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  Sommaire - DVD -  M - R -  Man on Fire (Id.) - Edition Blu-ray (France)
"Man on Fire (Id.) - Edition Blu-ray (France) "
de Tony Scott
 


Avec Denzel Washington, Christopher Walken, Radha Mitchell, Dakota Fanning, Mickey Rourke, Giancarlo Giannini, Rachel Ticotin, Marc Anthony.
20th Century Fox Home Vidéo

Le Blu-ray étant ce qu’il est, à savoir un support vidéo souvent capable du meilleur et aussi malheureusement quelquefois du pire, il y a toujours les films qu’on attend impatiemment et ceux dont on se fout. Devinez à quelle catégorie appartient « Man on fire », ce chef-d’œuvre de Tony Scott, peut-être son meilleur film à ce jour, juste devant les excellents que sont (dans l’ordre, du meilleur au juste meilleur !) « Déjà vu », « Le dernier samaritain », « Spy game », « Ennemi d’état », « USS Alabama », « True romance » & « Revenge » (même si on préfère la version d’origine à sa director’s cut). Quant aux autres films de Tony, ils vont du très bon au juste bon (pour « Days of thunder » & « Top gun », des pêchés coupables...). Donc « Man on fire », vous l’aurez compris, était attendu avec plus que de l’impatience. Maintenant, on espérait que la qualité serait au rendez-vous... Et elle l’a été : c’est un des plus beaux Blu-ray qui soient ! En tout, même en bonus, le bonheur total !
Parce qu’il a dépassé certaines limites, l’ex-agent de la CIA John Creasy s’est perdu. Pour lui, vivre est un calvaire qu’il tente de supporter via l’alcool. Un jour, son ami Rayburn (Walken, celui dont Scott dit qu’il pourrait « faire rire en lisant l’annuaire téléphonique ! ») lui offre un job : protéger la famille d’un riche businessman à Mexico. Sur place, Creasy devient surtout le garde du corps de la petite Pita, neuf ans. Pour elle, Creasy remplace un père toujours absent et pas vraiment proche de sa fille. A son contact, Creasy remonte des ténèbres. Mais quand elle est kidnappée, Creasy explose : pour elle, il ira jusqu’en enfer, et il les tuera tous, un par un, jusqu’à ce qu’elle soit libérée.
Beaucoup pensent que c’est le remake du film signé Elie Chouraqui avec Scott Glen (un bon Chouraqui, pour une fois...). Mais à la base, c’est un roman. Et dans l’excellent documentaire sur la genèse du film de plus d’une heure, Tony Scott révèle que ce film, vingt ans auparavant, il voulait le faire, juste après « Les prédateurs ». Et quand son producteur lui annonça qu’il travaillait sur une nouvelle version, Scott prit une option. Le scénario fut écrit par Brian Helgeland, qui devenu depuis « Chevalier » réalisateur, voulait être aussi derrière la caméra. Mais Scott lut l’excellent scénario, et prit les commandes. De l’action située comme il y a vingt ans en Italie durant les années de plomb, tout bougea vers le Mexique avec son commerce lucratif du kidnapping. Le reste, il est là : un polar certes très (trop pour certains encore prisonniers d’une action à la Richard Donner...) stylisé mais une grande leçon de cinéma pour dynamiser le genre via une histoire simplement magnifique, celle d’une rédemption, d’un retour à la vie, de l’amour d’une fillette pour un « gros ours mal léché » devenant un père comme elle n’en a jamais eu. L’explosion de violence qui suit le kidnapping est logique car comme le dit Christopher Walken, alias Rayburn, « on a enlevé à Creasy sa seule raison de vivre ». Toujours dans le documentaire, on découvre que tout un chacun s’est passionné réellement pour cette histoire, du plus grand au plus petit, de Washington à Dakota Fanning, la gamine adulte dans ses réflexions par excellence (elle était très supportable à l’époque, aujourd’hui, dans « Push », elle est exécrable...), professionnelle comme on en voit peu (quand elle raconte comment elle se « fait pleurer », impressionnant !), le tout cimenté par cet excentrique Tony Scott (sa touche vestimentaire est un spectacle à elle toute seule !), véritable auteur dans son genre, qui livra ici l’osmose parfaite entre le genre et son style (ce qui ne sera pas le cas dans « Domino », justement trop excessif...). Polar hard-boiled bourré d’émotion (quatrième vision, quatrième fois où on chiale à la fin...), « Man on fire » était LE film dont le Blu-ray était plus qu’attendu. Le résultat est là : on pouvait craindre le pire au vu de la palette colorimétrique du film, des plans visuels sales, il n’en est rien, tout est restitué à la perfection, avec simplement la précision du support haute-définition en plus. C’est du très beau travail, ne trahissant nullement et à aucun moment le film de Scott. Question bonus, cette édition constitue la plus complète qui soit (l’édition DVD française de l’époque était maigrichonne) avec outre l’excellent making-of déjà cité, une pléthore de scènes coupées qui, pour une fois, valent leur présence en bonus. Mais encore une fois, rien que le documentaire aurait suffit comme seul bonus tant il est vraiment complet et pas langue de bois. Des comme ça, c’est rare et passionnant. En l’état, on tient là une édition Blu-ray de référence, plaisir double avec le fait qu’il s’agit sans nul conteste du meilleur film de Tony Scott, cinéaste qui adore vraiment son métier, qui peut se remettre en question, changer de style et surprendre à chaque nouveau film. La preuve, on l’attend cette année avec son remake très polar urbain des seventies, « Les pirates du métro » avec Travolta en terroriste et Washington en inspecteur tranquille. Cabotinage à l’horizon ? Peut-être mais avec Scott derrière, ça peut être puissant, très puissant.

Note film : 10/10
Blu-ray : copie magnifique, format d’origine 2.40, image 16/9ème comp. 4/3 - Bonus : 10/10 : commentaire audio de Tony Scott et commentaire audio de l’équipe du film - documentaire : réinventer « Man on fire » - scènes coupées - séquence multi angles - clip vidéo - galerie photo.

St. Thiellement



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