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  Sommaire - Cinéma bis et culte -  Train spécial pour Hitler

"Train spécial pour Hitler " de Alain Payet


Avec Monica Swinn, Claudine Beccarie, Sandra Mozarowski, Christine Aurel.

Pendant la seconde guerre mondiale, la chanteuse de cabaret Ingrid Schüler forme une équipe spéciale de prostituées, destinées à remonter le moral des soldats du IIIème reich. Un train sert de bâtiment pour ce bordel assez particulier. Le train se fait attaquer par des ennemis, et des prisonnières viennent rejoindre la troupe de prostituées. Parmi elles, Ingrid retrouve Helga, son amie d’enfance.
TRAIN SPECIAL POUR HITLER a été produit par la firme française Eurociné plus ou moins en même temps que ELSA FRAULEIN SS. Il ne s’agissait pourtant pas d’un tournage simultané mais plutôt d’une volonté de rentabiliser au maximum l’investissement de départ, sans doute assez restreint mais quasi luxueux pour Eurociné. Costumes, véhicules datant de la Seconde Guerre Mondiale, train,...Pas du gros budget mais une certaine volonté d’échapper au misérabilisme coutumier de la nazi-exploitation.
Au départ prévu pour Jésus Franco, celui-ci se désiste quelques jours avant le début du tournage et se voit remplacé par Alain Payet, un cinéaste débutant qui devint ensuite célèbre en tant que John Love, considéré comme "le"spécialiste du porno crade. Vu le scénario proposé (un vague synopsis), Payet demande l’aide du scénariste Jean-Pierre Bouyxou, grand fan de Jésus Franco et amateur de fantastique et d’érotisme.
Malgré toute la bonne volonté de l’équipe, TRAIN SPECIAL POUR HITLER ne parvient jamais à décoller vraiment.
Alan Payet se laisse néanmoins aller à tous les excès que se refusait Patrice Rohmm avec ELSA FRAULEIN SS et ce métrage, si il n’est pas plus réussi pour autant, se montre en tout cas beaucoup plus chaud. Une actrice se frotte vigoureusement l’entrejambe sur la botte d’un officier SS qui la cravache sauvagement sous le regard humide d’une autre demoiselle. Des dignitaires nazis versent une bouteille de champagne sur le sexe d’une demoiselle allongée. Une fille menacée d’une brûlure de cigarette se met à quatre pattes alors qu’un officier la monte comme un cheval. Des soldats ivres se lancent dans un début de viol collectif. Un résistant fesse très longuement une des pensionnaires du train. Bref, Payet se soucie surtout de dénuder au maximum ses interprètes féminines avec une véritable volonté (en tout cas au niveau des intentions car le résultat à l’écran n’est guère concluant) de proposer un métrage érotique. Les éléments les plus malsains de la nazi-exploitation (tortures, contexte historique,...) sont, pour leur part, largement relégués au second plan. Les scènes typiquement "soft-core seventies" se succèdent donc avec une certaine bonne volonté mais, malheureusement, le film se révèle bien trop long pour parvenir à maintenir l’intérêt jusqu’au bout. 108 minutes, pour un sujet aussi mince, c’est sûrement au moins 20 de trop !
Comme souvent la dernière partie de TRAIN SPECIAL POUR HITLER vire au spectacle guerrier basique avec de prudentes explosions et des mouvements de troupes restreints.
Tourné à l’économie dans une unique volontiers de proposer un spectacle commercial de pure exploitation, le résultat se laisse donc voir d’un œil distrait mais nécessite beaucoup d’indulgence et ne devrait intéresser que les amateurs les plus acharnés de nanars. Bouyxou précise même, dans l’intéressant bonus, que lors de sa projection dans une salle spécialisée dans le Z les spectateurs ont - fait unique - protestés devant la nullité de ce TRAIN SPECIAL POUR HITLER en demandant à être remboursé !
Bref, comme pour l’ensemble de la collection "nazi-exploitation", on finit par trouver les bonus bien plus passionnants que les films en eux-mêmes. Une bonne soirée de rigolade assurée, toutefois.

Suppléments : présentation de Daniel Lesoeur, entretien avec Jean-Pierre Bouyxou, entretien avec Michel Charrel, bandes-annonces, galerie de photos, filmographies, fiche technique.

Merci à Artus Film !

Frédéric Pizzoferrato



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