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  Sommaire - DVD -  S à Z -  Suck (Id.) - Edition Blu-ray (France)
"Suck (Id.) - Edition Blu-ray (France)"
de Rob Stefaniuk
 


Avec Jessica Paré, Rob Stefaniuk, Malcolm McDowell, Alice Cooper, Iggy Pop, Moby, Henry Rollins, Chris Ratz.
Universal Vidéo

La parodie est en soi un genre déjà pas simple du tout : faire rire n’est pas un art donné à tout le monde. Et ce encore plus dans le fantastique, voir l’épouvante, puisqu’on doit provoquer l’absolue inversion de ce que suscite un film de ce genre en premier, à savoir l’inquiétude, voir la peur, limite la terreur. Les bons exemples se comptent sur les doigts d’une main comme « Frankenstein Junior » ou encore « Le bal des vampires ». Récemment, Jake West, plutôt tâcheron qu’autre chose, avait réussi à nous épater avec son très drôle et réussi (par rapport à ses précédents films, tous plus mauvais les uns que les autres) « Doghouse ». Aussi, découvrir directement en vidéo une parodie du film de vampires baignant dans le rock n’roll avec en guests-stars une pléiade de grands noms de la musique tels que Alice Cooper (qui n’en est pas à son premier essai, remember « Prince of darkness »...), Iggy Pop ou encore Moby, pouvait légitimement faire craindre du pire. Hé bien non, à la surprise générale, si « Suck » n’est pas le chef-d’œuvre du siècle, il s’avère être une agréable bonne surprise qui en plus arrive même à faire rire !
Les Winners est un groupe amateur de rock’n roll comme il en existe beaucoup au Canada, et ailleurs. Joey, leur leader, est convaincu de leur potentiel mais comment le faire exploser ? Tout va changer le soir où Jennifer, la chanteuse, va croiser le regard de braise d’un admirateur qui va l’emmener chez lui. Le lendemain, Jennifer est devenue une vampire, elle va à son tour déclencher l’hystérie chez des fans de plus en plus nombreux. Pour le groupe, leur vie va changer mais ils veulent à leur tour posséder le charisme ténébreux de Jennifer. Et Joey va se retrouver alors à la tête d’un groupe de vampires rockers, poursuivis en plus par un certain Eddie Van Helsing qui cherche à venger la mort de sa femme. Mais au final, est-ce si cool que ça d’être un vampire ?
Il ne faut pas s’attendre à un monument de la parodie du genre, mais à l’inverse, là où on pensait trouver une sinistre série Z comme on pouvait le craindre (plus que légitimement, personne ne parle du film, pas de passage en festival, une renommée des plus modérées...), « Suck » parvient à réussir le pari difficile de gagner un capital sympathie dû pour l’essentiel à des personnages tous plus ringards les uns que les autres. Que ce soit Joey, leader qui se la joue professionnel mais qui reste plus minable qu’autre chose, les fans plus que timbrés, un Van Helsing teigneux comme la gale, j’en passe et des meilleures, l’ensemble suscite pas mal de rires. Jamais prétentieux (le « road trip » en pâte à modeler en est la meilleure preuve), assez référentiel ne serait-ce que par ses invités de marque qui prennent un plaisir évident à se trouver là, « Suck » réussit en outre quelques gags réellement tordants comme celui où Hugo, le garçon à tout faire du groupe, devient un peu le Renfield de Jennifer, nettoyant les scènes sanglantes, s’en mettant plein les mains, et cherchant à tout prix à bouffer des mouches ! Jusqu’au bout, le film garde cette ligne de conduite sans pour autant la dépasser, ce qui n’en fait qu’une sympathique petite parodie et non pas la nouvelle référence du genre. Point positif, on a droit à une édition Blu-ray bienvenue car tout ce qui est nocturne y gagne en profondeur et en détails, sans faire baver certaines lumières rouges sanguines... Et en bonus, un seul module mais conséquent : un long making-of qui retranscrit bien le plaisir partagé par tous pour signer quelque chose de simple et efficace dans le genre, combiné en plus à un apport non négligeable du rock’n roll. Ce qui achève de faire de cette édition Blu-ray une très bonne surprise : une série B fantastique inédite qu’il ne fau surtout pas jeter dans le même panier que bien d’autres inédits qui devraient rester au fond du placard, que ce soit en DVD ou Blu-ray !

Note film : 6/10
Blu-ray : copie excellente, format d’origine 1.85, image 16/9ème - Bonus (vostf) : 7/10 : documentaire sur les coulisses du tournage (45 mn).

St. THIELLEMENT



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