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  Sommaire - BD -  The Authority : Revolution

"The Authority : Revolution " de Ed Brubaker & Dustin Nguyen


- T’es là pour protéger le XXI° siècle et aussi puissante que tu sois t’as tellement peu de chances de réussir que c’en est même pas drôle. Tu vois c’est là que l’humanité va devenir assez bête et assez compétente pour s’effacer totalement du temps et de l’Histoire

Les sphères dirigeantes des USA avaient l’habitude de maltraiter la planète et d’attaquer des pays étrangers sous divers prétextes. Les protestations n’y faisaient rien. Mais la décision de s’en prendre une fois de plus à l’équipe de super-héros d’Authority a été l’initiative de trop.
Aussi Authority a renversé le gouvernement corrompu des Etats-Unis, dirigeant ainsi la première puissance industrielle mondiale. Accessoirement Jack Hawksmoor devenu président apprécie le confort du bureau ovale. En compagnie de son amie l’Ingénieur il peut y pratiquer des actes courants durant les mandats de Kennedy et de Clinton ( impliquant une certaine Marilyn Monroe et une dénommée Monica Levinsky).
Cependant certaines de ses décisions ( légalisation du cannabis, développement des biocarburants) choquent l’Amérique bien-pensante et les intérêts industriels. De plus le Docteur a fondé sa propre religion shamanique ce qui entre en contradiction avec le principe de la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Tout se complique lorsque le Midnighter fait un voyage dans le futur et découvre une utopie fasciste issue d’Authority.
Dans le présent l’opposition se manifeste par une attaque générale de super-êtres : Paul Revere et les Enfants de la liberté. Un témoin trouve qu’ils lui rappellent quelque chose. C’est doublement le cas. Ces super-héros vétérans de la seconde guerre mondiale réapparaissent jeunes et dotés de super-pouvoirs améliorés. Mais les connaisseurs de la production de DC Comics reconnaîtront une copie de l’équipe des Freddoms Fighters :
- Paul Revere (Uncle Sam)
- Dame Amérique (Phantom Lady)
- Johnny Rocketman (The Ray)
- Dyna-minus (Doll Man)
- Nucléon (The Human Bomb)
Les dommages collatéraux causés par ces opposants à Authority génèrent une contestation et des émeutes. Alors que les héros se retirent du pouvoir ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre se réjouissent tout en évoquant leurs succès passés :
- On a fait tomber un paquet d’immeubles,... la différence c’est que personne n’a su que c’était nous qui l’avions fait. (1)
Mais le plus grand organisateur du complot (ah chapeau, il fallait y penser !) fait preuve de pragmatisme plutôt que de cupidité. Il est possible d’utiliser le capitalisme pour améliorer la situation écologique de la planète. De plus utiliser un carburant non polluant réduit la dépendance de l’Amérique vis à vis du pétrole étranger et également les dépenses militaires pour s’approprier les champs de pétrole (2).
La séparation de l’équipe d’Authority pousse le Midnighter à jouer les super-héros solitaires (après tout il est inspiré de Batman). Mais de ce fait Apollo l’autre membre du couple gay se retrouve dans la position de père célibataire, devant élever seul la petite Jennifer Quantum l’esprit du XXI° siècle.
Il faut convenir qu’Authority a échoué. C’est alors que la petite Jenny est confrontée à une adolescente rebelle, clope au bec et langage de charretier prénommée Jenny. Sa version du futur est venue la convier à une réunion des différentes Jenny qui ont accompagné l’humanité au cours de son Histoire.
Dans la Ville Infinie, contrepartie du Jardin de la mémoire ancestrale pour les Docteurs, les anciennes incarnations de Jenny Quantum vivent retirées de notre univers. On y trouve Jenny Stone (néanderthalienne), Jenny Fire ( cro-magnon), Jenny Ra (l’Egyptienne), Jenny Crusade (au look Jane d’Arc), Jenny Plague ("peste"), Jenny Inquisition, Jenny Revolution, Jenny Steam et bien entendu Jenny Sparks l’esprit du XX° siècle.
Jenny Quantum apprend bien des choses y compris sur la vie privée des Jenny. D’autant que cela fait plusieurs siècles qu’elles sont privées d’homme. La solution passe donc par...Comprenant quel est le sujet de la conversation la petite Jenny Quantum se bouche les oreilles....trop tard.
Bon, passons aux choses sérieuses. L’équipe d’Authority étant dispersée et démoralisée, il faut que quelqu’un prenne les choses en main et l’esprit du XXI° siècle en a bien l’intention.
Cette saga présente les limites de l’intervention des super-héros dans le cadre de la géopolitique, de l’économie et de la lutte pour l’environnement. Elle donnera lieu à une modification profonde de l’équipe Authority et surtout avec un nouveau leader totalement inattendu.
C’est le retour du combat désespéré et spectaculaire contre les forces du mal. Notons que l’affrontement Midnighter / Apollo rappelle celui entre les deux modèles Batman et Superman dans Dark Knight de Frank Miller.
Mais le plus spirituel est l’intervention d’un shaman de 16 ans qui ramène de justesse des portes de la mort la super-héroïne tibétaine Swift, alors que celle-ci avait acceptée son destin qui impliquait une prochaine réincarnation. Il lui tient aussitôt un discours instructif, qui au passage démontre qu’il ne partage pas les gouts de Midnighter et d’Apollo :
- Tu es bouddhiste...tes réponses t’auraient ramenés ici, mais sous une autre forme. Et cette forme est vraiment remarquable...

(1) si ce n’est pas une allusion au 11 septembre 2001...
(2) si ce n’est pas une allusion à la Guerre du Golfe...

Damien Dhondt

Scénario : Ed Brubaker, Dessin : Dustin Nguyen, Couleurs : Randy Mayor, WildStorm FX, Wendy Broome, Design : Larry Berry_ The Authority : Revolution tomes 1 & 2 _ The Autority Revolution 1 à 12 _ Traduction : Jérémy Manesse, Lettrage : Alessandro Benedetti _ Edition : Panini, collection : 100% Wildstorm _mars et septembre 2009 _ Inédit, moyen format, 144 pages couleurs _ 10 euros



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