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  Sommaire - Livres -  G - L -  L’homme au torque d’or



"L’homme au torque d’or "
de
Simon R. Green

Editeur :
L’Atalante
 

"L’homme au torque d’or "
de Simon R. Green



« Mes histoires sont plutôt fantastiques. Elles sont extravagantes et dépassent le domaine du probable mais pas, selon moi, celui du possible. » Ainsi s’exprimait Ian Fleming à propos des aventures de son mythique héros : James Bond.
En matière de fantastique, Simon R. Green n’a rien à envier à personne. Depuis ses premiers romans, il amalgame magie et surnaturel à des intrigues empruntant aux meilleures trames du roman policier et du roman d’aventures. Tout est donc en place pour favoriser la rencontre entre l’univers d’un personnage de légende et un cadre purement occulte et fantastique. Le résultat est « L’homme au torque d’or ». (Je vous laisse deviner à quel titre « bondien » il est fait référence.)

Si Ian Fleming introduisait une dose d’humour très « british » dans les aventures échevelées de son héros, Simon R. Green en fait son fonds de commerce. D’emblée, le pastiche et la parodie fonctionnent à plein régime. Le héros de Green, Eddie Drood, qui appartient à l’une des plus anciennes familles d’Angleterre, se fait appeler Shaman Bond et possède le permis de tuer les agents des ténèbres. Il défend la planète contre tous les monstres, fantômes, vampires, spectres... Car ceux-ci existent. Ils se promènent parmi nous, dissimulés à nos regards de simples mortels par des sortilèges simplistes. En tant que membre de la famille Drood, la vue d’Eddie lui permet de tout voir, comme son attitude lui permet de passer inaperçu.

Lorsque débute cette première aventure (Simon R. Green publie la seconde : « Les Démons sont éternels », au Royaume-Uni en juin 2008) Eddie est en route pour l’hôpital Saint-Baphomet. Il doit empêcher un homme politique influent de mettre au monde une créature des ténèbres. Cette grossesse contre nature est la conséquence d’une maladie vénérienne surnaturelle contractée lors d’un voyage humanitaire en Thaïlande. L’homme avait faussé compagnie à ses guides pour prendre du « bon temps » dans les bars louches de Bangkok.

C’est après cette mission réussie, non sans de gros dégâts collatéraux, qu’Eddie est convoqué par la matriarche, sa grand-mère, qui mène d’une main d’acier l’ensemble des Drood. A son arrivée dans le domaine, invisible et introuvable par le profane, il doit prêter main-forte contre une agression qui vise le cœur de l’entreprise : une chose inconcevable et encore jamais vue.
Sa grand-mère lui avoue qu’un traître se dissimule au sein de l’équipe dirigeante. Pour faire cesser ces attaques, elle lui confie une responsabilité de très haute importance : remettre l’esprit d’Albion sur le site de Stonehenge. Mais, elle l’envoie à la mort. Il apprend de son oncle James, que la matriarche l’a déclaré renégat et que tous membres de la famille doivent lui tirer dessus sans sommation. Son oncle lui demande de fuir, de bien se cacher car à leur prochaine rencontre... Il reste à Eddie à tenter de sauver sa peau pour ...comprendre.

Simon R. Green reprend ce qui fait l’essence de James Bond et le transpose dans un univers où la galerie des méchants se complète de toutes les créatures démoniaques et surnaturelles possibles. Il use d’un style très visuel, multipliant le mouvement, les bagarres et batailles titanesques, des combats riches en utilisation d’armes et gadgets les plus divers et variés. C’est chez l’armurier de sa famille qu’il se fournit. Celui-ci comme « Q », invente, concocte toute une kyrielle d’objets les plus invraisemblables : « Quelques bricoles capables de te garder en vie quant tout le monde veut ta mort. » Outre le torque d’or, ce collier qui se transforme en une armure permettant les mouvements en mode furtif et prête une force surhumaine, Eddie utilise une main de gloire comme rossignol, une ouverture portative qui dégage une issue là où on la pose, un pistolet qui projette des pointes d’eau bénite gelée...

On retrouve également des constantes chères à l’auteur comme cet humour omniprésent, cette façon d’aborder les situations avec un regard narquois, utilisant l’actualité pour nourrir ses réflexions : à quelqu’un qui l’interroge sur l’origine de son ouverture portative, le héros répond : « Je l’ai trouvé sur eBay. ». Pour voir le torque, il faut être le septième fils du septième fils. (On n’en croise plus beaucoup. La faute aux progrès de la contraception.) Il continue, dans ce livre, à attribuer à ses personnages secondaires des patronymes délicieux comme Karma Catéchiste pour un gourou, Charlatan Joe pour un bonimenteur, Janissary Jane pour une guerrière, etc.
Cependant l’auteur revient souvent sur la famille qui défend le monde, sur les Drood, donnant une impression de redite.

Mais « L’homme au torque d’or » ne déçoit pas. L’auteur réussit le tour de force de réunir tout ce qui fait l’attrait de son œuvre et d’y intégrer ce qui fait l’intérêt d’une autre. On passe un excellent moment en compagnie de ce héros attachant et drolatique

Serge Perraud

L’homme au torque d’or, Simon R. Green, L’Atalante coll. La Dentelle du Cygne, Mars 2008, 416 pages, 21 €






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