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  Sommaire - DVD -  M - R -  Meurtres à la St Valentin (My Bloody Valentine) - Edition Blu-ray (France)
"Meurtres à la St Valentin (My Bloody Valentine) - Edition Blu-ray (France) "
de Patrick Lussier
 


Avec Tom Atkins, Kevin Tighe, Jensen Ackles, Jaime King, Kerr Smith .
Metropolitan Vidéo

Un remake d’un « slasher » (pour la énième fois : film d’horreur où un psychopathe, un psycho-killer selon le langage du genre, souvent masqué, massacre à qui mieux mieux et avec le plus de sang possible, des adolescents fornicateurs ou de simples quidams qui passaient par là...) : deux mots qui peuvent faire fuir. D’abord « remake » : la grande mode, on refait tout, pour le pire (« Fog », « Le bal de l’horreur », déjà que l’original n’était pas terrible, ils ont réussi à faire pire !) et heureusement le meilleur aussi (« La colline a des yeux », l’original n’est plus qu’un titre dans la filmographie de Wes Craven !) et ce n’est pas fini : « The stepfather » va bientôt débouler (moyen, largement inférieur à l’original, mais ce n’est pas non plus une catastrophe), « Sorority row », « Mother’s day » avec Rebecca DeMornay en vieille peau acariâtre mère de deux rejetons tarés de chez tarés, etc... L’autre mot, c’est « slasher » : le mètre étalon, c’est « Halloween » de John Carpenter (on oublie le remake, tiens, au passage !), le plus connu c’est « Vendredi 13 » (remake acceptable) : le « slasher » est un sous-genre souvent mal servi mais qui s’est refait une santé cette année via la Scandinavie et trois films : « Manhunt » et surtout les deux « Cold prey » (qui sortent enfin en vidéo chez nous début Janvier, même en Blu-ray !) qui constituent le meilleur du genre vu depuis longtemps. Au milieu de tout ça, « Meurtres à la St Valentin », remake d’un « slasher » des années 80 qui fut coupé à l’époque mais qui est aujourd’hui disponible en version intégrale pour un résultat guère meilleur : réalisation banale, acteurs qui jouent comme des pieds, et scénario assez débile. En faire un remake peut s’avérer curieux, le film n’étant pas le must du genre, mais pourquoi pas, ça ne pouvait pas être pire (bien que « Le bal de l’horreur »...) ! Et c’est effectivement ce qui s’avère être : outre l’apport du gadget 3D, le film se révèle plus concis, mieux écrit, un tantinet plus intelligent, et mieux réalisé même si Lussier n’est pas un orfèvre (on lui doit plein de séquelles pourries telles que « Prophecy 3 », « Dracula 2000 » et ses suites, « White noise 2 »), tout en signant ici simplement son meilleur film.
Harmony, petite ville minière de la côte est des USA a vécu dix ans auparavant une tragédie effroyable : suite à un éboulement dans la mine, Harry Warden est devenu fou et a massacré une dizaine de personnes. Aujourd’hui, Tom Hanniger revient dans sa ville, affronter l’animosité des villageois qui lui reprochent le drame passé. Et bientôt, les morts recommencent, et beaucoup disent avoir vu un mineur avec son attirail errer à proximité. Harry Warden, laissé pour mort il y a dix ans, serait-il revenu ?
OK, pour commencer, vous avez le choix de la version plate ou la version 3D. Sachant que pour cette dernière ce ne sera pas le même confort qu’au cinéma avec les lunettes dernier cri, mais avec la bonne vieille paire toujours pareille que quand la télévision diffusa « La créature du lac noir » à la TV il y a plus de vingt ans, celle en carton ! Donc, inutile de dire qu’au bout d’un bon tiers du film, on repasse en version plate. Bon, en plus, le 3D n’a rien d’extraordinaire, toujours à base de trucs volant vers la caméra ou de gros plans d’objets pointus. Dans le cas présent, pêle-mêle, on a un œil au bout d’une pioche, une pioche qui vient vers vous, une mâchoire arrachée qui vole vers vous, etc... Catalogue lambda d’effets en 3D assurés, sauvés par des meurtres originaux (la mâchoire arrachée, pas mal !) et un scénario qui se tient, ce qui ne fut pas le cas de l’exécrable « Destination finale 4 » puisque lui aussi bénéficiait du 3D. Donc, le scénario se révèle même à la seconde vision plus « riche » (toutes proportions gardées, hein, on est en présence d’un « slasher » de base !) que bien d’autres, plus palpitant et mieux servi en tout cas que son original. Le cadre de l’action participe à l’ambiance, petite ville américaine industrielle dont l’économie est liée à l’exploitation de la mine, où si on se s’en sort pas tôt, on y reste jusqu’à sa mort. Autre point positif de ce remake, une interprétation tout de même largement meilleure que celle d’il y a vingt ans. On obtient alors au final un « slasher » certes conventionnel mais qui a le mérite d’être soigné tant sur son scénario que sur ses aspects techniques. Bon, ça ne révolutionne rien, c’est vrai (à l’inverse des excellents « Cold prey », rappelez-vous, en Janvier, patience...) mais au moins, on n’est pas lésé sur la marchandise (ça change de « Prom night » ») et en soi, au vu du genre, c’est déjà un énorme atout. De plus, on a la chance d’avoir une édition Blu-ray bienvenue car mettant en valeur les très belles qualités visuelles du film, au passage plus vives en 2D qu’en 3D. En bonus, le making-of permettra de voir à quoi ressemble Patrick Lussier et de savoir que le film a vraiment été tourné dans une vraie mine, et comme tout tourne autour de ça, chacun s’auto-congratulant du courage de tourner dans de telles conditions (les pauvres !...), ben on n’en saura pas plus sur le reste ! A retenir encore une « surprise » bizarre, les essais de Tom Atkins, des scènes coupées incluant une fin alternative qui aurait pu être retenue, et le reste, très promotionnel, rien de mirobolant. Tout ça pour un bon remake, un bon « slasher » que tout amateur pourra conserver, « Meurtres à la St Valentin » devenant cette fois-ci un bon titre dans le genre.

Note film : 6/10
Blu-ray : copie magnifique, format d’origine 1.85, image 16/9ème - Bonus (vostf) : 4/10 : commentaires audio du réalisateur et du co-scénariste - scènes coupées dont fin alternative - making-of - effets spéciaux - bêtisier & séquence surprise.

St. THIELLEMENT



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