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  Sommaire - Cinéma bis et culte -  Helga la louve de Stilberg

"Helga la louve de Stilberg" de Alain Payet


Avec Malisa Longo, Patrizia Gori, Richard Allan, Dominique Aveline, Alban Ceray.

Dans un état fasciste, Stilberg est une forteresse médiévale, perdue au milieu de la forêt. Avec l’arrivée du Général Steiner au pouvoir, elle a été reconvertie en camp de détention pour opposants au régime, sous le commandement d’Helga, une femme sadique qui y fait régner une discipline de fer. C’est dans ce climat de terreur qu’arrive à la forteresse Lisbeth, fille de Vogel, chef des résistants opposés au régime. Un jour, aidée par Jenny, une autre des prisonnières, elle réussit à s’enfuir. Elle se fait rattraper, et, prise pour une espionne, elle est ramenée jusqu’à Stilberg. Mais la révolution s’est déclenchée, et les résistants investissent la forteresse.

HELGA LA LOUVE DE STILBERG reprend les principaux poncifs de la nazi-exploitation mais les transpose dans une république bananière imaginaire, rendant l’ensemble beaucoup plus proche des bandes dessinées érotiques et des films de Prison de Femmes. Ceux qui supportent difficilement le contexte politique un peu douteux des "porno nazi" seront donc heureux de cette approche plus propice au second degré. Si le modèle évident de cet Helga reste la figure emblématique de la sadique Ilsa, notons que le métrage se rapproche encore davantage du quatrieme volet, l’épisode "pirate" ILSA ULTIMES PERVERSIONS (alias GRETA LA TORTIONNAIRE) signé Jésus Franco, lui aussi situé dans un Etat imaginaire d’Amérique Latine.
Les actrices coutumières d’Eurociné sont évidemment de la partie, à commencer par Malissa Longo qui joua toujours plus ou moins le même rôle au sein de la firme de Marius Lessoeur. Elle incarne ici Helga (quoique les dialogues parlent d’une certaine Elsa), tortionnaire bisexuelle aimant fouetter les pensionnaires de sa prison. La performance de composition est donc restreinte mais il faut reconnaître que la belle Malissa Longo dégage un indéniable érotisme dans des tenues suggestives qui mettent en valeur son anatomie.
Patrizia Gori et Pamela Stanford complètent la distribution féminine tandis que les habituées du porno français des seventies et eighties (Richard Allan, Alban Cerray, Dominique Avaline, Jacques Marboeuf, Carmelo Petix,...) viennent cabotiner dans des rôles un peu plus habillés que de coutume. Les connaisseurs du X français ne seront guère surpris puisque la mise en scène de cet HELGA est signée Alain Payet, alias John Love, grand pourvoyeur de hard crade en 35 millimètres décédé en décembre 2007 et ici prudemment caché sous le pseudonyme de James Gartner.

Difficile de prendre au sérieux ce grand concentré de comique involontaire : un château typiquement français (situé près de Paris), entouré d’arbres parfaitement européens, figure la forteresse d’un Etat dans lequel circulent des chars d’assaut "seconde guerre mondiale". Ne pas manquer non plus les uniformes des soldats ornés d’emblèmes pseudo-nazi ni les attitudes hilarantes du président, un barbu à la Fidel lançant de grandes tirades avec un accent espagnol impossible tout en mâchouillant son cigare. Les dialogues sont d’ailleurs de grands moments de ringardise encore assez appréciables pour les amateurs et certaines répliques sauront à coup sûr dérider les plus réfractaires.
Niveau érotisme, le produit alligne donc les scènes attendues (lesbianisme, viol, masturbation féminine, examens "pseudo-médicaux", scènes de douche), avec une certaine bonne volonté mais aussi une retenue un peu déconcertante pour ce genre de métrage. Payet semble se retenir (à moins qu’il ne soit contraint par ses producteurs ?) et hésite à se lancer vraiment dans les séquences dérangeantes, restant bien en deçà des productions similaires signées par les Italiens (ou par Jésus Franco) à la même époque. Eurociné dut pourtant se montrer satisfait du résultat puisque Payet, qui venait de signer TRAIN SPECIAL POUR HITLER tourna dans la foulée NATHALIE RESCAPEE DE L’ENFER NAZI. A noter également qu’Alain Payet sut exploiter ce HELGA puisqu’il en tourna également une version porno sous le titre immédiatement plus parlant de GAMINES A TOUT FAIRE. Pour la petite histoire, le cinéaste se site à la fin du film puisque les résistants précisent que la sinistre forteresse a été construite par un français nommé Payet. Bonjour le clin d’œil facile !
Le scénario prétexte s’avère malheureusement mollement mené et se termine par une guerre civile hallucinante : trois ou quatre types prennent le château d’assaut et combattent une poignée de figurant alors qu’une radio pirate annonce des affrontements "par centaine". Des stock-shots explosifs entrecoupent l’action dans la grande tradition du cinéma économique.
Parmi les points positifs citons surtout la musique complètement décalé et kitsch de Daniel White, grand compositeur des titres les plus Z (ou X) du cinéma français.
En résumé cette variation / imitation de ILSA ULTIMES PERVERSIONS constitue un divertissement fortement ringard dont le comique involontaire devrait enchanter les amateurs de nanar bien goûtu.

Suppléments : présentation de Daniel Lesoeur, entretien avec Christophe Bier, bandes-annonces, galerie de photos, filmographies, fiche technique.

Fred Pizzoferrato



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