SF Mag
     
Directeur : Alain Pelosato
Sommaires des anciens Nos
  
       ABONNEMENT - BOUTIQUE - FAITES UN DON
Sfmag No105
105
E
n
 
K
i
o
s
q
u
e
s
RETOUR à L'ACCUEIL
BD   CINE   COUV.   DOSSIERS   DVD   E-BOOKS  
HORS SERIES    INTERVIEWS   JEUX   LIVRES  
NOUVELLES   TV   Zbis  
Encyclopédie de l'Imaginaire, plus de 13 000 articles
  Sommaire - Livres -  S - Z -  Les flèches du soleil (L’aube d’Avaryan T4)



"Les flèches du soleil (L’aube d’Avaryan T4)"
de
Judith Tarr

Editeur :
Pocket (9 octobre 2003)
 

"Les flèches du soleil (L’aube d’Avaryan T4)"
de Judith Tarr



8/10

Ce livre fait suite à Une pluie de princes et souffre de la même réputation : un récit dont l’intrigue s’étend péniblement sur 500 pages. On pense à Marion Zimmer Bradley et à l’école de la Romance Fantasy à laquelle elle doit irrémédiablement se rattacher. Au fil des pages, on y suit le voyage entrepris par l’empereur Estarion, Héritier du soleil, dans l’Ouest hostile dont la régence lui est assignée.

Le voyage sera formateur, mais au lieu de s’accomplir dans de multiples exploits guerriers, comme tout traditionnel récit de Fantasy, il donnera cette histoire "absolument" inventée d’une remarquable originalité qui tient en entier sur les rapports humains qui transpercent à travers les diverses intrigues politiques et autres quêtes pour le pouvoir qui ne sont que des artifices au demeurant importants pour ne pas sombrer dans une pure bluette (ainsi l’amour que porte Estarion envers Vanyi, ou sa liaison avec son ennemi Korusan).

Là où la Fantasy de facture classique s’enferme dans un rapport au sacré par des intermédiaires factuels comme des sorts, des mages, des sorciers, les personnages de Judith Tarr semblent avoir dépassé ce rapport trivial pour assumer une image plus proche de cette "humaine nature" qui nous les rend finalement si semblables à nous. Si le troisième tome était axé essentiellement sur l’amitié entre deux personnages que l’histoire de leur monde avait stigmatisé en ennemis mortels, le quatrième récit qui peut se lire séparément est lui plus nuancé, on pensera à Frank Herbert, Katherine Kurtz (Les Deyrinis) et à Ansen Dibel (Cinq volumes parus chez opta jadis). Estarion est un "quasi dieu" mais les préoccupations restent bien humaines. Ce qui donne encore plus de cohérence au récit ce sont les descriptions éstéthisantes des personnages jusqu’à leur déplacement et leur façon de se mouvoir presque statuaire, mais c’est aussi ce sentiment qu’ils font corps avec leur monde.

Ainsi dans les tous premiers chapitres, Estarion, à la main emplie du feu de son dieu, manie la lumière du soleil qui devient aussi palpable que de l’eau dans une très belle scène. On est étonné aussi de découvrir combien l’univers de Judith Tarr est codifié. Les ordres et cultes magiques sont parfaitement mis en scène, ce ne sont plus des faire valoir car on a l’impression qu’ils font aussi corps avec ce monde finalement bien clos et organisé. Le nord géographique de ce monde correspond à une race à la peau brune. Les référents sont renversés, il n’y a plus ces identifications classiques que l’on reproche parfois à une certaine fantasy, ce qui rend ce monde encore plus fascinant et déroutant. Les descriptions succèdent à des visions grandiloquentes de paysages plantés de décors qui évoquent Sumer et la haute Egypte. Comme chez Tanith Lee le cadre du récit épique et féerique est dépassé par la force des sentiments pour donner une histoire politico-sentimentale.

Au final on a l’impression de lire l’un de ces récits du commencement des temps où des Dieux et des Déesses bien vivants se découvrent à travers le jeu d’un monde entre religion et politique. On aime ou on déteste mais on ne pourra rester indifférent.
Emmanuel Collot

Les Flèches du soleil - Judith Tarr - Traduit par Simone Hilling - Pocket Fantasy - 507 pages - 9,30 euros


Présentation de l’éditeur

Il est le quatrième de sa lignée, Héritier du Soleil à la main emplie du feu de son dieu. Son père assassiné quand il était enfant, la régence de sa mère achevée, c’est à lui que revient la tâche de calmer la haine entre ses deux empires, celui de l’Est proche de son cœur et celui de l’Ouest froid et étranger. Car la révolte gronde et les nuages s’amoncellent sur son règne naissant.

Tandis qu’autour de lui la guilde des magiciens resserre ses filets, place ses assassins, manipule ses marionnettes, il doit se plier aux règles de la cour qu’il est venu dompter, en adopter les atours et la vie qui lui est insipide, accepter de prendre une épouse et même par défi plusieurs, songer à assurer sa succession. Mais son pire ennemi est aussi celui dont il ne peut se passer. Son garde personnel a pour charge de le tuer, et même si les joutes des corps sont parfois prétextes à d’autres jeux que ceux de la guerre, le dernier Fils du Lion a sa vengeance à assouvir. Un roman de flammes et de sang, de haine et d’amour. De la Fantasy flamboyante





Retour au sommaire