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  Sommaire - DVD -  A - F -  Esther (Orphan) - Edition Blu-ray (France)
"Esther (Orphan) - Edition Blu-ray (France) "
de Jaume Collet-Serra
 


Avec Peter Saarsgaard, Vera Farmiga, Isabelle Fuhrman, Aryana Engineer, CCH Pounder, Jimmy Bennett
Warner Home Vidéo

Revoir un film d’épouvante dont la fin est une des meilleures « chutes » révélatrices qu’on ai vu depuis longtemps, peut s’avérer risqué dans le sens où la surprise n’étant plus de mise, difficile parfois de trouver un nouvel intérêt. Mais dans le cas où cela s’avère faux, à savoir qu’on arrive encore à être pris au dépourvu ou, mieux, à tenir jusqu’au bout sans faiblir, cela prouve simplement qu’on est face à un très bon représentant du genre, donc que le film est vraiment réussi et ne repose pas simplement sur son coup de théâtre. « Esher » fait partie de cette famille. Après « La maison de cire », le jeune cinéaste Jaume Collet-Serra démontre d’excellentes aptitudes dans l’art de faire peur, domaine qui lui réussit mieux que de filmer un ballon de foot (avec « Goal 2 », à oublier !) et son « Esther » fait partie aujourd’hui des films qu’on citera souvent en référence.
Déjà parents de deux enfants, Kate et John décident d’adopter un enfant, suite au tragique décès de celui qui devait être leur troisième. A l’orphelinat où ils se rendent, ils découvrent des enfants cherchant de nouveaux parents et parmi eux, Esther, petite fille de onze ans, qui les attirent plus que les autres. Une fois chez eux, Esther fait connaissance de son demi-frère Daniel et de Max, sa demi-sœur muette. Mais très vite, de petits incidents surviennent, laissant à penser à Kate qu’Esther cache dans son passé d’orpheline un très, très lourd secret.
Enfant diabolique, maléfique, psychopathe, le cinéma d’épouvante nous en a servi pour le meilleur (« La malédiction », l’original, hein, pas l’affreux remake avec son gamin à talocher !) et pour le pire (style « Les tueurs de l’éclipse », pas terrible à la revoyure !) depuis bien longtemps. Récemment, on eu droit au cliniquement froid « Joshua » (dans lequel jouait déjà Vera Farmiga, la mère des enfants ici !), mais il est vrai que le sujet fait peur aux financiers et avant de s’y lancer, il vaut mieux avoir un scénario béton, ce que reconnait Joel Silver dans un des bonus de cette édition. Si « Esther » fonctionne, c’est grâce à un scénario riche, qui s’attarde sur chaque protagoniste, qui prend le temps de présenter son héroïne, bref qui nous installe confortablement avant de nous asséner les chocs et les terreurs qui aboutiront à un final d’une grande sauvagerie et surtout impitoyable, point déjà démontré par Collet-Serra dans « La maison de cire », souvenez vous de la lente agonie des victimes recouverts de cire... Ensuite, une réelle atmosphère imprègne tout le film de façon insidieuse, contribuant à renforcer le malaise qui va croissant. Jaume Collet-Serra ne fait pas de concessions, la gamine sourde-muette (et qui l’est en vrai) est prodigieuse, l’inquiétude surgit dès le début, avant de céder la place à de la pure terreur. En l’état, « Esther » est bel et bien un des meilleurs films du genre, qui frôle la perfection. Et par les temps qui courent, et pour les fans, c’est un spectacle qui par son sérieux, son ambition, fait beaucoup de bien à voir. L’édition Blu-ray s’avère excellente, visuellement restituant parfaitement les teintes hivernales propices à accentuer l’ambiance glaciale du film. Niveau bonus, l’édition Blu-ray propose un petit documentaire où créateurs du film et autres personnalités spécialistes du genre reviennent sur les enfants « maléfiques » de toutes sortes du cinéma. Et tout le monde tombe d’accord sur les bonnes références (« La malédiction », « Le village des damnés », etc...), allant même jusqu’à citer des œuvres plus anciennes telles que « La mauvaise graine » qui fait doucement rire aujourd’hui. Autre bonus d’intérêt en plus d’un making-of purement commercial mais pas inintéressant, les scènes coupées incluant une fin certainement initiale mais qui ne satisfit pas la production et les sneak-previews. En même temps, elle n’était pas dans la logique du personnage d’Esther, donc l’actuelle est vraiment la plus adéquate. Voilà, vous savez tout, le film est excellent, l’édition Blu-ray est techniquement nickel, et les bonus sont certes courts mais proposent vraiment de la matière. Mais le plus important, c’est que pour tout amateur du genre, « Esther » aura sa place dans la vidéothèque, juste à côté du précédent premier excellent shocker de Jaume Collet-Serra, l’effrayant « Maison de cire ».

Note film : 9/10
Blu-ray : copie magnifique, format d’origine 1.85, image 16/9ème - Bonus : 6/10 : making-of, scènes coupées dont fin alternative, documentaire (uniquement sur Blu-ray) : Petits diables et mauvaises graines.

St. THIELLEMENT



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