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  Sommaire - DVD -  A - F -  Cloverfield
"Cloverfield"
de Matt Reeves
 

Un monstre gigantesque sème la terreur à New York aidé par les parasites de son corps qui se répandent partout. Le réalisateur croit avoir fait une grande découverte en filmant comme l’aurait fait un amateur avec une petite caméra vidéo. Il appelle cela « filmer selon le point de vue d’un habitant de New York ». On appelle cela aussi “caméra subjective”, et cela a été fait des milliers de fois au cinéma. Sauf qu’ici je ne sais pas si on a vraiment envie de payer pour regarder un film amateur... Au début on a du mal à prendre le film au sérieux. Comme c’est un film d’amateur on prend ça à la rigolade et on met longtemps avant d’être effrayé. Dommage.
Ce qu’on voit est un « document de l’armée US », une « caméra trouvée sur ce que fut Central Park ».
Rob a un dépit amoureux pendant la fête organisée à l’occasion de son départ. A ce moment, il y a “quelque chose” qui commence à détruire Manhattan. Mais nous, pauvres spectateurs, on n’a pas le droit de voir quoi que ce soit parce que le con qui filme ne filme pas ce “quelque chose” ! Heureusement qu’il y a la télé qui, elle, nous montre un peu quelque chose.
Le caméraman amateur filme les pieds des soldats au lieu de filmer le monstre : en quoi ça peut nous intéresser ? Et les autres de dire : « c’est quoi ce truc ? »
Après il y a une longue scène dans le métro alors que ça se passe en surface.
C’est pas mal l’idée d’entrecouper les scènes d’action avec les images de Beth (le dépit amoureux de Rob...) dans un cadre tranquille du métro en temps de paix, images enregistrées il y a quelque temps puisque ce qu’on voit, ce sont des images filmées par la caméra de Rob (tenue par un ami) sur une cassette contenant des souvenirs de Rob et Beth.
Dans le tunnel du métro ils subissent une attaque par des créatures issues du monstres pleines de dents et de pattes.
Un bon film en fin de compte. On reste sur sa fin car on voudrait en savoir plus. Car ce n’est pas le monstre la vedette de ce film, mais la caméra numérique amateur !

Bonus : scènes coupées - fins alternatives - Making Of - commentaires du réalisateur - bonus caché : enquête sur le projet classé secret défense intitulé Cloverfield.

Alain Pelosato

Columbus Circle à Manhattan, à l’angle sud-ouest de Central Park. Beth, l’amie de Rob, habite dans la tour de droite qui a été brisée par le monstre.
Cliché Alain Pelosato mai 2008

L’avis de Stéphane Thiellement

Cloverfield - Edition Blu-ray (France) Matt Reeves
Avec Lizzy Caplan, Jessica Lucas, T.J. Miller, Michael Stahl-David, Mike Vogel
Paramount Home Vidéo

A sa sortie, « Cloverfield » ne rencontra pas tous les suffrages qu’il pouvait en espérer : malgré la signature de J.J. Abrams (à la production mais bon...), connu pour ses créations télévisuelles telles que « Alias » et « Lost » et pour avoir signé le très moyen « Mission : Impossible : 3 », le film ne fut pas l’évènement tant préparé (titre mystère, histoire secrète, buzz sur Internet, etc....). Comme cela arrive de temps en temps, sa nouvelle vision en vidéo rehausse un peu la première impression, mais sans pour autant atteindre des sommets insoupçonnés car les défauts sont toujours là, même si la pilule passe bien mieux qu’il y a six mois.
En plein cœur de Manhattan, une grande fête est organisée dans un appartement pour fêter le départ de Rob pour le Japon. Pour mémoriser cette soirée, son ami Hud filme tout, du verre de cocktail aux secrets volés entre divers convives. Soudain, une énorme explosion retentit, la ville est plongée dans le noir avant que les groupes de secours ne prennent le relais. Tout le monde se précipite d’abord sur le toit, ensuite dans la rue pour voir ce qui se passe. Une nouvelle déflagration se fait entendre et les gens voient s’écraser devant eux la tête de la statue de la Liberté. Au même instant, un cri retentit, tout le monde se retourne, et Hud filme les premières images d’un monstre gigantesque qui va faire de Manhattan une terre de désolation.
Et tout le film est donc vu via cette caméra. Et ça ne colle pas toujours. Pourquoi bouger systématiquement même dans un plan anodin (dans la réalité, on peut fixer quelqu’un boire un verre sans céder au syndrome Parkinson !) ? Pour quoi ne pas rester plus longtemps sur le monstre (toujours dans la réalité, les monstres sont comme les accidents : l’être humain veut voir et immortaliser l’instant T...) ? Des petites choses certes mais qui sur un long-métrage viennent à gêner, surtout quand le propos majeur du film est de nous faire croire à l’incroyable via ce moyen de témoigner, de faire du « reportage-réalité ». Un principe repris à deux autres reprises, dans le moyen « Diary of the dead » de George A. Romero et dans l’excellent « Rec. » de Jaume Balaguero & Paco Plaza. Ce dernier arrivant vraiment à nous faire croire à une pellicule retrouvée via des idées logiques que pourrait avoir un reporter-cameraman. Ici, c’est un péquin Lambda qui tient la caméra. Et de ce fait, tout devrait être comme filmer par un amateur, ce que « Cloverfield » n’est pas entièrement. Maintenant, à la seconde vision, on (re)découvre des idées bien trouvées, comme celle d’une cassette où suite à son état, l’ordre ne règne plus, l’engouement du vidéaste amateur à vouloir tout filmer pour s’assurer son succès à venir, etc... Et il y a le monstre, complètement lovecraftien, dantesque, ahurissant, qui semble être bien plus visible que lors de cette première vision. Ces éléments, conjugués à une situation complètement apocalyptique, donne au final à « Cloverfield » non pas l’ampleur d’une grosse production à la « Guerre des mondes » par exemple, mais simplement celle d’une énorme série B intense et bien troussée. L’édition Blu-ray possède en plus le mérite de respecter les nuances de grain et de couleur utilisés par le réalisateur, sans rien polir bien au contraire, ce qu’on pouvait craindre. Il n’en est rien, la perfection du support rend donc plus que bien hommage au look du film et à son aspect « réaliste ». Quant aux bonus, tout tourne autour du making-of, très riche et complet, et où on apprend entre autres que l’inspiration première de « Cloverfield » proviendrait des « Godzilla »... Quelques scènes coupées à l’intérêt mitigé, même en ce qui concerne la fin alternative, sans oublier un petit retour sur les effets spéciaux. C’est bien fait, pas extraordinaire non plus (on aurait pu avoir une fonction IME, pour un tel produit, cela aurait été bienvenu), mais on va direct à l’essentiel, ce qui suffit amplement. Et de l’ensemble, film & bonus, on se surprend quelques 3 heures plus tard à bien mieux aprécier « Cloverfield » qu’à sa sortie cinéma, peut-être vérolée par une promotion trop sensationnelle pour ce qu’il est. Dernier point très important : regardez bien les dernières images où on revient sur Rob en train de filmer sa copine en haut d’une grande roue et scrutez l’arrière plan au loin, derrière son épaule : vous saurez comment tout a commencé (bien des gens sont passés à côté de ce détail...).

Note film : 6/10
Blu-ray : copie excellente, image Haute Définition 1.78 :1 anamorphique - Bonus : 8/10 (tout en HD) : making-of - documentaire sur les effets spéciaux - commentaire audio de Matt Reeves - la genèse du monstre - scènes coupées - fins alternatives.

St. THIELLEMENT



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