SF Mag
     
Directeur : Alain Pelosato
Sommaires des anciens Nos
  
       ABONNEMENT - BOUTIQUE - FAITES UN DON
Sfmag No105
105
E
n
 
K
i
o
s
q
u
e
s
RETOUR à L'ACCUEIL
BD   CINE   COUV.   DOSSIERS   DVD   E-BOOKS  
HORS SERIES    INTERVIEWS   JEUX   LIVRES  
NOUVELLES   TV   Zbis  
Encyclopédie de l'Imaginaire, plus de 13 000 articles
  Sommaire - DVD -  M - R -  Midnight meat train (Id.) - Edition Blu-ray (France)
"Midnight meat train (Id.) - Edition Blu-ray (France) "
de Ryuhei Kitamura
 


Avec Bradley Cooper, Leslie Bibb, Brooke Shields, Vinnie Jones
Metropolitan Vidéo

Avoriaz 1988, il y a vingt-deux ans déjà... L’année qui vit la victoire de « Hidden », mais surtout la découverte de « Hellraiser », le premier film réalisé par l’écrivain britannique Clive Barker, celui dont Stephen King dit en découvrant les « Livres de sang », ses recueils de nouvelles en six volumes, « qu’il avait vu le futur de l’horreur et son nom est Clive Barker ». Dans le documentaire qui lui est consacré, Barker revient sur cette citation de King, qui lui donna un monumental coup de pouce pour sa carrière. Laquelle au cinéma vit l’adaptation de deux de ses histoires, « Underworld » (non, pas celui avec Kate Beckinsale, mais une mauvaise série Z sortie chez nous sous le titre « Transmutations ») et « Rawhead Rex » et son monstre de la lande, sorte de gros phacochère humain. Dégouté, Barker décida alors de s’y mettre personnellement et cela donna « Hellraiser », classique de l’horreur britannique qui rajeunit pas mal le genre à l’époque : putride, sadique, vénéneux, sensuel, gore. J’ai du oublié un ou deux autres adjectifs. Bref, ce fut la baffe, et comble de bonheur, Barker était là, tout jeune, style étudiant en jeans et baskets. Aujourd’hui, Clive Barker a physiquement changé, il est baraqué comme Stallone et a un faciès limite Stallonien aussi... Il vit à Los Angeles, il a signé deux autres films après « Hellraiser », les excellents « Cabal » et son chef-d’œuvre, « Lord of illusions », tous deux massacrés par leurs distributeurs, visible pour le dernier en version longue uniquement sur en DVD zone 1 (sous-titré français). De nouveau dégouté, Barker s’adonne uniquement à la peinture, à l’écriture encore (son « Coldheart canyon » est simplement superbe, c’est son dernier grand roman et il date déjà de 2000...) et il produit. Avec plus ou moins de bonheur. « Midnight meat train » regroupe les deux : il s’agit sans nul doute ici d’une de ses meilleures adaptations au cinéma, mais le film fut massacré par son distributeur américain qui torpilla sa sortie en salles, en le coupant aussi sauvagement. La version vidéo disponible aujourd’hui est la version « director’s cut » quasi intégrale, avec près de vingt minutes supplémentaires par rapport au film sorti au cinéma. Derrière la caméra, Ryuhei Kitamura, rendu célèbre avec son surestimé et limite insupportable aujourd’hui « Versus », Kitamura qui est fan de Barker depuis vingt ans, et qui signe ici son meilleur film, son chef-d’œuvre. Et avant de se lancer à fond dans le film, la copie Blu-ray est simplement superbe. Allez, c’est parti...
Leon est photographe, il cherche le cliché qui ferait de lui l’artiste du moment, reconnu et inédit. Quand la propriétaire d’une grande galerie s’intéresse à son travail, elle lui demande d’aller plus loin dans sa quête de photos chocs, témoignages du quotidien dans ce qu’il y a de plus noir et violent. Un soir, Leon ressort de chez lui. Il tombe alors sur une agression. Et assiste aux derniers instants de vie d’une jeune fille avant qu’elle ne rentre dans le métro et y disparaisse. Le lendemain, il repart vers ce métro et en faisant le guet, il voit arriver un homme étrange, bien habillé, portant une lourde sacoche. En le suivant, Leon va plonger dans une horreur indescriptible, devenant le témoin des massacres orchestrés par le « boucher » dans le dernier métro de la nuit. A partir de ce moment, Leon ne sera plus jamais en sécurité, ni lui, ni celle qu’il aime et l’ultime découverte qu’il fera sera le pire de ses cauchemars.
Si avec ça, vous n’êtes pas aguichés... Adapté d’une nouvelle des « Livres de sang », « Midnight meat train » possède la grande intelligence de ne pas coller au texte mais de bel et bien s’adapter pour une nouvelle vision sur grand écran. Le résultat est simplement un des meilleurs films d’horreur vus depuis longtemps, intelligent, riche en révélations amenant progressivement vers une fin apocalyptique, prenant le temps d’une mise en place des personnages dominés par ce photographe trop curieux (interprété par Bradley Cooper, devenu célèbre depuis en étant un des trois larrons de « Very bad trip »), parsemées de fulgurantes séquences d’horreur traumatisantes car menées par un monolithique quidam, boucher de jour comme de nuit mais pas avec la même viande, campé par un Vinnie Jones simplement époustouflant et terrifiant. Mais au-delà de tout ça, il y a la vision d’un cinéaste qui ne se contente pas d’aligner le gore à tout va, mais qui soigne ses éclairages, ses cadrages, son rythme, ses plans, pour donner au film d’horreur une patine, une identité inédite et rare. L’ensemble constitue le meilleur du genre, vu sous un angle différent, en même temps passionné et véritablement artiste, un point de vue qui a séduit le producteur Clive Barker qui y retrouve certainement ses inspirations picturales. Le support Blu-ray offre en plus au film le meilleur écrin qu’on puisse rêver, la copie est magnifique, restituant parfaitement la complexité de la réalisation au travers des teintes à la fois froides et violentes voulues par Kitamura (magnifique travail du chef-op’). Quant aux bonus, outre les documentaires sur le film, pas vraiment de making-of mais très intéressants quand même, et le portrait « cash » de l’actuel Clive Barker, prenez le temps d’écouter le commentaire audio, sous-titré français, pour découvrir la passion des deux artistes, leur grande collaboration qui déboucha sur ce chef-d’œuvre du genre, et surtout les dessous du sabordage de la carrière commerciale du film. Et après tout ça, vous rangerez en très bonne place « Midnight meat train » dans votre Bluraythèque, celle accordée aux grands films doublés d’une excellente édition.

Film : 10/10
Blu-ray : copie magnifique, format d’origine 2.35, image 16/9ème - Bonus (vostf) : 10/10 : documentaires : Autopsie d’un massacre (9 mn) - Les outils du tueur (5 mn) - Clive Barker, l’homme derrière le myhte (15 mn) - commentaire audio de Clive Barker et Ryuhei Kitamura - bandes-annonces.

St. THIELLEMENT



Retour au sommaire