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  Sommaire - DVD -  G - L -  L’échange (Changeling) - Edition Blu-ray (France)
"L’échange (Changeling) - Edition Blu-ray (France) "
de Clint Eastwood
 


Avec Angelina Jolie, John Malkovich, Colm Feore, Jeffrey Donovan
Universal Vidéo

Clint Eastwood, 79 ans cette année (depuis le 31 Mai exactement), le dernier des géants, un monument du Septième Art, signe en un an deux chefs-d’œuvre : « Gran Torino » et « L’échange ». Les deux sortent maintenant en DVD et Blu-ray, on va commencer par le plus « ancien », un drame policier avec une pointe de pure horreur, situé dans les années 30, tiré d’un faits-divers réel, longtemps caché par l’histoire de la ville de Los Angeles où il s’est déroulé, cent quarante minutes de suspense et d’émotions mises en scène magistralement par Mr Eastwood, et donnant par la même occasion certainement le plus beau rôle de la carrière d’Angelina Jolie. Bref, un chef-d’œuvre.
Dans le Los Angeles de la fin des années 20, Christine Collins élève seule son fils Walter tout en assurant un emploi de responsable de standard téléphonique. Un samedi, alors qu’elle avait promis à son fils de l’emmener au cinéma, elle doit assurer un remplacement. Elle laisse donc Walter seul, en lui promettant de ne pas rentrer tard le soir. Mais quand elle arrive, Walter n’est plus là. Inquiète, elle appelle la police qui lui dit de patienter au minimum vingt-quatre heures. Le lendemain, elle lance un avis de recherche. Pendant plusieurs mois, elle n’aura aucune nouvelle. Et un jour, les policiers viennent à son travail et lui annoncent qu’ils ont retrouvé Walter. Sauf que pour Christine, le petit garçon qu’elle accueille à la gare n’est pas Walter. A partir de ce moment là, elle va devenir pour les forces de l’ordre corrompues de Los Angeles qui voyaient là un moyen de se racheter une image, un élément perturbateur qu’il va falloir dompter. Mais le révérend Gustav Briegleb, en lutte depuis le début contre cette police complètement viciée et un évènement abominable vont changer beaucoup de choses...
Bon, avant tout, juste une petite mise au point : le titre original « Changeling » ne signifie pas « L’échange » en français. Un « changeling », c’est dans le folklore anglo-saxon, un « enfant des fées », à savoir un enfant enlevé par des fées et qui devient malfaisant. Voilà, un titre bien plus subtil et mystérieux que notre passe-partout banal à nous. Avec ce film, Eastwood signe un des plus beaux portraits de femmes qu’on ait vu au cinéma : Christine Collins est d’abord une victime, et qui, sous ses airs de sagesse et de tranquillité innocente, cache une volonté d’acier qui l’empêchera d’accorder crédit aux manipulations forcées de la police. L’enfant qu’on lui présente n’est pas le sien, n’importe quelle mère sait cela (sauf qi on tombe sur un cas de démence, et là, effectivement, c’est une autre histoire...) et pourtant, elle doit l’accepter. On assiste alors à un combat incroyable entre une femme, abandonnée par son mari, élevant seule son fils, travaillant encore plus dur pour subvenir à leurs besoins mutuels, contre une sacro-sainte institution, à priori intouchable, pourrie jusqu’à la moelle, n’hésitant pas à forcer la vérité pour gagner une image positive souhaitée. Sous la direction d’Eastwood, ce combat se fait tout en finesse, lentement mais inexorablement, plongeant de plus en plus vers une révolte et une rage qui ne trouveront leur apogée qu’avec l’éclatement de la vérité au grand jour, et l’aide de personnes ayant le courage de se lever contre cette police gangstérisée. Et pour mieux encore faire ressentir la honte de cette affaire, en plein milieu de l’histoire, la vérité surgit, dans ce qu’elle a de plus abominable, horrible, cauchemardesque. En quelques plans, Clint Eastwood nous assène l’horreur pure. De là, le film prend alors la direction de la justice qui va enfin se mettre en route et de façon inexorable, au point que cet évènement, par ailleurs complètement méconnu, aura la plus grande répercussion sur la police de Los Angeles. Et en plus de cela, sur un plan plus intime, le cinéaste n’oublie pas son héroïne, cette femme incroyable, meurtrie au plus profond d’elle-même, celle qui souffrira jusqu’au bout et plus encore. A aucun moment, Clint Eastwood ne faiblit en intensité, faisant de cet « Echange » le chef-d’œuvre qu’il est. Le support Blu-ray est l’écrin de luxe qu’il fallait pour restituer toute la richesse photographique du film (toujours en clairs-obscurs comme souvent chez Eastwood, encore plus marqués ici) et l’image est simplement magnifique, l’encodage étant quasiment parfait. Par contre, niveau bonus, c’est un peu la misère. Certes, on sait qu’Eastwood n’est pas très friand de ces longs making-of, voir même des commentaires audios (ça à la rigueur, peu les écoutent donc...) mais là, c’est le strict minimum. Oh, intéressant certes, avec les habituels congratulations des acteurs vis-à-vis de leur metteur en scène, mais quand même, ça reste un peu chiche. Bon, en même temps, c’est à l’image du cinéaste : aller directement à l’essentiel. Ce qui au final est le cas, mais qui n’enlève rien à la qualité de cette édition Blu-ray, la meilleure pour voir et revoir souvent un tel chef-d’œuvre.

Note film : 10/10
Blu-ray : copie magnifique, format d’origine 2.40, image 16/9ème - Bonus : 4/10 : documentaire sur le travail entre C. Eastwood et son actrice, Angelina Jolie et interviews des autres acteurs - documentaire sur le rôle d’Angelina Jolie et son personnage, avec interviews.

St. THIELLEMENT



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