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  Sommaire - DVD -  A - F -  Daredevil (Id.) - Edition Blu-ray (France)
"Daredevil (Id.) - Edition Blu-ray (France) "
de Mark Steven Johnson
 


Avec Ben Affleck, Jennifer Garner, Michael Clarke Duncan, Joe Pantoliano, David Keith, Colin Farrell, Jon Favreau.
20th Century Fox Home Vidéo

En ces périodes de regain d’intérêt pour les super-héros des comics américains, magnifié par la trilogie « Spiderman » (en attendant le quatrième) et « The Dark Knight », sans oublier « L’incroyable Hulk », « Iron Man », voici que sortent chez Fox les Blu-ray de certains. Bon, Fox a dans son panier « Les 4 Fantastiques » pour le résultat tout mauvais qu’on connait (faut dire aussi qu’ils ne sont pas pamri les personnages les plus passionnants de Marvel, mais bon, cela n’empêchait pas de faire un bon film, ce qui n’a jamais été le cas...), et d’autres plus prestigieux. Avec la sortie de « X-Men Origins : Wolverine », ce snt les « X-men » qui ont le droit à leurs éditions Blu-ray, avec copies superbes, et pléthores de bonus. Mais bon, tout le monde en parle donc intéressons-nous aux mal-aimés et en l’occurrence à... « X-Men 3 » ? Non, pas du tout, « X-Men 3 » est tout pourri, Brett Rattner est un des pires cinéastes qui soient (à part pour un film, un seul : « Family Man », même lui le reconnait, pour une fois, il s’est passionné pour un scénario...), donc non, pas « X-Men 3 ». « Elektra » ? Non, parce qu’il n’est pas sorti encore, et quoi qu’on en pense, c’est signé Rob Bowman, et lui, c’est un très bon. Non, ce n’en est pas loin, c’est « Daredevil » mais la « director’s cut », bien plus riche que la version cinéma, déjà pas si mal que ça. Et à la revoyure, et malgré ses défauts flagrants (dont une Jennifer Garner qui n’aurait jamais dû être Elektra...), le film gagne en qualité, comme on va le voir, servi en plus par une copie Blu-ray simplement superbe.
Fils d’un boxeur tué par la Pègre pour avoir refusé de se « coucher », Matt Murdoch a perdu aussi la vue à ce moment là suite à un liquide radioactif qui lui est tombé dessus. Depuis, Murdoch partage son temps entre son métier d’avocat et celui de justicier masqué la nuit sous le nom de Daredevil. Car Murdoch a acquis un extraordinaire pouvoir : il ne voit plus, mais ses sens sont super sensibles et sa vision est celle d’un radar ou d’un sonar. Une double vie qui l’empêche de faire autre chose jusqu’à ce qu’il rencontre le belle Elektra Natchios...
Bon, à sa sortie, le film reçut sa volée de bois vert. Relativement logique au vu du travail de Johnson : il clame haut et fort qu’il est le fan n°1 du comics, il idolâtre Daredevil, mais ce n’est pas pour ça qu’il est un bon cinéaste ! Comble de malheur, la version salles met le paquet sur l’action et ôte tout ce qui peut la ralentir. En plus, Johnson ne trouve jamais son style, tout est emprunté à d’autres œuvres : « Spiderman » bien sûr, mais aussi « The crow »... Mais ce n’est pas non plus le ratage total loin de là, loin des pathétiques « 4 Fantastiques » et autres « X-Men 3 ». Notons au passage que Mark Steven Johnson ne redressera pas la barre avec son second film, bien au contraire puisqu’il s’agit du calamiteux « Ghost rider » ! Mais revenons à « Daredevil » : l’adaptation arrive cependant à gagner quelques bons points déjà ne serait-ce qu’avec le choix de Ben Affleck qui, à la surprise générale, s’en sort très bien. Ensuite, on sent quelques moments plus fouillés mais écartés au montage final sur l’ambigüité du justicier aveugle. Et tout cela se voit confirmé dans cette director’s cut, déjà éditée en DVD, revue ici pour le Blu-ray (apparemment, quelques secondes ont été de nouveau bougées...) et qui enrichit pleinement le personnage de Matt Murdoch, traumatisé par la mort de son père, avocat des causes perdues, justicier final des verdicts corrompus. Le film y gagne en qualité, c’est certain, sans pour autant être transformé en chef-d’œuvre. Car il reste tout de même un évident point noir : Jennifer Garner, bien trop sage Elektra qui ne fait pas le poids (la superbe Malin Akerman, la Spectre Soyeux des « Watchmen », serait parfaite... Mais à l’époque, elle n’était pas connue...) dans ce rôle de jeune vengeresse vénéneuse vêtue du strict minimum, ce qui n’est pas le cas de notre prude Jennifer (qui reprendra son rôle dans le film « Elektra », là encore meilleur que ce qu’on en a dit, grâce au talent du réalisateur Rob Bowman, mais Garner n’y est toujours pas à sa place !). Le duel Elektra - Matt Murdoch sur la balance demeure toujours aussi ridicule. Seuls les deux acteurs y trouveront un compte bien plus... personnel ! Et le reste du film autrement ? Grâce aux bonus, on réévalue la composition de Colin Farrell qui finalement a bien créé un malade en roue libre, surdoué du meurtre avec le moindre rien. L’enfance de Murdoch est un des meilleurs moments du film, on apprend via ce montage plus sur le quotidien de l’avocat aveugle, professionnel sur les deux plans, peu faciles à gérer (voir Daredevil redevenir Murdoch, avec un corps meurtri l’obligeant à un repos dans un sas rempli d’eau glacée par exemple), certains plans, même pompés, sont très beaux, bref le film se redécouvre avec un certain plaisir doublé du constat de voir un demi ratage : entre d’autres mains, c’était de l’or. Coté Blu-ray, Fox s’en sort haut la main : la copie est magnifique (les séquences nocturnes sont superbes), en tous points. Rien à redire sur l’image ni sur le son, c’est quasi parfait. Ce qui n’est pas négligeable pour revoir un film qu’on peut avoir méprisé... Côté bonus, on retiendra un long making-of où on comprend bien la passion de Johnson, et où on voit bien qu’il est tiraillé entre ses envies et les désirs du studio (le producteur Gary Foster reste sur ses positions, la version cinéma est celle qui devait sortir en salles, Johnson lui préfère logiquement celle-ci mais comprend les producteurs...), on découvre aussi la difficile composition du costume, pas si simple à recréer. Un excellent documentaire bourré d’interviews des artistes Marvel est à ne surtout pas rater, ainsi que celui sur Tom Sullivan, un artiste incroyable, aveugle depuis la naissance, acteur, chanteur, et qui servit de « coach » à Affleck. Et cerise sur le gâteau, un bonus caché permet de voir un bêtisier pour une fois vraiment sympathique. En fait, mine de rien, dans la foulée du film, on y passe une bonne partie de la nuit mais sans aucun déplaisir, les propos sont plutôt sincères même quand ils sont très diplomatiques ! Et au final, on ne dira qu’une chose : « Daredevil » n’est certainement pas le mauvais film tant décrié, cette director’s cut le prouve. Pas parfait, loin de là, mais il y a au moins de la passion dans sa genèse. Et en l’état (combiné à un excellent produit en soi), il ne fera pas honte dans la Blu-raythèque.

Note film : 7/10
Blu-ray : copie magnifique, format d’origine 2.35, image 16/9ème comp. 4/3 - Bonus : 10/10 : commentaire audio du réalisateur & du producteur - making-of, PIP avec commentaire sur l’univers Marvel, scènes coupées, documentaire sur le comic-book de Daredevil, les essais de Jennifer Garner, rencontre avec Tom Sullivan, bonus caché : bêtisier.

St. THIELLEMENT



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