SF Mag
     
Directeur : Alain Pelosato
Sommaires des anciens Nos
  
       ABONNEMENT - BOUTIQUE - FAITES UN DON
Sfmag No104
103
E
n
 
K
i
o
s
q
u
e
s
RETOUR à L'ACCUEIL
BD   CINE   COUV.   DOSSIERS   DVD   E-BOOKS  
HORS SERIES    INTERVIEWS   JEUX   LIVRES  
NOUVELLES   TV   Zbis  
Encyclopédie de l'Imaginaire, plus de 13 000 articles
  Sommaire - DVD -  A - F -  Death Race (Id.) - Edition Blu-ray (France)
"Death Race (Id.) - Edition Blu-ray (France) "
de Paul W.S. Anderson
 


Avec Jason Statham, Joan Allen, Ian McShane, Tyrese Gibson, Natalie Martinez.
Universal Vidéo

Revoir quelques six mois plus tard ce remake du culte (mais pas non plus terrible, hein, faut replacer les choses dans leur contexte parfois, sous peine de passer simplement pour un vieux radoteur !) « La Course à la mort de l’an 2000 » (avec Sylvester Stallone dans un ses premiers rôles, et David Carradine qui fait une petite apparition ici en étant la « voix » du Frankenstein du prologue...) permet, une fois une certaine déconvenue passée, de mieux apprécier la nouvelle vision qu’a du sujet le britannique Paul W.S. Anderson. A savoir qu’au final, ce n’est toujours pas l’excellent film qu’on était en droit d’attendre mais en l’état, ce n’est pas non plus le navet tant décrié... Et les bonus nous en apprennent plus.
Dans un futur de moins en moins éloigné (plus pratique à recréer !), Jensen Ames (Statham) se retrouve dans une des plus dures des prisons de haute-sécurité, suite à un traquenard qui l’accuse du meurtre de sa femme et qui lui a enlevé la garde de sa petite fille. Il rencontre alors Hennessey, la directrice de l’établissement qui lui offre une chance de raccourcir son incarcération en participant au jeu le plus polaire du moment : la Death Race. La prison est le circuit, certains prisonniers les pilotes, et le vainqueur est celui qui réussit à boucler la course en ayant éliminé tous ses concurrents par n’importe quel moyen. Ex champion de course, Ames accepte et rencontre alors les membres de son « équipe » et les autres concurrents, tous plus dangereux les uns que les autres. Mais quand il va découvrir que l’assassin de sa femme est parmi eux, Jensen Ames va réellement se transformer en ce monstre tueur que souhaite Hennessey et va faire de cette course suivie dans le monde entier par des millions d’internautes, la dernière, l’ultime, celle qui le libérera et lui fera retrouver sa petite fille.
Malgré des moyens relativement conséquents, malgré un casting dominé par l’excellent Jason Statham (l’acteur de films d’action qui se sous-estime le plus, la preuve quand on le voit dans « Braquage à l’anglaise »...), si « Death Race » pêche un peu sur l’ensemble, c’est sur certains points du script comme cette absence totale d’interaction avec le public comme cela était présent dans l’original. Reste alors des scènes d’action parfois spectaculaires (l’accident du camion), quelques bonnes idées (le plan machiavélique de la directrice pour trouver un nouveau pilote... Un peu tiré par les cheveux mais bon bien tordu quand même !), et au final, une grosse série B qui aurait pu être encore plus méchante (le premier film d’Anderson, « Shopping », l’était bien plus !), qui se laisse regarder sans aucun déplaisir, et qui permet d’inscrire au tableau de Statham un autre rôle parfait pour lui, plus riche qu’un énième « Transporteur ». Maintenant, c’est l’édition Blu-ray qui donne une réelle seconde chance au film : d’abord, la copie est simplement somptueuse, parfaite, comme souvent chez Universal qui soigne ses produits. Question son, rien à redire non plus, les vrombissements donnent toute leur puissance à chaque démarrage et course, ce qui compense avec un des autres légers points faibles du film, à savoir une réalisation pas aussi nerveuse et destroy qu’un tel film suggérait. Et ce qui réévalue vers le haut le film, c’est le commentaire audio (sous-titré) où Anderson place déjà l’histoire de son film une quinzaine d’années avant celui de Corman : déjà, ça change pas mal de choses, et un des « points du script » cités plus haut s’en voit revu et corrigé. Ensuite, ses références et ses choix sont tout à son honneur : un début en hommage à « Voyage au bout de l’enfer » (le contexte social de l’aciérie) et surtout la volonté de ne pas utiliser d’effets virtuels mais de la vraie cascade comme dans les années 70, et là, respect, tout simplement. Même si c’est inférieur au résultat escompté. Pas mal du tout ce commentaire audio, pour une fois. Autrement, on a droit aux gadgets habituels (comme « construisez votre course » : mmouais...), un petit module sur ces cascades « vraies de vrai » et enfin, un making-of, certes promotionnel mais qui pourtant arrive à bien cerner toute la mise en place du projet. La passion d’Anderson se ressent bien, il ne semble pas avoir été bridé par ses moyens financiers (dont une partie provenant de la (Tom) Cruise/Wagner Company, marrant !) et surtout, on y retrouve bien les qualités du cinéaste, dont celle de tirer le maximum d’un rien. Ici, il a trouvé sa prison dans une ancienne usine parfaite pour devenir, une fois transformée, le pénitencier tant recherché ! Amusant aussi de voir le régime « végétarien » de Statham pour posséder la musculature voulue par le rôle. Même Gibson avoue avoir été jaloux de telles performances physiques ! Et il reste la fonction PIP, à savoir les inserts de making-of durant le film. Et c’est ainsi que « Death race » trouvera sa place dans la DVD-Bluraythèque de Paul W.S. Anderson, aux côtés de tous ses autres films, sauf peut-être « Soldier », définitivement son moins bon malgré un début impressionnant, toujours dominé par son « chef-d’œuvre », l’excellent « Event horizon » qui vient en plus de sortir en Blu-ray (superbe copie, bardé de bonus !). A chacun de voir ce qu’il pense de ce remake, un de plus, pas le meilleur qui soit, mais qui se bonifie finalement assez bien à la seconde vision.

Note film : 6/10
Blu-ray : copie magnifique, format d’origine 2. 35, image 16/9ème comp. 4/3 - Bonus : 8/10 : making-of - créer sa propre course - documentaire sur les cascades - commentaire audio du réalisateur et du producteur.

St. THIELLEMENT



Retour au sommaire