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  Sommaire - DVD -  A - F -  Five minutes of heaven (id.) - Edition zone 2 - Inédit
"Five minutes of heaven (id.) - Edition zone 2 - Inédit "
de Oliver Hirschbiegel
 


Avec Liam Neeson, James Nesbitt, Anamaria Marinca, Gerry Doherty.
FPE Vidéo

Un inédit qui donnait envie : un casting de haut niveau avec Liam Neeson qu’on ne présente plus et James Nesbitt (le gars qu’on reconnaît visuellement mais qu’on sait jamais comment qu’il s’appelle et où qu’on l’a vu avant !), vu dans « Bloody Sunday » de Paul Greengrass pour ne citer que son titre le plus célèbre, le reste étant un nombre impressionnant de productions télévisuelles et cinématographiques britanniques dont émergent quand même « Match point » de Woody Allen (il était le flic dans ce pseudo polar passionnel, enfin dans ce Woody Allen quoi, donc pour le polar et le passionnel, c’est carrément surestimé...), un cinéaste allemand devenu célèbre avec son film sur les derniers jours de Hitler, « La chute », qui signa ensuite une nouvelle version du roman de Jack Finney (qu’on ne citera pas, tout le monde connait... Surtout en SF !), « Invasion », sur lequel il fut remercié avant la fin, le film étant retourné en partie par James McTeigue (« V pour Vendetta ») et au final, c’est pas mal du tout mais bon. Et enfin, un sujet qui interpelle, lié au terrorisme irlandais. Le résultat n’est pas inintéressant mais le traitement cinématographique n’était peut-être pas le meilleur au vu du sujet.
Il y a vingt-cinq ans, Alistair Little était un adolescent qui voulait avoir la reconnaissance de ses ainés, ceux qui officiaient pour l’IRA au travers d’actions terroristes et d’exécutions implacables de tout ennemi à leur cause. Ce jour-là, Alistair et ses amis décidèrent de tuer un homme qui avait simplement énoncé des idées contraires. Quand ils passèrent à l’acte et tuèrent Jimmy Griffin, son jeune frère Joe se trouvait dehors. Alistair était masqué mais leurs regards se croisèrent avant le massacre. Aujourd’hui, Alistair est un repenti, il prône la non-violence. Une chaine de télévision organise alors une rencontre entre lui et Joe Griffin. Pour ce dernier, l’heure de la vengeance a sonné, l’acte qui selon lui arrangera tout. Pour Alistair, c’est enfin l’occasion de demander et exprimer un pardon, des regrets, une honte qui lui permettront de vivre, chose qu’il ne fait plus depuis cette terrible nuit.
Sujet ambitieux, mais traitement cinématographique qui n’est pas le meilleur. Au théâtre, « Five minutes of heaven » pouvait aisément se monter. Tout le début du film repose sur l’obsession de Joe (James Nesbitt) qui sait ce que fait actuellement Alistair Little, à savoir des conférences sur la non-violence, la recherche d’explications à des actes terroristes qui n’étaient pas nécessaires, et des erreurs de jeunesse liées à la recherche d’une gloire idiote. Pour Joe, Alistair mène la belle vie, se sert de son passé de criminel pour s’enrichir. La réalité est toute autre, Little vivant chaque jour comme un cauchemar éveillé. Pour ces deux hommes à la vie brisée depuis cette nuit de mort, une confrontation s’impose pour mieux vivre le présent. Le film dépeint donc leurs états d’âme, leur quotidien, jusqu’au moment où ils se rencontrent et qu’Alistair démontre à Joe l’absurdité de ses actes passés mais aussi la nécessité pour Joe de vivre le présent du mieux qu’il peut, en ayant conscience de la chance d’avoir une famille, chose que Little risque de ne jamais connaitre, prix à payer pour son meurtre. Tout cela tourne donc autour de ces deux hommes, où on commence par le portrait de l’un, puis de l’autre, puis de leur confrontation qui n’aura pas lieu comme le souhaitait une télévision opportuniste mais qui indirectement aidera enfin à crever l’abcès et à tenter de cicatriser les blessures du passé. Ils se rencontreront en tête à tête, pour une vengeance et un pardon, qui aboutira à une rédemption et un retour à la vie. Sauf que, encore une fois, à part les vingt dernières minutes, tout cela manque d’intensité, donnant l’impression d’assister à une répétition de pièce de théâtre. En d’autres mains, un Sidney Lumet de la grande époque (bien que son dernier soit un petit bijou...) par exemple, « Five minutes of heaven » aurait pu être un grand film, au suspense psychologique implacable, une blessure qu’on n’arriverait pas à cicatriser. Sous la direction de Oliver Hirschbiegel, c’est un huis-clos qui n’en est pas un, un drame qui ne parvient pas à susciter d’émotions, un film qui tient plus d’une (fausse) pièce de théâtre, servie et sauvée par un duo d’excellents acteurs. Question bonus, n’espérez rien, il n’y a rien.

Note film : 5/10
DVD : copie excellente, format d’origine 1.85, image 16/9ème - Bonus : 0/10 : nada, le vide.

St. THIELLEMENT



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