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  Sommaire - Livres -  M - R -  Chronique des années noires



"Chronique des années noires"
de
Kim Stanley Robinson

Editeur :
Presses de la Cité (16 octobre 2003)
 

"Chronique des années noires"
de Kim Stanley Robinson



7/10

Un nouveau roman de Robinson, c’est toujours un petit événement. Cette fois, il délaisse son fétiche martien pour s’essayer à l’uchronie. Le titre ne rend pas compte de son ambition. Celle d’un long roman qui prend comme présupposé que les Européens ont été éradiqué par la peste au Moyen Age. Suivent 700 pages d’une histoire parallèle qui retrace l’évolution de l’humanité telle qu’elle aurait pu être, vu d’Orient. Les dernières étapes montre un troublant mimétisme avec la civilisation technologique que nous connaissons ; le chemin qui y mène a simplement emprunté d’autres détours.

Le monde imaginé par Robinson est partagé entre la Chine et un conglomérat de pays islamistes. Politique contre religion : c’est autour de ce schéma simple que gravite les dix chapitres du roman - autant de voyages dans des époques différentes. Pour rendre le récit digeste et attrayant, Robinson utilise la réincarnation. Ses protagonistes principaux changent de peau après un passage dans le bardo, une sorte de purgatoire bouddhiste. Simple soldat dans l’armée mongole de Tamerlan, dont on assiste à la mort au début du livre, Bold rencontrera Kyu, un jeune eunuque noir, et I-Chi, une restauratrice du Hangzhou. Ces trois âmes migreront, la sentimentale qui commence par un B, la révoltée (le K) et l’intellectuelle (le I).

On retrouvera K en tigresse ou sous les traits d’un amiral chinois qui découvrira l’Amérique latine. De guerres en épidémies, de la Perse à la Chine, Chronique des années noires se lit comme une chaîne de contes. Plus qu’un roman, c’est un fascinant essai sur l’affrontement nécessaire des puissances civilisatrices, l’économie, les structures politiques et sociales, les religions. Un ouvrage d’une constante inventivité, qui laisse le lecteur au bord du vertige.

Mad Dog.

Kim Stanley Robinson, Chroniques des années noires, traduit de l’anglais par David Camus et Dominique Haas, Editions Presses de la Cité, 706 pages, 22,50 €.


Présentation de l’éditeur

Quelle aurait été l’histoire du monde si l’Europe chrétienne avait disparu au Moyen Age, ravagée par la peste ? L’Islam et la Chine seraient devenus les civilisations dominantes, découvrant l’Amérique, se faisant la guerre, inventant le chemin de fer et l’atome, cherchant à l’emporter, à imposer la foi de Mahomet, Bouddha ou Confucius... A travers les destins de trois personnages - un sentimental, un révolté et un intellectuel -, Kim Stanley Robinson dépeint de façon étonnamment réaliste sept cents ans de l’histoire d’un univers foisonnant, où les aventures individuelles se mêlent à la trame historique et se répondent à travers les siècles et les continents. D’abord simple soldat dans l’armée de Tamerlan, Bold rencontrera Kyu, un jeune eunuque noir, et I-Chi, une restauratrice chinoise en quête des plats les meilleurs. Incendies, inondations, épidémies, guerres, révoltes, le destin va jouer avec ces personnages et les entraîner, au fil des siècles et de leurs diverses réincarnations, dans des aventures fascinantes. A la fois roman d’initiation et vrai-faux roman historique, Chroniques des années noires est un livre profondément original, une somme impressionnante d’érudition et d’imagination ainsi qu’un merveilleux plaidoyer pour la paix dans le monde et la beauté de la vie





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