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  Sommaire - Livres -  S - Z -  La prophetie des anges tome I une terre nouvelle



"La prophetie des anges tome I une terre nouvelle"
de
Guillaume Van Meerbeeck

Editeur :
Sekhmet (29 mars 2004)
 

"La prophetie des anges tome I une terre nouvelle"
de Guillaume Van Meerbeeck


Un jour, ailleurs, autrefois, un adolescent décida de quitter son quotidien pour à travers la forêt des grands mythes suivre les traces de son maître Garon. Bifurcation d’une éxistence, embrasement d’un être alors en son passage de l’adolescence à l’âge adulte. la prophétie des anges est une odyssé atypique, à des kilomètres de ce que l’on peut lire d’habitude. Car tout en brassant les territoires connus de la high fantasy Van Meerbeeck y insère de grandes réfléxions et digressions, où l’aventure est la porte ouverte à une quête intérieure.


Se souvenir des belles choses est parfois se souvenir des épreuves qui ont maturé un esprit, ouvert un enfant au monde cruel des adultes. Or Guillaume Van Meerbeeck s’est amusé au roman d’apprentissage par le biais d’une fantasy des plus originales. Sans prétentions ni but réel avoué, La Prophétie des anges commence par l’évocation du quotidien d’un adolescent en un lieu inconnu de notre géographie ; de cet univers pastoral l’auteur nous dresse des portraits concis et pleins de douceur.

Chaque personnage semble être doté de sa propre aura, d’une lumière mordorée qu’on devine sous les mots du quotidien et les évocations du passé. Guillaume Van Meerbeeck va alors égrener subtilement les contours d’un autre temps, tout en nuance, sans déscriptions trop pesantes, avec cette justesse qui caractérise les écrivains soucieux de retenir l’attention sur les personnages, mais aussi et surtout sur ces échanges de sentiments, ces évocations du passé, sur la survivance.

L’intrigue s’étoffe au fil des phrases justes et pesées et installent le pathos des personnages et les drames d’un monde qui s’il semble quelque peu idéal n’en comporte pas moins des maléfices en ses limites. Car le mal est abordé par l’auteur comme une réelle présence et une menace, celle là même qui à tout instant peu s’emparer de la vie, la malmener ou l’éliminer. Ainsi le jeune héros (il n’a pas de nom, une volonté de l’auteur pour renforcer l’identification des lecteur à un personnage plus universel) , brave l’interdit de son maître et quitte le village pour s’enfoncer dans une vaste forêt. Pris d’un soudain pressentiment, le sage a décidé de rejoindre sa femme qui est parti en des lieux sacrés pour accoucher. Le jeune adolescent et le sage vont par la brutale intrusion du mal dans leur vie se voir propulser sur les chemins de la grande aventure.

La créature qui a massacré leurs proches semble s’être emparée de l’enfant survivant du maître Garon. Le jeune homme décide de partir avec lui. Occurences des destins qui semblent converger vers un devenir commun, la geste de ces deux personnages s’orientera vers une odyssée de la maturité pour l’un et vers la mort peut-être pour l’autre.

L’admirable talent de l’auteur est d’avoir réussi le jeu d’un Coleho en empruntant le chemin de la high fantasy ; Car ne nous trompons pas, il s’agit d’un récit double. D’une part nous avons un grand roman d’aventures fantastiques où les rencontres et confrontations sont autant de processus alternatifs pour toucher au but caché. D’autre part nous avons un récit qui pourrait sembler n’être qu’une hallucination spéculaire, les épreuves et affrontements face aux archétypes bibliques et anthropomorphiques étant des procédés à caractère didactique. C’est que chaque chapitre est terminé par une sorte de leçon de sagesse où le jeune adolescent anonyme interroge son maître et la leçon de chose de se déployer comme une interlude nécéssaire pour mieux accompagner la quête. La Prophétie des anges est en outre un récit à deux histoires. Ainsi, parallèlement à la quête des deux personnages on suit le périple de Jawïn poursuivit pas des hordes Goblins et qui va également connaître des épreuves.

Au cours de la lecture on pense savoir que ces destins se croiseront sous le même ciel étoilé pour nous emmener vers des ailleurs encore plus hallucinants accompagnés de la voix du maître, touchante et juste. Car au-dessus des infamies du monde il y a ce repère narratif du sage qui n’est pas sans évoquer Gandalf pour sa sagesse pleine de retenue ponctuée de colère, et Yoda pour cette innocence et cette faculté de croire au-delà des apparences et permettre ainsi le passage et l’illumination du jeune adolescent en demande de sagesse.

Guillaume Van Meerbeeck suit la voix jadis ouverte par Jung, et s’il s’y perd c’est pour mieux réactiver les archétypes de l’inconscient colléctif (Mammon, etc...) .
Images symboliques à valeur universelle, concentrations d’énergies pures elles ont pour vertue de revivifier l’esprit des lecteurs. Mais dépassant l’assimilation à toute topique psychanalythique, La Prophétie des anges renvoie à une zone de l’esprit qu’on pourrait qualifier de préconsciente, où les images seraient récupérées et transformées par la conscience. Donc, suivre cette aventure bien plus intime qu’on le pense, ce serait un peu partager ce processus de transformation/création qui par la production d’images primitives est à même d’apporter aux lecteurs une certaine énergie que les leçons du magicien en fin de chapitre synthétisent à merveille. Un très beau texte servit dans une langue universelle. Superbe couverture de Marc Schirmeyer.

La Prophétie des anges est le premier volet d’une somptueuse trilogie avec des personnages attachants et des réflexions pleines d’une haute sagesse.
Mais la Prophétie des anges est aussi la résultante d’une autre aventure au sein de la grande famille constituée par le site de Anice-fiction, un site pour écrivains débutants, un havre de paix et d’édification qui a vu toute l’évolution de Guillaume Van Meerbeeck de l’enfance de son récit jusqu’à la maturation et la naissance d’une étoile qui est allé rejoindre la constellation des bienheureux. Merci Anice......

http://www.anice-fiction.com






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