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  Sommaire - DVD -  M - R -  Mirrors (Id.) - Edition Blu-ray (France)
"Mirrors (Id.) - Edition Blu-ray (France) "
de Alexandre Aja
 

Avec Kiefer Sutherland, Paula Patton, Amy Smart, Jason Flemyng.
20th Century Fox Home Vidéo

On ne présente plus Alexandre Aja. Un film a déclenché sa renommée (« Haute tension », toujours détenteur du meilleur film d’horreur français jamais fait, et même que moi, j’aime sa fin ! Bon, je suis un peu seul, c’est vrai...), le suivant l’a consacré (« La Colline a des yeux », remake remarquable du pas terrible du tout film de Craven, qui ne tient définitivement plus la route du coup !). Bon, c’est vrai que son premier film ne laissait pas augurer d’une telle réussite : « Furia » et son futur chaotique et violent, malgré d’évidentes qualités cinématographiques sur quelques moments, ne marqua pas les mémoires (mais aujourd’hui, il gagnerait à être revu, juste pour vérifier...). Mais tout cela aujourd’hui a changé, Aja a réussi à se faire une réputation outre-Atlantique et en compagnie de son ami et co-scénariste Gregory Levasseur, le duo garde à priori la maîtrise de leurs projets, chose assez rare là-bas. Témoin ce quatrième film, « Mirrors », qu’on attendait de pied ferme, qui en déçut beaucoup on se demande encore pourquoi tant le film est généreux sur ce qu’il propose, à savoir une ghost-story combinée à la mythologie du miroir. Certes, ce n’est pas parfait, car un peu trop « chargé » mais à la revoyure, le film prend plus de qualités. Peut-être parce qu’on s’attendait à un nouveau choc après le tétanisant « Colline a des yeux », mais justement, Aja et Levasseur prouvent avec « Mirrors » que ce qui les intéresse d’abord et avant tout, c’est d’œuvrer dans le Fantastique et ce sous toutes ses formes. Donc, pas de remake de remake mais bel et bien une autre œuvre, différente mais en elle-même réussie. Ce qui démontre un vrai talent, plus ouvert que d’autres qui s’enferment très vite dans un même moule... Allez, on passe à « Mirrors ».
Ex-flic miné par son passé, Ben Carson (Sutherland, très bon) accepte un poste de gardien de nuit dans un ancien building ayant servi comme centre commercial avant d’être détruit par les flammes. Mais dès la première nuit, Ben est témoin de faits étranges, souvent liés en plus aux miroirs peuplant le bâtiment et qui semblent recéler dans leurs reflets quelque chose de maléfique. Prenant très au sérieux ce qu’il voit, Ben va mener une enquête qui va le menacer, et même se retourner vers sa famille. Avant qu’il ne soit trop tard, il lui faut découvrir l’horrible secret lié aux murs du building, à ses fondations même et surtout à ses miroirs.
Curieusement, il y eut deux films sur les miroirs l’an passé : « Mirrors » et « The Broken » de Sean Ellis. Ce dernier étant celui qui traite le plus « à fond » des légendes liées aux miroirs avec les sept ans de malheur, le reflet doué de vie propre, etc... (maintenant, le film est très lent, et malgré d’évidentes qualités visuelles, n’a que peu de fans... Je suis encore un peu seul...). Si on devait trouver un défaut majeur à « Mirrors », ce serait celui de trop en faire : on a une histoire avec des miroirs et leurs reflets « vivants » à laquelle se rajoute une maison hantée à laquelle se rajoute un esprit démoniaque à laquelle se rajoute les expériences de savants fous ! Fort heureusement, Aja et Levasseur ont suffisamment de talent pour arriver à bâtir une histoire avec l’ensemble de ces éléments qui tienne assez la route pour faire du film un bon shocker surnaturel comme il est bon d’en voir de temps en temps, bien meilleur que d’autres qui se vautrent lamentablement (voir l’exemple récent de « Unborn »). Mais en l’état, c’est tout de même un (tout) petit peu trop « riche ». Qu’importe, on se laisse quand même prendre par l’histoire, certains moments sont bien flippants donc synonymes de réussite (pas facile de faire peur, contrairement à ce qu’on croit !) et il faut admettre qu’Alexandre Aja sait très bien filmer son histoire, ce qui fait énormément plaisir à voir vu le nombre de « mauvais films » dans le genre qu’on se tape. Au final, et à la seconde vision, l’effet « différent » (par rapport à « La Colline a des yeux ») passé, « Mirrors » gagne un galon de plus. Quant à son édition Blu-ray, elle est quand même très bonne, à défaut d’être transcendantale. A savoir que visuellement, ce n’est pas le rendu parfait qu’on peut attendre d’un tel support, surtout au niveau de noirs moins profonds et contrastés que d’habitude. Mais là, le seul qui pourrait nous dire si c’est un défaut du disque ou la simple restitution de la photographie d’origine, c’est Aja, et comme il n’intervient pas en commentaire audio sur ce sujet... Maintenant, si l’édition était pourrie, il est certain qu’il serait monté au créneau via Internet, et comme on dit : « qui ne dit rien consent », c’est que l’image est telle qu’il la souhaitait... A part ce point visuel précis, le reste est d’excellente facture, pas extraordinairement coloré (la dominante colorimétrique du film, c’est la grisaille...) comme ces reflets aquatiques d’une netteté cristalline. Par contre, niveau sonore, c’est totalement parfait, les hurlements et autres bruits bizarres de l’hôtel font dresser plus d’une fois les cheveux sur la tête ! Côté bonus, c’est plutôt positif à commencer par un making-of où chacun intervient, de façon très conventionnelle mais aussi pour une fois, avec sincérité. Tout est en anglais, avec accent français typique pour la plupart sauf Baxter le monteur qui parle en vf ! On poursuit avec la fonction Picture In Picture qui permet de voir durant le film le making-of de certaines séquences avec le commentaire audio d’Aja, durant certains moments très intéressants, où on ne cache rien... Et dans le meilleur des bonus, on terminera avec les scènes coupées, commentées par là-aussi par Aja, avec une fin alternative plus « mystique » comme il le dit où Ben sauve son fils prisonnier de l’autre côté du miroir, soit aussi dans l’eau, pas facile à comprendre pour le public donc abandonnée. Et il y a aussi la scène 124 : Aja et son équipe ont tourné cette ultime fin très coup de théâtre fantastique pour voir ce que ça donnerait et qui se résume par ce qui est arrivé au corps de Ben, et si le démon prenait possession de son corps dans l’ambulance... Rigolo mais pas du tout dans le ton du film, donc juste tourné pour le « fun ». Le reste des bonus étant bien moins passionnant, on les regardera par curiosité (comme l’intégralité des séquences « réalistes » de l’hôpital, style « Blair witch » chez les fous !). Et au final, « Mirrors » gagne à être (re)vu, en partant du principe que tout en étant un mélange Fantastique et Horreur, ce n’est pas « La colline a des yeux ». Mais sa réussite (à part ses petits défauts) prouve qu’Alexandre Aja & Gregory Levasseur sont parmi les nouveaux noms du cinéma fantastique avec qui il va falloir compter.

Note film : 8/10
Blu-ray : copie excellente, format d’origine 2.40, image 16/9ème comp. 4/3 - Bonus : 7/10 : making-of, module Picture In Picture, scènes coupées dont fin alternative avec commentaire audio optionnel d’A. Aja, séquence animée du storyboard, documentaire sur la mythologie des miroirs, version longue des vidéos d’internement d’Anna Esseker.

St. THIELLEMENT



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