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  Sommaire - DVD -  S à Z -  Une virée en enfer 2 (Joy ride 2 : dead ahead) - Edition Zone 2 - Inédit
"Une virée en enfer 2 (Joy ride 2 : dead ahead) - Edition Zone 2 - Inédit "
de Louis Morneau
 


Avec Nicki Aycox, Nick Zano, Mark Gibbon, Laura Jordan
FPE Vidéo

Bon. On commence par quoi... Le premier « Virée en enfer » était, contre toute attente, un « terror road-movie », sous-genre en soi dont les mètre-étalons sont « Duel » de Spielberg bien sûr, et aussi « Hitcher ». Signé John Dahl, spécialiste duu film noir, on y voyait Paul Walker, Steve Zahn et Leelee Sobiewski pourchassés par un routier psychopathe. Le film s’avère plutôt bon, mais pas non plus transcendant. Pourtant, une séquelle arrive. Et là, qu’est-ce qui motive impatiemment ? Simplement le nom du réalisateur ! Comment ça, « Et alors, c’est qui, Louis Morneau ? » ? Louis Morneau, c’est un cador de la série B, qui fit ses armes chez Corman (avec « Carnosaur 2 », bon...) avant de percer avec une petite perle, « Retroaction » où James Belushi poursuivait une femme témoin de ses actes de violence, en plein désert et en pleine action de voyage dans le temps qui voyait la dite-héroïne revenir tout le temps en arrière, se souvenir de ce qui allait se passer alors que Belushi, lui, non. Si vous ne connaissez pas « Retroaction », cherchez sur les sites, le DVD français est somptueux, avec vf et vostf, et on peut le trouver dans les solderies. Sinon, avec ce film, Morneau démontre d’énormes qualités de réalisation, c’est un amoureux du désert et il le filme comme personne, tout comme ses séquences d’action, magnifiques. Son suivant enfonce le clou, il est produit par Joel Silver, c’est « Made men » (« Fausse donne » en vf, magnifique traduction...) avec de nouveau Belushi poursuivit par la mafia et des flics ripoux dont Timothy Dalton en ordure de shérif : excellent polar qui se vautra magistralement au box-office tout comme le très sympathique « Bats » avec Lou Diamond Phillips et ses chauves-souris tueuses en plein Texas (à écouter, le commentaire audio de Morneau et Phillips, désopilant !), d’où retour aux petits budgets des petites compagnies pour Morneau, là où paradoxalement il s’en sort le mieux (bien que « Made men » soit une totale réussite !). Et on retrouve ce cher Louis avec le projet casse-gueule par excellence, une séquelle à « Hitcher ». Et là, preuve magistrale du talent du bonhomme, le film n’est pas un chef-d’œuvre comme son modèle mais une excellente série B emballée de main de maître, un milliard de fois mieux que l’ignoble remake produit par Michael Bay ! Ensuite, on passe à un thriller encore inédit chez nous, « Bet your life » où comment gagner plus de deux millions de dollars en restant en vie 24 heures quand on est poursuivis par un milliardaire taré ! Et on arrive enfin à ce « Virée en enfer 2 ». Qui déçoit un peu, malgré d’évidentes qualités...
Partis à Las Vegas pour un week-end de pure détente, deux couples se retrouvent en carafe en plein désert. Ils découvrent alors une maison isolée et non-habitée abritant une superbe décapotable en parfait état de marche. Ils l’empruntent, en laissant leurs coordonnées. Et quelques heures plus tard, le propriétaire les appelle et va jouer avec eux de la façon la plus terrifiante qui soit. Et pour lui, qui se fait appeler Rusty Nail (soit en gros « clou rouillé », pas frappadingue le gars !), récupérer la voiture ne l’intéresse plus, torturer et tuer est bien plus amusant...
Franchement, on s’attendait à mieux mais le budget limite beaucoup de choses. Dans le making-of, on apprend que tout cela a été tourné en Colombie Britannique, où il fait froid, pour imiter le désert ouest-américain, où on crève de chaud. Donc, les panoramiques à la Morneau, on laisse un peu tomber. Ensuite, l’histoire ne casse pas non plus trois pattes à un canard : c’est très déjà vu. Que sauver alors ? Des séquences d’action rondement mises en boite (l’ouverture est gratinée, et quelques courses poursuites rappellent qui signe le film), quelques éléments inédits et un jeu de torture traumatisant. Ainsi, Morneau connait quand même ses classiques et lui filmera toujours le tueur dont on ne verra pourtant jamais le visage ! Le gore est plus à la fête, comme le jeu de torture que pratique Rusty Nail dans sa grange, et tout cela s’achève par un final directement lancé à « Duel » en hommage, vous verrez pourquoi (mais plus direct que ça, pas possible, sans tomber dans le plagiat ce qui n’est pas le cas ici). Et voilà. L’intrigue étant le principal point faible du film, difficile de faire évoluer le film vers plus que ce qu’il pouvait être, comme ce fut le cas pour « Hitcher 2 ». Il n’en demeure pas moins qu’entre les mains d’un quelconque tâcheron, le résultat eut été affligeant ; entre les mains de Louis Morneau, il se savoure quand même. En bonus, un making-of plutôt pas mal (où tout le monde avoue s’être gelé les miches et le reste sur les lieux de tournage !) où on découvre surtout la tronche de Morneau : on ne l’imaginait pas ainsi, plutôt un look texan sportif, allez savoir pourquoi. Ici, on a droit à quelqu’un qui semble bien plaisanter, et qui possède des sourcils à rendre jaloux Jack Nicholson !

Film : 7/10
DVD : 6/10 (copie excellente, format d’origine 1.85, image 16/9ème compatible 4/3) - Bonus : making-of - bande-annonce. St. THIELLEMENT



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