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"Saint-Ange" de Pascal Laugier

Saint-Ange  


Saint-Ange


Réalisateur : Pascal Laugier


Sortie le 23 juin 2004


Avec :
Virginie Ledoyen, Lou Doillon, Catriona Mac Coll


Note : 3/10


Depuis maintenant quelques années, on assiste à une renaissance du cinéma français dans des genres bien " codifiés ", comme le Fantastique par exemple. Ainsi, si cela était synonyme auparavant de (très) mauvais film (le dernier cas étant Promenons-nous dans les bois), aujourd’hui, on vérifiera par soi-même avant de donner une étiquette au produit. Tout ça grâce à Haute tension, et surtout au Pacte des loups de Christophe Gans. Sur ce dernier, un énorme travail de making-of fut effectué, qui se retrouve sur le DVD du film. Et pour filmer son film, Gans fit appel à un illustre inconnu qui l’avait intéressé par un court-métrage des plus prometteurs. La suite, c’est que ces documentaires aidèrent Pascal Laugier de façon quasi-extraordinaire (vous en connaissez beaucoup, vous, des mecs à qui on file quelques millions d’Euros pour concrétiser leur premier long-métrage sur autant de preuves ?) à passer derrière la caméra d’un long métrage directement par la grande porte ; on lui donnait l’argent, on lui demanda un scénario et on lui laissa carte blanche pour le réaliser, ou presque, Christophe Gans co-produisant le film...


Quittant la ville, Anna est embauchée comme femme de ménage pour l’été dans l’orphelinat de Saint-Ange. Elle y rencontre entre autres Judith, adolescente névrosée. En sa compagnie, Anna va découvrir les secrets de Saint-Ange, des rires, des pleurs d’enfants qu’on ne voit pas. En allant plus loin dans sa quête pour révéler ce qui se cache derrière ces murs, Anna brisera le silence de Saint-Ange en même temps que celui qui entoure son passé douloureux.


Comme ça, là, le titre était déjà un point positif, l’association de ces deux mots sonnant étrangement dans notre esprit. Ensuite vint la découverte d’une affiche mystérieuse, qui rappelait une épouvante comme celle qui enveloppait des classiques tels que Les innocents de Jack Clayton, Le cercle infernal de Richard Loncraine d’après le roman de Peter Straub (et autant le film est remarquable, autant le roman est loin d’être un des meilleurs de l’auteur, au passage), le génial mais méconnu Burnt offerings de Dan Curtis (son seul chef d’œuvre, à la fin cauchemardesque !) ou plus récemment Sixième sens de M. Night Shamyalan ou Les autres de Alejandro Amenabar, des références que cite souvent aussi Pascal Laugier. Ensuite, le début rappelle aussi un des bijoux de ce renouveau du fantastique, L’échine du diable de Guillermo Del Toro, qui échappa au Grand Prix de Gerardmer cette année-là au profit d’un navet que couronna un jury dont faisait partie...


Christophe Gans, marrant, non ? Alors pourquoi Saint-Ange se révèle t’il au final aussi décevant, voir aussi fade ? A cause de ses deux actrices principales, Virginie Ledoyen et Lou Doillon, qui jouent vraiment mal (surtout Lou Doillon, elle, faut vraiment qu’elle arrête !) la folie, le poids d’un lourd secret, la peur, etc... ? A cause d’un parti-pris de vouloir rationaliser à tout prix une histoire qui débute dans un Fantastique certes classique mais qui sied parfaitement à une telle histoire ? En fait, c’est un peu de tout ça.


Là où on s’attend à voir une histoire plongeant dans un pur climat gothique mais remis au goût du jour par le biais d’une réalisation plus " moderne " et actuelle, plus sophistiquée (parce que de ce point de vue là, le film contient tout de même quelques très beaux moments), Pascal Laugier entraîne son intrigue vers une révélation qui annihile toute implication de peur au profit d’un désintérêt de plus en plus fort pour ce qui se dévoile progressivement. Un peu comme si on abandonnait vraiment le pur fantastique pour une interprétation plus psychologique et cartésienne de ce qui se passe à Saint-Ange. Alors, même si il y a cette ultime image finale, comment peut-elle faire oublier tout ce qui précéda et qui est là pour " ouvrir la voie à une histoire plus riche qu’une simple ghost-story " ? Tel se révèle être ce Saint-Ange dont on attendait tant, et qui en voulant faire différent trahit quelque part la base de ce qu’il aurait pu (du ?) être : un film de genre pleinement assumé.


Stéphane Thiellement




C’est un film sur la culpabilité et sur un phénomène psychanalytique des rêves que Freud avait qualifié de « cristallisation » : il s’agit de transférer sa culpabilité sur un autre personnage du rêve que soi-même. C’est ce que fait Anna et c’est toujours l’explication rationnelle que l’on peut donner aux hantises.
Ici, la folle n’est pas celle qu’on croit mais la folie règne dans la maison elle-même. Le réalisateur ennuie un peu le spectateur car certaines scènes tirent vraiment trop en longueur. Mais ce cinéaste a de l’avenir.
Par contre le casting est nul ! Les deux actrices ne sont vraiment pas convaincantes et cela nuit énormément à ce film.
Ceci dit, il mérite d’être vu...

Alain Pelosato



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