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  Sommaire - DVD -  S à Z -  The Lost (Id.) - Edition zone 2 (Inédit)
"The Lost (Id.) - Edition zone 2 (Inédit) "
de Chris Sivertson
 


Avec Mark Senter, Shay Astar, Alex Frost, Dee Wallace-Stone, Michael Bowen & Ed Lauter
Free Dolphin Vidéo

Vous connaissez Jack Ketchum ? Non ? Ca ne saurait tarder. Ketchum est un écrivain américain qui s’est taillé une réputation solide de faiseurs de cauchemars éveillés. Il excelle dans la description des pires vices de l’âme humaine, avec des romans plongeant dans le plus sordide des quotidiens, grattant le vernis des institutions bien-pensantes américaines, tordant le cou si ce n’est pire à une moralité des plus hypocrites, vous réveillant sur ce qui vous entoure. Ayant le support d’un Stephen King qui dit de lui que « jamais Disney ne produira une adaptation d’un de ses romans, car dans ses romans les nains sont cannibales, les loups ne manquent jamais de souffle et les princesses sont enfermées dans un abri antiatomique, ligotées à une poutre pendant qu’une folle leur brule le clitoris avec un fer à repasser », Ketchum (c’est un pseudo, il s’appelle en vrai Dallas Mayr) a le don incroyable de vous immiscer dans la vie de tous les jours, de plonger dans l’horreur située chez votre voisin de palier ou au sein d’une cellule familiale en qui vous aviez toute confiance. Cela fait déjà une dizaine d’années qu’il écrit, c’est seulement depuis deux trois ans qu’on le connait en France via les Editions Bragelonne. Et en très peu de temps, beaucoup de films sont adaptés de ses romans : « The girl next door » est son livre le plus traumatisant, le film qui en a été tiré et qui vient de sortir chez Seven Sept Vidéo ne restitue jamais le pire du calvaire vécu par cette adolescente enfermée dans la cave de sa tante, torturée par cette dernière, violée par ses fils. C’est normal, même le cinéma a ses limites, du moins dans le circuit dit « normal », et en plus, la réalisation digne d’un pauvre téléfilm achève l’échec de cette adaptation. Reste une affiche qui peut accrocher plus un certain public. Il y a eu aussi « Red » avec Brian Cox en vieil aigri en lutte avec un gang d’adolescents ayant flingué son clébard : déjà, avec Brian Cox, ça ne peut pas être nul... Et on arrive à « The lost », enfin une adaptation digne de ce nom, signée Chris Sivertson qui lui comprit vraiment la vision des choses selon Ketchum...
Il s’appelle Ray Pie, il traine avec ses deux copains dans les rues et la campagne de sa petite bourgade. Un soir, au bord d’un lac, Ray rencontre deux campeuses et les tue froidement d’un coup de fusil. Quatre ans plus tard, Ray vit toujours sa petite vie sans se soucier de ce qu’il fit cette nuit-là. La police le soupçonne mais n’a jamais pu le prouver. Mais aujourd’hui, les choses risquent de changer car rien ne va pour Ray et en bon sociopathe qui se respecte, il va péter les plombs au point de recommencer à tuer selon son humeur du moment.
De prime abord, « The lost » peut décontenancer voir même rebuter. Sur près de deux heures, le film commence fort avec ce meurtre sauvage et gratuit mais s’intéresse par la suite à ce qui se passe dans la tête de cet adolescent loin d’être équilibré, vivant dans une petite ville comme tant d’autres aux USA (et ailleurs...) où on tourne en rond, où une arme se trouve aisément, où tout le monde se connait, où on peut vite étouffer. Une telle situation pour un psychopathe en puissance peut très vite dégénérer en tuerie annoncée. Et là où Sivertson réussit son adaptation bien mieux que Gregory Wilson pour « The girl next door », c’est qu’il ne cherche pas à mettre littéralement en images le bouquin, mais il l’adapte pour le cinéma, il lui donne aussi un peu de son inspiration. Et en fait, tout le film avec ses délires, ses couleurs, ses cris, tout cela donne une sorte de voyage dans la tête d’un psychopathe. C’est là que réside la force de ce film qui devient du coup une simple « History of violence », banale et pourtant si violente. En s’appropriant ainsi le roman, Sivertson signe une vraie adaptation et un film qui met mal à l’aise, qui dérange mais de façon plus pernicieuse que pour « The girl next door ». Maintenant, une telle approche n’est guère évidente à comprendre du premier coup. Il faut pourtant persévérer un peu pour découvrir un film bien plus abouti qu’on ne le pensait. Question bonus, rien de bien transcendant, mais qu’importe, on a la très grande chance d’avoir au moins la meilleure adaptation d’un roman de Ketchum en DVD chez nous (pas vu « Red », qui a très bonne réputation aussi...), dans une copie parfaite alors ne soyons pas très regardant pour le reste !

Film : 9/10
DVD : copie excellente, format d’origine 2.35, image 16/9ème compatible 4/3 - Bonus : 4/10 : scènes coupées - auditions - story-board - bandes-annonces.

St. THIELLEMENT



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