénaristes d’origine, leur relecture est loin d’être une bonne idée comme Everett DeRoche quand il fait le remake de son magnifique « Long week-end » (avec Jim Caviezel, réalisé par Jamie Blanks, avec de superbes images de la côte australienne et c’est tout !). Paradoxalement, les réussites existent, la plus surprenante ayant été celle de « Massacre à la tronçonneuse » de Marcus Nispel bien sûr. On trouve aussi « Amityville » de Andrew Douglas (faut dire que l’original est tellement ridicule aujourd’hui... Le seul épisode valable dans cette « saga » reste celui de Damiano Damiani, « Amityville 2 : le possédé », mais bon, ce n’est pas notre sujet du jour...), « Meurtres à la St Valentin », et tout ça en attendant ceux qui vont encore arriver. Et « Freddy les griffes de la nuit » dans tout ça ? Hé bien, sa nouvelle vision confirme la première : c’est un des pires remakes jamais faits !
Des adolescents vivant dans une banlieue américaine font tous le même cauchemar : un homme défiguré portant un gant avec des griffes les pourchasse. Jusqu’au moment où il en tue un en rêve et dans la réalité. Ses amis comprennent alors qu’il ya un danger à s’endormir, et qu’il faut tout faire pour rester éveillé. En même temps, Nancy, l’une des adolescentes persécutées par le psychopathe, va chercher à comprendre qui il est et pourquoi il s’attaque à eux...
Alors, dans les bonus, que ce soit le making-of ou le « Picture-In-Picture », producteurs et scénariste cherchent à nous convaincre qu’ils ont fait le remake du siècle : ils ont fait du neuf avec du vieux, ils ont changé le look de Freddy, ils ont cherché à lui construire son passé, ils ont fait tous ces changements pour relancer une nouvelle franchise te les fans vont adorer ! Non. Les fans n’ont pas adoré du tout. Si le film a marché, c’est avec un nouveau (jeune) public, c’est tout. Point par point, voilà ce qu’il en est : le nouveau look de Freddy est affreux, on dirait un des Félidés, ces créatures mi-félins, mi-humains de « La nuit déchirée ». Un look plus crédible de grand brûlé ? Quel intérêt : c’est un film fantastique ! Et quitte à changer Freddy, autant le faire jusqu’au bout, du pull rayé au feutre sur la tête ! Car là, un nouveau visage avec les fringues d’origine, ça ne le fait pas du tout. James Earle Haley n’est pas non plus un bon choix, il a du mal à faire oublier la personnalité si charismatique de Robert Englund, à la fois souriant et jovial, mais si inquiétant dès qu’on ne le regarde plus. Chercher à expliquer le passé de Freddy : mais pourquoi, toutes ces séquences annihilent le côté malsain du personnage, on sait ce qu’est un pédophile, pourquoi vouloir à tout prix nous montrer ce qu’il en était avant ? Les personnages sont tous des victimes potentielles, mal dans leur peau : justement, où est l’intérêt pour Freddy, lui qui jouissait littéralement d’extirper de leur cocon douillet tous ces adolescents insouciants et ignorants du terrible passé de leurs parents. Ne reste plus que le film, terne en lui-même, Samuel Bayer n’arrivant absolument jamais à susciter la moindre parcelle de peur. L’échec est total sur toute la ligne, et ce ne sont pas un making-of d’auto-persuasions de chacun, et de scènes coupées (le prologue avec Freddy Krueger à l’hôpital, allez hop, on continue dans le démonstratif primaire, où une fin alternative plus « expéditive » que l’actuelle, plus fantastique aussi, en cas de séquelle : épargnez-nous ça !) qui y changeront quelque chose. Seule consolation : la copie Blu-ray est simplement superbe, une bien maigre compensation pour un tel naufrage...

Note film : 1/10
Blu-ray : copie excellente, format d’origine 2.41, image 16/9ème - Bonus (vostf) : 3/10 : making-of - Picture-In-Picture - scènes coupées dont prologue et fin alternatifs.

St. THIELLEMENT



Retour au sommaire